Contrôles de stupéfiants chez les chauffeurs, port de la ceinture de sécurité pour les passagers, peut-on améliorer la sécurité dans les bus et autocars ?

En ce week-end de départs en vacances, coup de projecteur sur la sécurité dans les bus et cars qui sillonnent les routes. En janvier 2024, un grave accident dans les Alpes-Maritimes a soulevé beaucoup de questions. Quelles sont les réponses en termes de prévention et de contrôles ?

C'est une image qui a frappé les esprits. Le 12 janvier 2024, un bus de la ligne 59 des Lignes d'Azur parti de Nice (Alpes-Maritimes), quittait la route avant d'arriver à Plan-du-Var, et tombait sur la voie ferrée en contrebas.

Bilan de cet accident : deux adolescents gravement blessés, et le chauffeur légèrement atteint.

@france3paca Un bus a chuté d’une dizaine de mètres sur la voie du train des Pignes, dans le haut-pays niçois. Un important dispositif avec 14 engins et 34 sapeurs-pompiers a été déployé. 3 victimes ont été prises en charge. La route a été rouverte dans les 2 sens à 10h30. #stationdeski #accident #circulation #bus #traindespignes #nice06 #routes ♬ son original - France3Paca

Rapidement, les tests pratiqués sur le chauffeur révélaient ce que dernier était positif au cannabis et à la cocaïne.

Dans les jours qui suivirent, les forces de l'ordre ont multiplié les contrôles de chauffeurs de bus sur les routes des Alpes-Maritimes. Le 20 janvier, l'un est contrôlé positif à la cocaïne. Le lendemain, un autre positif au THC. Début mars à Beaulieu-sur-Mer, un conducteur d'autocar est testé positif aux stupéfiants et conduisait... sans permis. Il sera condamné en comparution immédiate à huit mois de prison avec sursis.

La série peut faire froid dans le dos. Depuis lors, tout chauffeur pris en train de conduire sous stupéfiants est automatiquement placé en garde à vue et déféré devant la justice.

Voilà pour la répression. Mais ce dramatique mois de janvier a réveillé beaucoup de questions sur les moyens de prévenir les comportements dangereux, et en premier lieu les moyens à disposition des sociétés de transport.

Contrôles aléatoires ou systématiques ?

Au sein des Lignes d'Azur, la régie concernée par l'accident de Plan-du-Var, on assure avoir intensifié le dispositif de contrôle. Depuis fin mars, c'est validé, des tests salivaires aléatoires sont pratiqués parmi les chauffeurs.

Les tests existaient déjà en dépistage à l'embauche et pendant la formation. Nous avons étendu le dispositif tout au long de la carrière avec des dépistages aléatoires, et des formations plus poussées sur les conséquences de l'usage de drogue".

Gaël Nofri, président de la régie Lignes d'Azur

à France 3 Côte d'Azur

Les 900 conducteurs du réseau sous tous censés suivre, un à un, cette formation où l'on a recours à un masque reproduisant sur la vision les effets de l'alcool, ou des stupéfiants. "Sous drogue, ça va être difficile de garder une trajectoire. Vous allez voir un piéton plus éloigné de vous qu'il n'est en réalité. Votre temps de réaction est rallongé", explique la formatrice.

Certaines sociétés ou régies ont même systématisé certains tests. Ainsi, dans le secteur de Menton, tout conducteur d'un bus du réseau Zest réalise, avant de démarrer, un test d'alcoolémie en soufflant dans un appareil rattaché à son poste de conduite.

Nous sommes également vigilants aux produits tels que le CBD. C'est légal, certaines personnes en fument, en consomment, et ensuite vont conduire. Mais c'est comme l'alcool !

Frédéric Gilli, directeur de la société Keolis, délégataire du réseau Zest à Menton

à France 3 Côte d'Azur

Depuis un arrêté du 5 mars, publié au Journal officiel, les patrons d’entreprises de transport ont la possibilité de vérifier, vient un téléservice officiel, si leur chauffeur dispose bien d'un permis de conduire valide et de tous ses points. On pourrait s'étonner que cela n'est pas été le cas auparavant...

Le port de la ceinture de sécurité obligatoire pour les passagers

Les passagers ont eux aussi leur part de responsabilité à assumer dans leur propre sécurité. On ne le sait pas forcément, mais le port de la ceinture est obligatoire dans les véhicules de transport en commun... qui en sont équipés.

Les bus urbains ne sont pas concernés, dans la mesure où la plupart des places sont debout.

Mais depuis le 1ᵉʳ septembre 2015, tous les autocars doivent obligatoirement posséder des ceintures de sécurité. Cela vaut pour les passagers ainsi que pour le conducteur. Dès lors, chacun d'entre eux à l'obligation de la boucler, faute de quoi il s'expose à une amende de 135 euros.

Pourtant, dans les faits, c'est encore rarement le cas. Le président de l'ANATEEP, Association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public, se désole des enseignements d'une récente étude : "L'environnement dans l'autocar, avec les autres passagers, a un impact fort sur la décision de porter ou pas la ceinture. Ça peut apparaître, aux yeux des collégiens, comme un geste ringard", explique Christophe Trebosc à France 3 Côte d'Azur.

L'association a d'ailleurs lancé une campagne de sensibilisation au port de la ceinture dans les autocars :

Selon les chiffres de la sécurité routière, en 2023, à peine 4,6% des jeunes de 15 à 19 ans déclaraient s’attacher à chaque trajet dans leur car scolaire...

Parce que toutes les statistiques ne sont pas alarmistes, notons qu'en France, l'accidentologie concernant les transports en commun ne représente que 1,8% du nombre total d'accidents de la route. Même si un seul accident peut briser des vies.

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