Les habitants de la vallée de Roya s'indignent après la réception de "milliers d'amendes" pour excès de vitesse en Italie

Les habitants de la vallée de la Roya reçoivent depuis quelques jours des amendes pour excès de vitesse. Les infractions ont été repérées par un radar situé en Italie sur une route qu'ils empruntent très régulièrement. Comme ils reçoivent les contraventions près de six mois après, ils craignent d'en recevoir davantage et de se retrouver en difficulté financière.

Depuis une semaine, les discussions dans la vallée de la Roya tournent toutes autour du même sujet : les contraventions italiennes qui se multiplient dans les boîtes aux lettres des habitants. En cause, un radar installé entre Trucco et Porra, près de Vintimille en Italie.

Ce radar est situé sur une route empruntée quasiment quotidiennement par les habitants de la vallée de la Roya et les entreprises du coin.

"Combien va-t-on en recevoir ?"

Un groupe de mécontents a été créé sur Facebook. En deux jours d'existence, il compte déjà plus de 550 membres. "2 PV pour un montant d'environ 250 euros de juillet 2023", pour un internaute, "3 PV le même jour tous datés de juillet... Total 3x169 euros..." pour une autre et même "4 contraventions pour le mois de juillet 2023 soit un total de 321.12€"... Les témoignages s'accumulent.

"Ce qui fait peur, c'est pour les mois qui suivent car là nous n'avons reçu que juillet", commente un membre du groupe. "Combien va-t-on en recevoir ?", c'est bien la question qui hante Marie Bonnet, elle aussi concernée par ces contraventions.

Julie, une autre habitante de la vallée, a reçu un total de 5 amendes pour le moment. Le montant à payer s'élève à 700 euros. "Je viens de recevoir ma paie, c'est bientôt Noël, j'ai des enfants... Ce n'est pas très humain", reproche-t-elle.

Certaines entreprises sont aussi concernées. Sophie Cottalorda, cheffe d'entreprise à Tende, a reçu 3 amendes pour un total de 400 euros. "Si on a des infractions à chaque fois qu'on se déplace, ça peut poser des problèmes", prévient-elle. 

"Incontestablement", ce sont des personnes qui ont bien commis des excès de vitesse, admet le maire de Breil-sur-Roya, Sébastien Olharan. Toutefois, il regrette que les amendes arrivent presque six mois après les faits. "On perd l'effet pédagogique du PV, dénonce-t-il. Là, les gens n'ont pas pu se reprendre pour arrêter de rouler trop vite à cet endroit-là."

Un espoir de négociation

"L’endroit où est placé le radar est le moins utile au niveau de la sécurité et c'est très difficile de rouler à 50 km/h sur cette ligne droite", explique-t-il. "C'est vraiment fait pour faire de l’argent", d'après le maire de Breil-sur-Roya.

C'est pourquoi Sébastien Olharan a décidé d'envoyer une lettre au maire de Vintimille.

Dans cette lettre, il souhaite attirer l'attention de l'édile italien sur "les lourdes conséquences de ces installations pour les habitants de la vallée de la Roya". Il estime que "par son positionnement, ce radar pénalise très majoritairement les habitants de la vallée de la Roya".

Ces contraventions plongent dans d'immenses difficultés financières de très nombreuses familles. Elles entravent le redémarrage économique de la vallée.

Sébastien Olharan, maire de Breil-sur-Roya

 "J'aimerais qu'on trouve une solution, déclare-t-il à France 3 Côte d'Azur. On pourrait voir pour annuler les amendes de 2023 et faire payer celles à partir de janvier 2024."

"Je demande le retrait de ce radar, ajoute Sébastien Olharan. Il faudrait qu'il soit placé dans une zone où il y a un enjeu de sécurité routière et pas là où ça fait le plus d’argent". Le maire de Breil-sur-Roya espère que cette lettre va permettre d'entamer une discussion avec le maire italien.