Cela devait se faire l'an prochain, mais non. Les associations de motards ont finalement eu gain de cause : le décret imposant un contrôle technique pour tous les deux-roues à partir de 2023 a été définitivement abrogé comme s'y était engagé Emmanuel Macron, suscitant la colère de plusieurs associations de défense de l'environnement.

Le contrôle technique pour tous les deux-roues à partir de 2023 a été définitivement abrogé.

C'est un décret qui embarrassait le gouvernement depuis sa publication, il y a un an. Un engagement pourtant d'Emmanuel Macron. De nombreuses manifestations de motards avaient notamment à Nice, dénoncé le projet.

Il introduisait l'obligation pour tous les détenteurs de deux-roues de plus de 125 cm3 d'effectuer un contrôle technique sur leur véhicule à compter de début 2023.

Mais le président de la République l'avait lui-même enterré dès le lendemain de sa parution au Journal officiel, assurant qu'il ne serait jamais appliqué. Pour Emmanuel Macron, "ce n'était pas le moment d'embêter les Français", avait alors expliqué un conseiller de l'exécutif.

L'Union européenne avait pourtant décidé d'imposer la mesure aux Etats membres au plus tard au 1er janvier 2022. Saisi par des ONG environnementales en mai, le Conseil d'Etat, avait même enjoint l'exécutif à l'appliquer dès octobre. "Je veux convaincre avec les acteurs concernés que d'autres modalités peuvent atteindre efficacement les objectifs de sécurité, environnementaux et de réduction des nuisances définis au niveau européen", a déclaré à l'AFP le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune à l'issue d'une réunion avec les associations de motards.

Des mesures alternatives au contrôle technique 

D'après le ministère, la règle européenne "ouvre la voie à des mesures alternatives au contrôle technique".

Le ministère cite en exemple, sans plus de précisions :

  • la réforme du permis de conduire,
  • l'obligation du port d'équipements de sécurité,
  • des campagnes de sensibilisation,
  • l'amélioration des infrastructures,
  • le renforcement des normes d'homologation,
  • et des actions de sensibilisation.


Des associations de lutte contre les nuisances des deux-roues motorisés comme Ras le Scoot ont aussitôt fait part de leur colère. Elle attaquera cette abrogation en référé "dans les meilleurs délais afin de voir rétablir le contrôle technique 2RM."

La Fédération française des motards en colère (FFMC) a au contraire salué une "victoire".

L’aboutissement de cette démarche montre que la concertation, la maitrise technique des dossiers, et la volonté inébranlable de faire avancer la sécurité de tous les usagers de la route, sont un bon moteur de la mobilité ».

Céline Aubrun, Coordinatrice du bureau national de la Fédération Française des Motards en Colère.

Le un contrôle technique pour les deux-roues motorisés avait d'abord été envisagé pour janvier 2022.

Avec AFP