Nice : deux chercheurs de l'Inserm lancent un appel aux dons pour tester un médicament contre le cancer

En deux ans, l'équipe a testé 2700 substances, à la main. 96 tests par jour, quand une machine pourrait réaliser 1900 tests en une journée. / © FTV
En deux ans, l'équipe a testé 2700 substances, à la main. 96 tests par jour, quand une machine pourrait réaliser 1900 tests en une journée. / © FTV

Leurs travaux ont été salués du Grand Prix de Cancérologie à l'Académie des sciences en 2015. Les docteurs Kay et Nicole Wagner ont mis en évidence le rôle essentiel joué par la protéine WT1 dans le développement des tumeurs. Aujourd'hui, ces chercheurs de l'INSERM ont besoin de 130 000 €.

Par Coralie Chaillan

Ils ont l'ambition de développer un médicament capable de vaincre le cancer. Leurs travaux ont ouvert la voie à de nouvelles thérapies anti-cancéreuses prometteuses. Ils portent sur la protéine WT1.

Le docteur Kay Wagner, directeur de recherche de l’INSERM et le docteur Nicole Wagner, chargée de recherche à l’INSERM ont prouvé que le gêne WT1 bloque la destruction des cellules cancéreuses (par les cellules immunitaires) et qu'il est notamment responsable des métastases.

En 2015, leurs recherches valent au docteur Kay Wagner, le Grand Prix de Cancérologie décerné par l’Académie des Sciences.

Depuis, un vaccin contre le WT1 a été développé par une équipe japonaise. Les premiers tests confirment une stabilisation ou la régression de cancer chez un certain nombre de patients. Toutefois, ce vaccin est inefficace quand le patient est âgé, affaibli, ou quand le cancer est à un stade trop avancé.

C'est pourquoi, les chercheurs niçois se tournent vers une nouvelle stratégie thérapeutique : l'élaboration d'un médicament. Mais les financements manquent.

Nos recherches n’intéressent pas beaucoup l’industrie pharmaceutique, car notre thérapie anti-cancer aura un coût très modéré.

ont-ils expliqué dans une interview à lire sur le site de la Fondation Université Côte D'azur qui soutient le projet WIVRE.
 

Le projet WIVRE : tester les molécules capables d'inhiber WT1

Après 4 années de tests sur des souris, les chercheurs de l'INSERM, sont parvenus à démontrer que le gêne WT1 est une cible thérapeutique pertinente pour de nouvelles stratégies anti-cancéreuses.

Après l'inhibition de la protéine WT1, nous avons constaté, chez les souris, que la taille des tumeurs est considérablement réduite.  Nous avons obtenu une régression complète, sans métastase, en 3 semaines.

Pour ces chercheurs, WT1 agit sur favorise la prolifération des cellules cancéreuses, la nutrition du cancer et la progression du cancer, car il empêche la destruction des cellules cancéreuses par les cellules immunitaires. 


100 000 euros pour accélérer les tests


Pour détecter et réduire la présence de WT1, avec peu d'effets secondaires, l'équipe a besoin d'effectuer des tests sur 100 0000 molécules. En deux ans, l'équipe a testé 2700 substances, à la main. 96 tests par jour, quand une machine pourrait réaliser 1900 tests en une journée.

En automatisant les tests, nous pourrions aller 100 fois plus vite. 

Les docteurs Kay et Nicole Wagner ont donc choisi de lancer une campagne d'appels aux dons, à l'occasion de la journée mondiale contre le cancer, ce 4 février. 

 

La France compte 382 000 nouveaux cas de cancer chaque année. 

Au moins un enfant sur deux qui naît aujourd'hui sera touché. Dans nos familles, nous serons tous concernés.

expliquait Axel Khan, le président de la Ligue contre le cancer, sur RTL, ce 4 février 2020.






 

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