Nice : l'école Montessori placée en liquidation judiciaire, une centaine d'enfants sont impactés

La décision du tribunal de commerce était attendue. Elle est tombée. L'école Montessori de Nice a été placée en liquidation judiciaire ce lundi 21 décembre. Une centaine d'enfants sont touchés par la fermeture de l'établissement. Les parents d’élèves inquiets, se mobilisent.

Les enfants ont dû quitter l'école vendredi sans savoir si ils y reviendraient un jour.
Les enfants ont dû quitter l'école vendredi sans savoir si ils y reviendraient un jour. © Max PPP Guillaume Bonnefont

Sidération et désillusion, les parents d'élèves de l'école Montessori de Nice sont sous le choc. "Ça signe la fin d’une aventure, je savais que l’école était en difficulté, mais cette annonce a été soudaine" déplore Marina, mère de deux enfants scolarisés. 

Une décision brutale 

Jeudi 17 décembre, la direction a envoyé un mail aux parents pour les tenir informés de la situation économique dramatique de l'école. Cinq jours plus tard, le verdict du tribunal de commerce est sans appel : l'établissement est placé en liquidation judiciaire. "L'entreprise ne présente aucune perspective de redressement et n'est pas en mesure d'élaborer de plan, elle crée de nouvelles dettes et ne peut faire face à ses charges courantes en l'absence de trésorerie suffisante" peut-on lire sur le compte rendu d'audience. 

Après cette annonce, plusieurs parents ont décidé de se mobiliser pour éviter que leurs enfants aient à se réinscrire dans une autre école.

Nous sommes comme dans un deuil. L'école était comme une seconde famille. C'était une pédagogie et un système d'apprentissage unique. 

Marina, parent d'élève

Entre colère et tristesse 

L'entreprise a contracté d'importantes dettes. Depuis plusieurs mois, les loyers étaient impayés et les comptes annuels n'étaient plus déposés depuis trois ans.

Les coûts de scolarité élevés, environ 9000 euros l'année par enfant, accentuent le sentiment amer des parents d'élèves. "Il y a des dettes qui ne sont pas que liées au retard de paiement de certaines familles. Il y a des créances URSAFF énormes. Des membres du personnel qui n'ont plus été payés" rappelle Julien, un des parents du collectif mobilisé. 

Pour l'équipe pédagogique, la situation est aussi compliquée. Tous regrettent de quitter ce "petit monde" et beaucoup espèrent pouvoir garder un lien avec les familles.  

Quel avenir pour les élèves ? 

Après le choc, un peu d'espoir. "Le cours Cyrano est intéressé pour être repreneur, ils attendent le montant des créances et feront surement une offre" se réjouit Julien. Lundi 21 décembre après l'annonce du tribunal, les parents d'élèves se sont entretenus avec le cours Cyrano, un établissement qui accueille les enfants à haut potentiel. Un calendrier a été mis en place, un dépôt d'offre est possible jusqu'au 4 janvier. Le tribunal devra ensuite valider ou non la proposition faite.  Malgré l'enthousiasme de la majorité des parents, certains ont commencé à réinscrire leurs enfants dans d'autres établissements pour ne pas se retrouver sans solution à la rentrée. 

La mairie a été informée de la situation. Christian Estrosi invite les parents à pré-inscrire leurs enfants sur le site Nice.fr ou à se rendre dès lundi au guichet unique Nice facile, rue Tonduti-de-l’Escarène. 

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