Confinement : “maman solo, avec jeune enfant, et en télétravail, on craque” les conseils des spécialistes

Emilie et Manon confinées / © DR
Emilie et Manon confinées / © DR

Emilie et sa fille Manon vivent toutes les deux à Nice et depuis la crise du coronavirus, l'organisation n'est pas simple. Entre école à la maison et télétravail, le confinement pour les enfants uniques et parents célibataires est difficile. Les psychologues nous aident à comprendre et gérer

Par Coralie Becq

Emilie, 34 ans, assistante de direction est maman d'une petite fille de 7 ans. Manon est au CE1 et fait les devoirs à la maison, grâce à l'ordinateur et aux devoirs envoyés par sa maîtresse. 
 
Manon "télétravaille" les devoirs de CE1 / © DR
Manon "télétravaille" les devoirs de CE1 / © DR

Je suis inquiète par rapport à l'école, j'espère que du soutien scolaire sera mis en place cet été - Emilie

La maman se pose déjà les questions de l'après confinement. L'école devrait reprendre (elle l'espère) au mois de mai : "avec plus d'un mois d'école en moins certains enfants vont avoir du mal à suivre en septembre". 

Comme pour beaucoup d'entre nous, le confinement provoque à certains moment des coups de blues. C'est d'autant plus touchant chez les enfants. Magie de la technologie, Manon, 7 ans a pu rester en contact avec sa famille éloignée en envoyant un message vidéo pour extérioriser sa tristesse. Le réconfort virtuel a des effets bien réels et heureusement quelques heures plus tard ça allait déjà mieux.
 
La famille est suivi par un Centre Médico Psychologique (CMP) de Nice. Il en existe 45 dans le département des Alpes-Maritimes, dont six qui dépendent de l'hôpital pour enfant Lenval. Ces centres offrent gratuitement des soins de proximité concernant la pédopsychiatrie. Ils sont amènent de répondre aux questions et éventuellement à proposer un parcours de santé adapté. Ce sont des équipes pluridisciplinaires (psychiatre, éducateur par exemple) qui peuvent aider les familles au quotidien.  

Emilie reçoit les conseils plusieurs fois par semaine d'une psychologue pour l'aider à surmonter ces épreuves et pour aider sa fille à gérer la situation. 
 
Michèle Battista pédopsychiatre à la fondation Lenval à Nice, nous aide à gérer la situation de confinement avec nos enfants / © C. Becq FTV
Michèle Battista pédopsychiatre à la fondation Lenval à Nice, nous aide à gérer la situation de confinement avec nos enfants / © C. Becq FTV
Nous nous sommes entretenus avec le docteur Michèle Battista, pédopsychiatre qui fait partie du service de "l'enfant et de l'adolescent" à la Fondation Lenval. 

► CONSEIL

Pour Michèle Battista, il faut conserver les rythmes instinctuels (lever, coucher, repas, jeux et ennui...) 

D'après la pédopsychiatre il est donc effectivement nécessaire de garder un rythme d'école, si l'on possède les outils adapté (internet et ordinateur) c'est très facile. Les enfants peuvent recevoir les devoirs, chercher des informations (sous le contrôle des parents) et continuer à suivre l'école. Les technologies numériques lorsqu'elles sont surveillées et bien encadrées permettent de s'occuper, de ne pas prendre trop de retard scolaire et de se divertir.

Pour les adolescents et les lycéens par exemple les groupes whatsapp permettent de recréer un environnement de travail type BU (ndlr Bibliothèque Universitaire) et ainsi de motiver les jeunes pour le travail - Michèle Battista 

Le télétravail et les enfants

Pour Emilie, la situation est très difficile : "être un maman seule, ce n'est déjà pas simple mais là confinée en appartement, le télétravail et ma petite fille ça fait beaucoup". C'est un mélange de stress, de fatigue et de culpabilité face à ces situations inédites. 

Pour le travail j'ai dû mal à me concentrer car je suis sollicitée en permanence par ma fille - Emilie

► CONSEIL 

Michèle Battista nous explique le concept de "Renforcement réciproque". Il est nécessaire de se dégager du temps pour travailler et donc de responsabiliser son enfant. Dans un premier temps il ne faut pas culpabiliser. Les parents peuvent se servir d'outil comme la télévision (non ce n'est pas un crime) mais en mettant des limites claires, en définissant un programme divertissant ou éducatif. Après ce temps accordé par l'enfant, on peut remercier son enfant : 

Un enfant valorisé va pourvoir penser qu'il est "un bon enfant" et vous "un bon parent" c'est ça le renforcement réciproque - Michèle Battista

Les activités dans un appartement 

Tous les jours il faut trouver de nouvelles idées, se faire un planning et gérer au mieux la situation. Manon est fille unique alors elle a besoin d'attention.  

En plus elle n'a pas de frère et soeur donc elle se sent seule - Emilie

Activité du jour : atelier manucure pour Manon / © DR
Activité du jour : atelier manucure pour Manon / © DR
► CONSEIL

Selon la pédopsychiatre l'idée d'un planning est très bien, ça donne un cap. C'est intéressant de donner une visibilité à l'enfant sur sa journée, définir les temps éducatifs, les temps calmes et les temps de jeux. Il ne faut pas négliger l'ennui, qui est une bonne chose pour l'enfant :

L'ennui pousse l'enfant à réfléchir à trouver des idées pour s'occuper, c'est une bonne chose - Michèle Battista

La difficulté pour les parents c'est souvent d'accepter ces nouvelles habitudes et les nouveaux comportements de leur enfants. Il faut accepter de "se lacher un peu" pour faire les fous dans la maison et transformer l'habitation en terrain de jeu afin de créer des soupapes de décompression. 

Pour les parents qui sont inquiets, qui craquent ou se posent des questions, l'hôpital pour enfant Lenval de Nice a mis en place un accueil téléphonique avec un numéro unique : 0492030028 

Pour Michèle Battista, il est tout à fait normal d'avoir du mal à s'adapter mais il faut se faire aider, car "des parents rassurés ce sont des enfants apaisés". 

Pour voir l'interview en longueur de la pédopsychiatre ► 
 

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