Émotion et recueillement dans un lycée de Nice après le décès d'une enseignante d'arts plastiques

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nisrine Manai .

La professeure qui enseignait les arts plastiques depuis 2019 au sein du lycée Guillaume Apollinaire de Nice, est morte suite à un accident d'alpinisme dans le Parc national du Mercantour. La proviseure de l'établissement a ouvert un espace d'expression artistique permettant aux lycéens de lui rendre hommage.

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"Un artiste est toujours heureux". Au lycée Guillaume Apollinaire de Nice, les élèves peignent en hommage à celle qui était leur "professeur mais aussi amie". Vendredi 9 septembre, Mathilde Lemaître, une jeune enseignante d’arts plastiques de 37 ans est décédée à la suite d’un accident d’alpinisme.

Survenu du côté italien du Parc national du Mercantour, l’accident a été pris en charge par la brigade de Cuneo, précise un capitaine du Peloton de gendarmerie de haute montagne PGHM des Alpes-Maritimes sans donner plus de précisions sur les circonstances du drame.

"On vous aime", "Merci pour cette année" ou encore "J'ai adoré cette année !".

Sur le tableau blanc de la classe, les messages inscrits par les lycéens trois mois plus tôt, et qui n'ont pas été effacés par l'enseignante, résonnent autrement.

C'était une professeure d’arts plastiques extrêmement impliquée. Elle était lumineuse, très soucieuse de la réussite de ses élèves qu’elle suivait bien au-delà du bac !

Sylvie Pénicaut, proviseure du lycée Apollinaire.

Exorciser la douleur

La principale, la gorge nouée, décrit une jeune femme très investie dans la vie du lycée, qui menait à bout de bras plusieurs projets scolaires.

Du musée Matisse au musée d’Orsay, Mathilde Lemaître cherchait constamment à tirer ses élèves hors des quatre murs de sa salle de classe. "Elle organisait énormément de sorties. Au musée d’Orsay, c’était magique", se remémore Sylvie Pénicaut.

Préparé au long terme, le projet organisé conjointement avec le musée parisien permettait aux élèves d'expliquer une œuvre, pendant que d’autres offraient une réinterprétation du tableau en danse.

Le portail du lycée franchi, l’enseignante continuait à cultiver cette proximité avec ses lycéens. "Elle avait emmené ses élèves camper avec elle", rapporte la proviseure. Alors quand il a fallu leur annoncer la nouvelle ce matin, Sylvie Pénicaut a immédiatement pensé à un exutoire permettant à ceux qui le souhaitent d’exprimer leur peine, leur amour et leur attachement à celle qui était bien plus qu’une "prof".

Leur salle de classe, investie depuis peu par une enseignante remplaçante, a été ouverte aux anciens élèves qui souhaitent s’y recueillir. Pendant qu’une vidéo montée en sa mémoire est diffusée dans une salle voisine, certains jeunes peignent, d’autres dessinent ou sculptent en mémoire de Madame Lemaître.

"Ce sont des élèves qui s'expriment par l’art. Donc ça me semblait essentiel de leur offrir un espace d’expression artistique. Étant moi-même musicienne, je sais qu’on exorcise beaucoup de choses par l’art", confie la directrice qui compte remettre les différentes œuvres à l’époux de l’enseignante.

"Je ne veux pas que ce soit un simple fait-divers. C’était une professeure exceptionnelle qui a marqué la vie de plein de jeunes", conclut-elle avec émotion.

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