VIDEO. La célèbre vague d'Hokusai exposée au Musée des arts asiatiques de Nice

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emma Arnau et Hélène France

Le Musée des arts asiatiques accueille l'exposition "Hokusai : voyage au pied du mont Fuji". Pour la première fois, la célèbre vague de l'artiste japonais est exposée à Nice, parmi 126 estampes. On vous explique comment cette œuvre de 1830 a connu le succès dans le monde entier.

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C'est la vague la plus célèbre du monde. Elle a inspiré de nombreux artistes dont Van Gogh, Monet, Debussy ou Renoir. Elle sera exposée à Nice pendant quatre mois au milieu de 126 autres estampes de son auteur, le célèbre Hokusai. 

Une estampe, c'est quoi? 

L'œuvre intitulée "Sous la vague au large de Kanagawa" est une estampe issue d'une série baptisée "Trente-six vues du Mont Fuji" datant de 1830. 

Une estampe est une impression à l'encre sur du papier. 

Le résultat final, c'est le papier, mais c’est tout un processus de fabrication de création très spécifique. Il y a beaucoup d’étapes. Au départ, il y a un artiste qui peint et ensuite cette peinture, cette image qui est créée de l’esprit de l’artiste est transposée sur des planches en bois qui sont utilisées pour imprimer patiemment les différents tirage.

Adrien Brossard, conservateur du patrimoine et directeur du Musée départemental des arts asiatiques. 

Au 17e siècle au Japon, la technique nommée "ukiyo-e", traduit par "monde flottant" gagne en popularité. 

Edo la future Tokyo est en pleine effervescence. La ville, en pleine construction voit se développer les combats de sumos, les théâtres Kabuki, et les lieux de plaisir ou courtisanes accompagnent les hommes dans leur vie en dehors du travail.

"Les concepts de vie éphémère, et l'envie de vivre dans l'instant présent se développent" raconte Adrien Brossard. 

"Il y a tout un monde d'amateurs de l’estampe qui se créait. Car on a tout un monde qui n’est plus de la noblesse, qui correspondait plutôt à une bourgeoisie qui est plus ou moins aisée, et qui a envie de s’entourer de belles choses. Et parmi ces belles choses qui les fascinent, on a ces images de l’ukiyo-e, les images du monde flottant."

Cette estampe leur rappelle un sentiment de liberté en dehors de leur vie très dure. Ça leur permet de s’évader et c’est là qu’on retrouve le côté flottant.

Cette estampe leur rappelle un sentiment de liberté en dehors de leur vie très dure. Ça leur permet de s’évader et c’est là qu’on retrouve le côté flottant

Adrien Brossard.

Trente-six vues du Mont Fuji

Les estampes connaissent de beaux succès aux 17e et 18e siècles. Mais celui qui va faire connaître l'estampe japonaise dans le monde entier arrive au 19e. Avec sa série "Trente-six vues du Mont Fuji" en 1830, Hokusai relance la fascination autour du monde flottant. 

Et l'élément qui va le démarquer de ses paires, est tout droit venu d'Occident : le bleu, omniprésent. 

"La caractéristique à cette série c’est l’argument de vente, puisqu’on a tracé d’une publicité qui annonce le lancement de cette série et l’éditeur savait que ça allait cartonner. L’argument phare, c’était : regardez, il y a un nouveau pigment, et ce pigment vient de l’occident ! C’est un bleu de Prusse qu’on appelle aussi bleu de Berlin."

Le pigment met un certain temps à arriver au Japon et à devenir abordable pour les artistes. Un des premiers à l'utiliser, c'est Hokusai. "C’est ce qui fait toute la force, toute la puissance de cette série inédite en 1830".  

Le paysage n'est plus un simple décor, mais devient le sujet à part entière. Les personnages admirent le Mont Fuji, ce plus haut sommet du Japon.

La série est un succès au Japon, mais s'exporte aussi jusqu'en Occident. 

Cette vague est dans l’imaginaire collectif depuis plus de 200 ans

Adrien Brossard - directeur du musée des arts asiatiques

La "vague" fait le tour du monde

"Dès le 19e, cette estampe va inspirer des artistes en occident. Avec notamment "La mer" composée par Debussy. Et cette fascination va montrer aux Japonais à quel point ils ont une production artistique extraordinaire. Et c’est resté " explique Adrien Brossard. 

Impossible aujourd'hui d'être passée à côté de cette œuvre. Dans un livre, un film, un documentaire, affiché chez un de vos amis, vous avez forcément croisé la route de la fameuse "vague" d'Hokusai. La culture pop a beaucoup participé à cette popularisation. 

Elle se décline même en briques Lego :

"Il y aura une relance au 20e siècle puisque la vague va être réutilisée, elle va être réinterprétée, on va la détourner. On va aussi l’utiliser pour faire des logos de marques. Et c’est une image efficace, c’est une vague, une montagne, du bleu. C’est la marque des grandes œuvres d’être simple, d’être efficace et en fait, tout le monde l’a vu au moins une fois dans sa vie" précise Adrien Brossard. 

Le directeur du musée, amoureux de la culture asiatique est très fier d'accueillir le tableau à Nice.

"Je me rappellerai toute ma vie de la première fois que je l’ai vu cette vague et c’est un moment que j’ai envie de partager avec le public."

Elle est à découvrir avec 126 autres estampes d'Hokusai jusqu'au 29 janvier 2023 au Musée des arts asiatiques à Nice.

L'inauguration s'est déroulée ce jeudi 29 septembre, en grande pompe :

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