Coronavirus : à quelques semaines du début de la saison, la filière de la croisière inquiète

Jusqu'au 31 mars, les ports sont fermés. Une mesure qui, si elle se prolonge, aura des conséquences énormes sur cette filière qui pèse plus de 400 millions dans l'économie régionale.

Par Michel Bernouin

Y aura-t-il des croisièristes cet été sur le littoral Azuréen et Provençal ? C'est une question à 430 millions d'euros, qui correspondent au total des retombées économiques de cette filière. La région Provence Alpes Côte d'Azur accueille en effet chaque année 2,5 millions de croisièristes. Ils génèrent près de 2.500 emplois selon une étude de la CCI Paca.

"Pour l'instant, on sait que les ports sont fermés à tous les navires civils jusqu'au 31 mars, avec une seule dérogation pour le fret au port de Nice sous réserve de l'accord du commandant du port", rappelle Jean-Marc Berard, le directeur des ports des Alpes-Maritimes. Cette mesure a des conséquences limitées pour l'heure, période creuse oblige : un seul paquebot, de 544 passagers, voit son escale annulée, le 27 mars à Cannes.

23 navires prévus en avril

La difficulté se posera réellement après partir du mois d'avril. Si la période de confinement est prolongée, 23 navires ne pourront débarquer leurs 45.000 croisiéristes. Avec un panier moyen de 36 euros par passager, la perte s'élèverait à 1,6 million d'euros de retombées économiques, plus 10 à 25.000 euros de redevance pour les ports.

Si l'interdiction de débarquer devait être appliquée en mai, quand la saison bat son plein, c'est 130.000 croisièristes en moins, soit 4,7 millions d'euros... Rien que pour les retombées directes. Et ce montant double avec les retombées induites : les services de navettes côtières qui débarquent les croisièristes, les sociétés d'autocars qui les emmènent en excursion par exemple.

"Les conséquences vont faire très mal"

"Pour les croisières on sait pas encore exactement mais ça sent vraiment l'année quasi blanche" redoute Loïc Roux, dirigeant de l'Affrètement Maritime Villefranchois. Sa société, qui emploie 8 personnes à l'année, affrète trois vedettes qui assurent le transport de centaines de milliers de croisièristes chaque saison entre leur paquebot au mouillage dans la rade de Villefranche-sur-Mer et le port de la Santé.

"J'ai dit aux gars qu'ils peuvent rester chez eux 16 jours : on a bien rangé et amarré les bateaux hier. Pour un confinement c'est la meilleure période pour nous puisqu'on a fini l'entretien des vedettes et pas encore commencé la saison. Mais ce sont les conséquences qui vont nous faire très mal : le mois d'avril mort, le mois de mai on verra mais je pense aussi, juin ça sent le sapin".

Jean-Marc Berard est plus rassurant : "pour l'instant, nous avons des reports d'escales prévus sur septembre et octobre, et il y aura un plan de relance économique pour la filière".

 

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