ENTRETIEN. Coupe de France. "C'est une des dernières chances de sauver la saison" pour Jérôme Alonzo avant le match entre Paris et Nice

Ce mercredi soir, à 21 heures, cap sur le dernier quart de l'édition 2024 de la plus ancienne compétition de football de l'Hexagone. Le Paris Saint-Germain reçoit l'OGC Nice, au Parc des Princes. Jérôme Alonzo, le plus azuréen des anciens joueurs parisiens, nous livre son analyse avant ce match capital pour les Aiglons.

Un nouveau Paris-Nice. Pas de vélo ce mercredi 13 mars, mais un match que les joueurs de l'OGC Nice ne vont pas devoir rater face au PSG, actuel leader du championnat.

Jérôme Alonzo a été champion de D2 avec les Aiglons, en 1994, et vainqueur de plusieurs coupes avec le PSG. De France, en 2004 et 2006, et de la Ligue, en 2008.

L'ancien gardien de but ne mâche pas ses mots quand on aborde l'échéance de ce mercredi 13 mars. Ce matin, par téléphone, il est loin d'avoir du trémolo dans la voix lorsqu'il aborde le dernier quart de la Coupe de France, diffusé ce soir sur France 3 qui oppose ces deux clubs dans lesquels il a évolué.

Consultant football, il officie désormais sur les plateaux de télévision tels que ceux de la chaine L'Equipe et commente pour la chaine Prime Vidéo.

Il ne faut pas longtemps pour que l'ancien gardien de but, né à Menton, mette des mots sur les maux des Aiglons : "Le diagnostic, malheureusement, est celui que l'on prédisait en novembre déjà, même quand ça allait très bien, quand on s'interrogeait sur ce qu'allait devenir ce Gym-là lorsqu'il tournera un peu moins bien."

Système un temps bien rôdé, mais limité, la marque de fabrique de l'OGC Nice cette saison n'a pas vraiment perduré.

"On voit que Brest, par exemple, gagne de différentes manières, que Marseille gagne de différentes manières, pareil pour Lens. Même s'ils sont irréguliers, on voit qu'ils ont plusieurs systèmes et la limite de Nice, dès le mois de décembre, on se disait que dès que ça allait tourner un petit peu moins bien, qu'ils seraient limités dans la rotation..." convient l'ancien joueur.

Jamais revenu au score

Avec une composition parisienne qui pourrait faire la part belle au trio Dembele, Mbappé et Barcola, et le reste du onze, digne de la Ligue des champions, l'ogre parisien pourrait se faire glouton face aux Aiglons ce soir.

"Les limites que l'on craignait, même quand Nice était deuxième, c'est que l'on n'a pas l'attaquant à 10 buts, que lorsque Dante ou Jean-Clair Todibo sont un peu moins bien, tu perds, et que le jour où Bulka ne fait pas des miracles, tu perds" détaille Jérôme Alonzo.

"Quand l'OGC Nice prend un but, ils ne reviennent jamais au score. Est-ce que l'on est conscient que c'est l'équipe, en Europe, qui n'est jamais revenue au score cette saison ?" tempête l'ancien portier des Aiglons qui avait remarqué dès la fin de l'année 2023 les écueils que pouvait rencontrer cet effectif.

"Toutes ces limites-là, que l'on craignait en décembre, font que dès que les vents sont un peu contraires, tu n'as pas grand-chose pour aller contre et pour renverser la vapeur" s'inquiète Jérôme Alonzo.

Quand t'es mené au score, tu n'as pas la folie dans le jeu qui te permet de revenir. 

Jérôme Alonzo, ancien gardien de but de l'OGC Nice et du PSG

Espoirs déchus

Longtemps dauphin du PSG en Ligue 1, l'OGC Nice a été vu comme une équipe solide du championnat, voire insubmersible. Les résultats ont rapidement parlé pour eux, avec peu de buts encaissés et des victoires marquantes dans la première partie de saison.

"Quand Nice et Farioli ont suscité ce qu'ils ont suscité, et ce n'est pas leur faute car ils étaient bons, chez nous, les suiveurs de Nice, c'est une attente folle. Quand ils gagnent au Parc (3-2, en septembre 2023 lors de la 5ᵉ journée, NDLR) on se dit que Nice ne peut pas finir ailleurs que sur le podium".  L'espoir aura duré quelques mois, mais depuis le début de l'année 2024, c'est un tout autre visage qu'offre le Gym. Et il risque d'être bien loin de celui affiché en septembre dernier.

"Paris avait fait le match parfait pour Nice. Ils avaient joué, ils étaient sortis un peu. Nice avait marqué, Moffi a fait son meilleur match de la saison. Le scénario de ce soir-là était parfait pour Nice. Paris avait fait un bon match en jouant, Nice avait fait un super match en profitant des espaces créés par les Parisiens et des décalages plus faciles à trouver. Dante était très haut, Todibo était très, très haut, il est d'ailleurs sur l'un des buts. Il y avait eu tout dans ce match pour que la soirée soit parfaite" se remémore Jérôme Alonzo qui était au Parc ce soir-là.

Évidemment, ce soir, ce ne sera pas pareil parce que Paris, cette fois-ci, est favori, et même avec le retour de Youssouf, je ne vois pas comment Nice pourrait résister.

Jérôme Alonzo, ancien gardien de but de l'OGC Nice et du PSG

Youssouf, moteur hybride

"Je trouve que Moffi a définitivement du mal à s'imposer, certes, il y a eu le match au Parc, mais depuis plus grand-chose, Gaëtan Laborde se bat un peu souvent seul devant, le petit Guessand, c'est bien. Jérémy Boga c'est un peu comme toujours, à l'image de sa carrière, par intermittence... Et puis il y a un joueur qui, lorsqu'il n'est pas là, l'équipe change, c'est Youssouf Ndayishimiye".

Si la ligne d'attaque pêche par moments, et par endroits, c'est un joueur qui fait son retour de blessure qui est le véritable moteur qui fait avancer le collectif niçois, pointe Jérôme Alonzo. L'international burundais de 25 ans plaît : "C'est un poste hybride, qu'il a assimilé. Et en plus de tout qui est extrêmement intelligent niveau football. C'est un mec qui est adroit, habile techniquement." 

Pour moi, le joueur clé du Gym c'est Youssouf Ndayishimiye, point barre. C'est un joueur que je prends dans toutes les équipes de Ligue 1, tous les jours si je suis coach. Et peut-être même à Paris.

Jérôme Alonzo, ancien gardien de but de l'OGC Nice et du PSG

Un cauchemar en championnat

Les cinq derniers matches laissent un goût amer aux joueurs de l'OGC Nice. Sur 15 points possibles, seul un point a été engrangé.  Cette rencontre en Coupe de France peut signer le seul espoir d'un avenir européen la saison prochaine. Les Rouge et Noir sont actuellement 6ᵉˢ et continuent de perdre des places au fil des derniers mois. Au point de se retrouver poursuivis par Marseille, à un seul point, après la 25 journée.

Jérôme Alonzo ne cherche pas d'excuse pour ce revirement de scénario où l'on voyait, il y a quelques mois, un destin niçois bien loin de l'anatomie d'une chute. Ni l'implication d'Ineos dans le club de Manchester United, ni la Coupe d'Afrique des Nations, ni le mercato hivernal ne servent d'alibi.

"Ineos, au contraire, par la voix du président Rivère, fait que le projet redevient à dimension humaine, plus modeste. Ce discours leur va bien, car on attend plus Nice comme un potentiel deuxième ou troisième, et ça marche. Nice était l'une des équipes à abattre, c'était le scalp que l'on voulait avoir." 

Dernière chance pour l'Europe ?

Lors du dernier match contre Montpellier, la colère sourde des supporteurs niçois s'est exprimée avec une banderole déployée à destination du staff et des joueurs. "Pas une année de plus sans l'Europe" pouvait-on lire au sein de l'Allianz Riviera qui affiche noir sur blanc son impatience. 

Les journées passent et les inquiétudes croissent. "C'est un match pour relancer la machine. Il y a Paris ce soir, Lens dimanche, on va vite savoir où en est Nice pour la fin de saison" analyse Alonzo.  

Si Nice s'impose ce soir, ce sera pour retrouver certainement Lyon ou Rennes en demi-finale. Deux équipes qui ont connu des fortunes diverses cette saison. Un prochain rendez-vous entre ces acteurs n'est pas pour autant gage de facilité, alors que l'OL revient notamment des tréfonds du championnat et que Rennes rêve de renouer avec un titre.

"C'est une des dernières chances de sauver la saison. Mais, aujourd'hui, si on est très honnête, je n'y vais pas en dansant sur la table, ni contre Lyon, ni contre Rennes. Aujourd'hui, le Stade rennais est au-dessus de Nice, pour Lyon, il y a match." 

C'est surtout la tendance, l'ambiance du moment qui pourrait plomber les efforts niçois. "Dans le foot, et surtout en coupe, la dynamique est hyper importante, et elle n'est pas niçoise pour l'instant."

Début de réponse ce soir, à partir de 21h10 sur France 3.