Face aux dépôts sauvages, ces communes s'équipent de caméras pour traquer les auteurs

En France, un million de tonnes de déchets sauvages se retrouve dans la nature chaque année. Et la région PACA n'est pas épargnée. De Gorbio à Saint-Tropez, les communes s'équipent pour faire face à ces comportements.

En matière de dépôts sauvages, les entreprises du BTP sont souvent dans le viseur de la justice. Exemple très parlant : la décharge illégale de Spéracèdes, où une entreprise déversait ses déchets depuis juillet 2019. La ministre de l’environnement avait alors été interpellée en 2022.

L'ancien maire de la commune de Spéracèdes (Alpes-Maritimes), Joël Pasquelin aurait donné un accord verbal à l’entreprise du BTP SEETP pour qu'elle déverse ses déchets dans cette zone boisée du moyen-pays grassois, sans se douter de l’ampleur catastrophique que cet accord allait prendre.

En décembre 2023, le parquet de Marseille a ouvert une vaste information judiciaire, notamment pour gestion irrégulière des déchets en bande organisée. La mairie de Spéracèdes et une entreprise ont été perquisitionnées.

Vidéo surveillance et brigade environnement

Avec seulement un peu plus de 1.400 habitants, la commune de Gorbio, sur les hauteurs de Menton, devrait normalement échapper aux pollueurs. Mais pas forcément. Loin de la décharge à ciel ouvert de Spéracèdes, on trouve tout de même parfois des petits déchets sauvages.

Alors, la ville s'équipe de 16 caméras de vidéosurveillance.

C’est pour montrer que ça existe et que l’arrêté que nous avons pris sera appliqué sans aucune hésitation.

Paul Couffet, maire de Gorbio

Sur le territoire de la Communauté d'agglomération de la Riviera française, ces déchets se retrouvent à plusieurs coins de rue, avec parfois une "vue mer" comme ici à Roquebrune-Cap-Martin.

À Menton, la ville a déclaré la guerre à ces pollueurs en mettant sur pied une brigade rattachée à la police municipale. Quand un dépôt sauvage est constatée, elle se rend sur place à la recherche d'indices pour retrouver le ou les auteur(s). Elle prend une photo du dépôt, avant que les services de l'agglomération ne vienne le récupérer.

Si la personne est prise en flagrant délit ou est retrouvée, cet incivisme peut lui coûter jusqu’à 1.500 euros.

Dans le Var, depuis le mois de juillet dernier, la municipalité de Saint-Tropez s'est, elle aussi, équipée de caméras de vidéosurveillance. Trois ont ainsi été placées sur les sites réputés pour les dépôts illicites.

Équipées d’un logiciel intelligent, elles signalent aux agents la présence d’ordures en dehors des conteneurs. Un dispositif qui coûte 20.000 euros, mais qui a déjà fait ses preuves puisque, en deux mois seulement, cinquante procédures de verbalisation ont été lancées.