Deux commerces de Nice fermés administrativement pour vente de gaz hilarant et de produits dérivés du tabac

La préfecture des Alpes-Maritimes a ordonné la fermeture administrative de deux commerces niçois après y avoir découvert, lors d'inspections, des produits vendus illégalement, notamment des bonbonnes de protoxyde d'azote. Ce gaz hilarant, depuis peu interdit à la vente aux mineurs, peut provoquer de graves dégâts.

La sanction est tombée : deux commerces de Nice (Alpes-Maritimes) ont reçu une obligation de fermeture administrative pendant deux et trois mois.

La préfecture du département reproche à l'épicerie Alim Saint-Jean, située avenue des Diables bleus, d'avoir vendu illégalement des produits dérivés du tabac.

Quant à l'épicerie Phoenix Market située sur le boulevard René Cassin, les autorités reproche au gérant d'avoir aussi vendu du protoxyde d'azote... plus connu sous le nom de gaz hilarant.

Depuis quelques mois, les ventes de ces petites bonbonnes grises ont explosé. Habituellement utilisé dans les syphons à chantilly, ce gaz est devenu un effet de mode, prisé pour les sensations euphorisantes qu'il provoque.

"J'ai découvert cela dans les soirées à la fac et j'en ai déjà acheté dans les supermarchés", avoue un passant que nous avons interrogé.

Risques de troubles neurologiques et de décès

Très bon marché, le protoxyde d'azote est surtout vendu en libre accès sur internet.

Sur les réseaux sociaux, les vidéos des consommateurs, parfois très jeunes, se multiplient.

Pour lutter contre le phénomène, le Parlement a adopté un texte de loi interdisant la vente aux mineurs. Dans les Alpes-Maritimes, un arrêté préfectoral en interdit même l'usage sur la voix public. Mais la consommation ne semble pas diminuer.

"Il y a cette recherche des 15-20 secondes de gaz hilarant qui va vous permettre de décoller, d'être hors-sol", explique Quentin Matton, directeur de G-addiction, une association de prévention niçoise. "Et de vivre des sensations que vous ne vivriez pas sans."

C'est une consommation qui, lorsqu'elle est répétée, régulière, en grande quantité, peut être considérée comme une conduite à risques.

Quentin Matton, directeur de G-addiction

Selon les addictologues, l'utilisation répétée du protoxyde d'azote peut occasionner des troubles neurologiques importants. En France, plusieurs dizaines de morts liées à ce gaz ont déjà été recensé ces dernières années.