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Décès de Jacques Médecin il y a 20 ans : sa fuite en Uruguay

Jacques Médecin entouré de journalistes à son arrivée en Uruguay en 1990 / © INA / images d'archives
Jacques Médecin entouré de journalistes à son arrivée en Uruguay en 1990 / © INA / images d'archives

Il y a 20 ans, le 17 novembre 1998, Jacques Médecin mourait en exil en Uruguay. Nous consacrons une série à la figure controversée de celui qui fut maire de Nice pendant près d'un quart de siècle. 3ème épisode : son rattrapage par la justice et sa fuite en Amérique du Sud. 
 

Par June Raclet

16 septembre 1990, une bombe éclate à la mairie de Nice : Jacques Médecin n'est pas rentré d'un voyage officiel au Japon. Il est en fuite.

Homme politique d'excès et de démesure, le maire de Nice s'est affranchi des règles et des lois pendant de nombreuses années. Mais à la fin des années 1980, la justice le rattrape ... Enfin presque, puisqu'il a le temps de s'exiler à Punta del Este, en Uruguay.
 


Rudy Salles, adjoint au maire de Nice, se souvient : 

Ça a été un choc dans toute la ville. On a eu un maire qui s’appelait Médecin pendant 60 ans, père et fils. Jacques Médecin qui n'était plus dans son bureau à la mairie de Nice, les Niçois ne voulaient pas le croire. C’était impensable pour notre équipe aussi, parce que nous n’avions été prévenus de rien, nous avons appris sa démission dans les journaux.

Jacques Médecin trouve refuge dans la station balnéaire de Punta del Este, en Uruguay. / © INA / images d'archives
Jacques Médecin trouve refuge dans la station balnéaire de Punta del Este, en Uruguay. / © INA / images d'archives


Jacques Médecin trouve refuge à 11 000 km de Nice, dans la station balnéaire de Punta del Este, en Uruguay. Le maire démissionnaire y tient une étonnante conférence de presse où il justifie sa fuite :

J’aime beaucoup mon pays, comme vous tous aimez l’Uruguay. Mais actuellement, le gouvernement socialiste n’est pas un gouvernement démocratique, c'est un gouvernement de force. Je ne peux pas rentrer en France pour être arrêté.
 

Au centre, Jacques Médecin lors d'une conférence de presse en Uruguay. / © INA / images d'archives
Au centre, Jacques Médecin lors d'une conférence de presse en Uruguay. / © INA / images d'archives

Pour le journaliste Jean-Claude Honnorat, c'est à ce moment-là que l'ancien maire de Nice commence à s'inquiéter : 

Il a su qu’il allait être mis en examen, convoqué chez le juge. Et ça, il n’a pas supporté, parce que c’était un homme très orgueilleux. Tout d’un coup, il a senti qu’il y avait une justice étrangère au comté de Nice que ses réseaux ne pouvaient pas canaliser. Il s'est dit : je suis foutu.

L'ancien maire ne profitera pas longtemps de son exil doré à Punta del Este, ni de la somptueuse villa qu'il y a fait construire.

La villa de Jacques Médecin en Uruguay / © INA - France 2 / images d'archives
La villa de Jacques Médecin en Uruguay / © INA - France 2 / images d'archives

Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, Jacques Médecin est arrêté le 25 novembre 1995 par la police uruguayenne.

Il est placé en détention en attendant son extradition et son retour, douloureux, vers la France.
 
 Jacques Médecin est arrêté le 25 novembre 1995 par la police uruguayenne. / © INA / images d'archives
Jacques Médecin est arrêté le 25 novembre 1995 par la police uruguayenne. / © INA / images d'archives

Le prochain épisode de la série est consacré au retour humiliant de l'ancien maire de Nice vers son pays natal, où l'attendent les procès et la prison.
 

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