Dans les Alpes-Maritimes, les pompiers sont en alerte, la sécheresse accentue les risques de feux de forêt

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Écrit par Catherine Lioult et Anne Le Hars

Il n'y a pas de saison pour les incendies de forêt, que ce soit en zone semi-urbaine, dans le moyen ou le haut pays. Dans un département très boisé, le risque est important et plus encore cette année, avec le manque de précipitations et une végétation asséchée.

En ce début d'été, les chiffres sont là : il y a eu depuis le début de l'année 73 départs de feu, 165 hectares de forêt ont déjà partis en fumée. Le plus important était en mars dernier à Saint-Vallier de Thiey avec 72 hectares brûlés. Au total, c'est  donc plus que sur la totalité de l'année 2021, avec 58 feux pour 82
hectares. 

Et les soldats du feu sont inquiets : le département des Alpes-Maritimes compte au total 236.000 hectares boisés qui ne demander qu'à s'enflammer. Les températures sont très élevées, la végétation est très sèche. Un coup de vent, de la chaleur assortis au manque d'eau, et tout peut très rapidement se transformer en brasier !

Les pompiers en alerte

Le Service Départemental Incendie et Secours du département des Alpes-Maritimes, partenaire de l'Etat dans ce combat, a donc présenté le dispositif d'été au lac du Broc. Premier message de René Dies, directeur départemental du SDIS : une liaison avec les élus a été établie pour déterminer tous les points d'eau en cas de sinistre et malgré la sécheresse, aucun n'est défaillant à cette heure. 

Autre message, démonstration à l'appui : les moyens de lutte sont toujours plus performants. 

Dans les airs

Le SDIS a à sa disposition  :

  •  3  hélicoptères bombardiers d’eau de mi-juillet à fin septembre ( ils contiennent 90% des feux avant qu'ils ne parcourent 5 hectares).
  •  1 hélicoptère polyvalent Ecureuil B3 transportant 1000 litres d’eau dans sa version largage.
  • 2 hélicoptères lourds Bell 212 emportant une charge de 1 400 litres d’eau.
  • A Nîmes, sur la base aérienne, sont disponibles si nécessaire pour la zone SUD un HBE lourd, 6 DASH ( avions de ligne transformés en bombardiers d'eau et 12 canadairs.
  • L'approvisionnement en eau et en retardant a lieu au Pélicandrome de l'aéroport de Cannes-Mandelieu.

Désormais, et c'est nouveau, des drones permettent de voir des endroits difficilement accessibles à pied.

Ces appareils vont permettre d'aller voir derrière ce que nous ne pouvons pas voir au premier regard. C'est un gain de temps significatif et quand nous avons éteint un feu, il y a après un traitement des lisières qui est important pour les feux d'altitude. Les paramétrages de ces machines permettent d'avoir des empreintes thermiques au sol de manière à cibler les zones qu'il faudra traiter.

Xavier Wiik, chef de groupement de la coordination opérationnelle

Au sol

  • 100 à 450 sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes sont mobilisés, répartis en groupes d’intervention feux de forêts, un groupe de défense périurbain.
  • 30 à 135 véhicules sont disponibles et peuvent être prépositionnés en fonction des risques prévus.
  • 76 centres d’incendie et de secours sont pleinement opérationnels pendant la saison estivale et 400 sapeurs-pompiers le jour et 290 la nuit sont disponibles.
  • 9 vigies sont positionnées sur les hauteurs et signalent la moindre fumée sur le territoire des Alpes-Maritimes.
  • 15 patrouilles environ de FORCE 06 ( un service du département comme le SDIS) sont pré-positionnées tout comme du personnel de l'ONF qui sont sur le terrain avec le même objectif.

Les incendies de forêt en chiffres 

Si l'on regarde les chiffres depuis 44 ans, les feux de forêt sont en régression, et cela grâce à la politique de l'attaque rapide de tout feux naissant.  Ainsi en 1978, 4197 hectares avaient été ravagé par les flammes contre 82 en 2021. Parmi les années les pires, 1986 avec 11.415 hectares, puis 2003  : 2 893 hectares dont 2.087 à Lucéram et 234 à Cagnes-sur-Mer et 2017 : 640 hectares avec 2 gros feux à Castagniers et Carros.

Les bons comportements

90% des feux de forêts sont d’origine humaine, que celle-ci soit accidentelle (pour la majorité) ou volontaire. Tout l'enjeu consiste donc à prévenir les risques !

  • Pas de disqueuse ou de soudure les jours de fort risque d'incendie.
  • 1 automobiliste sur 6 jette encore ses mégots de cigarette par la vitre de son véhicule, un geste à proscrire.
  • Pas de feu, pas de barbecue en forêt.
  • Pas de disqueuse ou de soudure les jours de forts risques d'incendie.
  • Débroussailler au tour de votre maison ( c'est une obligation).
  • Si vous constatez un sinistre, composez le 18, 112 ou 114.
  • Pour info, toutes interventions confondues, le SDIS a en 2021 a réalisé 292 interventions/jour, soit une toutes les 4 minutes et 55 secondes.