Jean Castex annonce une expérimentation sur l'extension des compétences de la police municipale

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Le Premier ministre Jean Castex est en visite à Nice ce samedi 25 juillet. Pour lutter contre l'insécurité le chef du gouvernement a fait plusieurs annonces dont l'extension des compétences de la police Municipale. 

Confronté à la montée en puissance du sujet de l'insécurité après plusieurs épisodes de violences, Jean Castex a tenté d'y apporter une réponse samedi 25 juillet en faisant plusieurs annonces :
  • Extension des compétences de la police municipale. Christian Estrosi a également annoncé l'embauche de 20 policiers municipaux qui seront affectés dans les quartiers sensibles.
  • La forfaitisation des délits de stupéfiants "sera généralisée dès la rentrée". Cette procédure, une amende forfaitaire de 200 euros, s'applique à toutes les drogues mais vise d'abord les usagers de cannabis. 
  • Renfort de 60 agents de la police nationale supplémentaires afin de combler les postes vacants. 
  • Prime de fidélisation pour les policiers nationaux en poste depuis plus de 2 ans. Cette demande des policiers niçois doit permettre de lutter contre la vie chère. Les policiers en poste depuis plus de 2 ans vont toucher 200 euros par an ; elle devrait être de 800 euros par an pour les affectations supérieures à 5 ans.
  • 150 emplois créés en France avant fin2022 pour renforcer l'action pénale de sécurité.
  • La réalisation de l'hôtel de police dans les locaux de l'ancien hôpital Saint-Roch va être accélérée. Ce projet, qui permettra de faire travailler ensemble la police municipale et nationale, bénéficiera du crédit inscrit dans le plan de relance qui sera déployé dès la rentrée.
  • Le dossier de la reconstruction du centre pénitentiaire de 650 places à Nice va être accéléré.
Le chef du gouvernement, qui a fait de cette question de l'insécurité l'une de ses priorités. Il est accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Le jeudi 23 juillet  Jean Castex avait évoqué, en annonçant ce déplacement, "un sujet essentiel, majeur", promettant "des annonces concrètes" pour lutter contre des actes "profondément inadmissibles". 

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a demandé des "moyens supplémentaires" et un "plan d'action immédiat permettant de rétablir l'ordre", jugeant la situation du quartier des Moulins "très préoccupante". Une unité de force mobile composée d'une soixantaine d'agents a été dépêchée sur place dans la foulée.
 

Le quartier des Moulins

A l'occasion de cette visite, le Premier ministre a déambulé aux Moulins, un quartier connu pour son insécurité. Une habitante a profité de la venue du Premier ministre pour lui parler de son mal-être et de l'insécurité qui règne dans cette zone sensible.

Les réactions

Les élus de droite sont satisfaits des annonces du Premier ministre, à l'image du maire de Nice Christian Estrosi. Eric Ciotti est également satisfait mais il demande "une politique pénale plus ferme".  Des mesures qui ne satisfont pas l'opposition à Christian Estrosi. Pour Jean Moucheboeuf, conseiller-municipal du Rassemblement National  à Nice ces mesures sont avant tout un effet de communication : "60 policiers c'est très bien, mais il manque encore 33 postes pour arriver au niveau d'avant. 80 postes de policiers municipaux c'est très bien également mais c'est trop peu".

Du côté des écologistes, leur tête de file, Jean-Marc Governatori ne croit pas non plus que ces mesures vont permettre de régler les problèmes : "Ca fait des décennies qu'il y a le même discours. C'est très grave pour la collectivité. Mr Castex et Mr Estrosi savent très bien que ce qu'ils ont dit ne servira à rien puisque Mr Pasqua en parlait déjà, Mr Chirac en parlait il y a 25 ans. C'est de l'affichage, de la communication qui va très ponctuellement résoudre les problèmes. Mais il y en a trop. Il faut changer de société".