En ce début de saison, trois choses à savoir sur les allergies aux cyprès

Chaque année, le pollen des cyprès fait pleurer et éternuer de nombreux Azuréens. L'allergologue de Nice Véronique Lustgarten nous en dit plus sur les allergies liées aux cyprès, des arbres très présents dans le Var et les Alpes-Maritimes.

De mi-février à fin mars, les cyprès sont source de nombreux troubles chez les personnes allergiques.
De mi-février à fin mars, les cyprès sont source de nombreux troubles chez les personnes allergiques. © Christian Watier / MaxPPP

Tous les ans, c'est la même chose. Le mimosa fleurit, le cyprès s'épanouit, un petit coup de vent et hop vous éternuez, vous pleurez.

En février et mars, le risque d'exposition peut être très fort, surtout sur la Côte d'Azur où ces arbres sont très nombreux. L'allergologue niçoise Véronique Lustgarten, membre du Réseau de surveillance des allegies RNSA assure qu'il y a tous les ans de plus en plus d'allergiques dans les Alpes-Maritimes. Elle nous permet d'y voir plus clair.

1) La pollution joue un rôle dans nos allergies

Le vent et les conditions météo ont leur part de responsabilité dans les déclenchements de symptômes allergiques. "Avec beaucoup de pluie, le pollen va partir dans les égouts et donc moins agresser les allergiques", explique l'allergologue. Toutefois, la pollution tient elle aussi un rôle très important.

On sait que quand il y a des pics polémiques associés à des pics de pollution, ces pollens sont encore plus agressifs sur les muqueuses. Pour certains patients, on soupçonne qu'ils sont devenus allergiques lors de ces jours de pics de pollution.

Véronique Lustgarten

Cette médecin indique que le port du masque, rendu obligatoire à cause de l'épidémie de Covid-19, ne peut que "protéger davantage" du pollen de cyprès. Voilà une bonne raison de plus de porter le masque, sur le nez et la bouche !

2) La génétique y est pour quelque chose 

Depuis la mi-février, elle reçoit de plus en plus d'appels de nouveaux allergiques, "ces personnes qui n'en peuvent plus parce que chaque année ils vont voir leur pharmacien avec les mêmes symptômes". Si c'est la même rengaine tous les ans, il est conseillé de faire un bilan.

Selon Véronique Lustgarten, il ne faut pas sous-estimer le facteur génétique des allergies. Certaines personnes ont des gènes favorisateurs qui les exposent davantage à développer une allergie. "C'est la rencontre de ce gène avec un environnement favorable qui fait qu'on va développer une maladie allergique ou pas", dit-elle.

> Voir le détail des données par ville et par type de pollens sur le site du réseau :

3) Quelles solutions ?

L'allergologue rappelle que deux types de traitements existent pour soigner ces allergies. D'un côté, il y a une traitement pour calmer les symptômes. "Les antistaminiques à prendre au quotidien et pas de façon ponctuelle, détaille-t-elle. Il faut le prendre tous les jours pour se protéger des à-coups. Le collyre pour les yeux, les sprays pour le nez pour l'inflammation et bien sûr le traitement pour l'asthme pour les personnes concernées."

Véronique Lustgarten est membre du Réseau National de Surveillance des Allergies RNSA
Véronique Lustgarten est membre du Réseau National de Surveillance des Allergies RNSA © Didier Beaumont FTV

D'autre part, il existe un traitement appelé la "désensibilisation" ou bien "l'immunothérapie spécifique allergénique". Véronique Lustgarten explique en quoi cela consiste : "C'est de la médecine spécialisée, on adapte le traitement aux allergies du patient. Pour un allergique au pollen de cyprès, on va cibler ce pollen." Ce traitement peut durer de 3 à 5 ans. 

"Normalement c'est une guérison qui devrait être définitive même si certains ont de nouveau des symptômes quelques dizaines d'années plus tard", précise la médecin. 

 

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