Décès de Jacques Médecin il y a 22 ans : ses provocations, sa relève politique et son souvenir

Publié le Mis à jour le
Écrit par June Raclet .

Il y a 22 ans, le 17 novembre 1998, Jacques Médecin mourait en exil en Uruguay. Nous consacrons une série à la figure controversée de celui qui fut maire de Nice pendant près d'un quart de siècle. 5ème et dernier épisode : ses provocations, sa relève politique et se souvenir.
 

Juin 1987, 25 ans après l'indépendance, Jacques Médecin organise une célébration à la gloire de l'Algérie Française. 



Ce n'est pas seulement le grand rassemblement des pieds-noirs, qui représentent une part importante de son électorat. C'est aussi un message politique adressé à la frange la plus dure des nostalgiques de l'époque coloniale :

Aujourd’hui, 99% des thèses du Front National sont les miennes.

disait-il sans hésiter. 

 

Reportage de 2018 :



Toujours plus à droite 

Depuis ses débuts en politique, Jacques Médecin s'est toujours affiché en homme de droite.



Un parcours qui commence sous la bannière des centristes du PDM. Puis ce sera l'UDF, le RPR, le CNI. Toujours plus à droite. Dans les médias, le maire de Nice multiplie les provocations et les déclarations-choc : 

 La France va être envahie par tous les macaques qui n’ont rien d’autre à faire que de venir vivre chez nous.

lance Jacques Médecin, le 10 mars 1986.

 



Les "bébés Médecin" 

En coulisses, le maire de Nice prépare la relève. Il sera le mentor de toute une génération de jeunes gens qui s'engagent en politique à ses côtés : Christian Estrosi, Martine Daugreilh, Michel Falicon, Rudy Salles. Ce dernier est toujours marqué par les années Médecin : 

Beaucoup de choses ont évolué, donc on ne peut pas dire aujourd’hui qu’on fait du médecinisme comme on a pu le faire il y a 20 ou 30 ans. Mais pour moi, c’est quelque chose qui est au fond de mon cœur, de ma mémoire, et que je n’oublierai pas.

Aujourd'hui, c'est un des "bébés Médecin" qui occupe le fauteuil de maire de Nice : Christian Estrosi.

 


Mais dans ses lieux publics, la ville semble ignorer le disparu. Il existe bien un espace Jacques Médecin, un modeste carré de gazon sur la promenade du Paillon, loin de la démesure du personnage.

 

Au temps de sa splendeur, il fut profondément aimé, passionnément détesté. Aujourd'hui, par calcul, prudence ou indifférence, le voilà recouvert d'une chape de silence. C'est la seconde mort de Jacques Médecin.

 
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