Nice : l'exposition "De couleur et d'encre" explore Chagall le lithographe et l'enlumineur

A Nice, l'exposition sur Marc Chagall "De couleur et d'encre", retrace la collaboration foisonnante du peintre avec ces revues d'art dont le XXe siècle a été l'âge d'or. Le musée propose une série de documents inédits, gravures et lithographies. A découvrir jusqu'au 11 janvier

A Nice, l'exposition sur Marc Chagall "De couleur et d'encre" est à découvrir jusqu'au 11 janvier 2021.
A Nice, l'exposition sur Marc Chagall "De couleur et d'encre" est à découvrir jusqu'au 11 janvier 2021. © Musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes 2020 - ADAGP, Paris, 2020
De Chagall, on connaît ses animaux qui flottent dans ses tableaux, ses personnages qui tourbillonnent. Un bestiaire fantastique et onirique qui raconte une histoire singulière en deux dimensions. Le peintre russe sait animer, faire vivre sa toile avec une palette de couleurs étonnante : des bleus profonds, des verts inattendus, des rouges audacieux. Le spectateur se trouve projeté dans une fable dont il faut connaître les codes pour tenter de comprendre une oeuvre parfois ésotérique.

Cette fois, le musée Marc Chagall de Nice propose d'explorer une autre facette de l'artiste enterré à Saint-Paul-de-Vence. "De couleur et d'encre", l'exposition retrace avec une série de documents inédits, gravures et lithographies, la collaboration foisonnante du peintre avec ces revues d'art dont le XXe siècle a été l'âge d'or.
 

Visites créatives pendant la Toussaint

Le musée se situe avenue du Dr Ménard à Nice, il est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h en octobre, de 10h à 17h en novembre. 

 Des visites créatives conçues autour du conte, de la théâtralisation, du son et de la gestuelle sont également prévues pour le jeune public pendant les vacances de la Toussaint.

Revue littéraire yiddish


Outil privilégié des avant-gardes pour se faire connaître ou des galeristes pour faire leur promotion, ces revues au tirage variable et à la durée de vie parfois très courte ont connu un développement considérable à partir de 1910 en Europe et le peintre Marc Chagall (1887-1985) n'a jamais cessé d'y contribuer. Une partie méconnue de l'oeuvre foisonnante de Chagall.

L'exposition, ouverte au public depuis le 10 octobre et jusqu'au 11 janvier, fait notamment surgir pour la première fois un ensemble de textes, chroniques d'actualité ou poèmes publiés sous la plume de Chagall dans la première revue littéraire yiddish d'Israël "Di Goldene Keyt" ainsi que la couverture d'un numéro réalisée par l'artiste."L'exposition explore la singularité de chacune de ces aventures humaines, éditoriales et engagées", explique la conservatrice Anne Dopffer, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes. "C'est un thème inédit, tout le monde connaît Chagall, mais au mieux comme peintre et illustrateur". Pas comme lithographe ou enlumineur.

Retour passionné à la lithographie

On découvre ainsi son talent d'enlumineur pour des revues yiddish du tournant des années 1920 et son retour passionné à la lithographie à partir de 1950, quand il commence à travailler pour "Derrière le miroir", la revue du célèbre galeriste Aimé Maeght, où il compose de magnifiques planches en couleur dans une ambiance de travail qui l'enchante avec les ouvriers chromistes. Ses oeuvres seront d'ailleurs exposées pendant de nombreuses années à la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence. 
 
En 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, Chagall est en exil aux Etats-Unis. Loin de Paris, il broie du noir et dessine une Tour Eiffel qui pleure pour le n°3 de la revue surréaliste VVV dont seuls quatre numéros paraîtront à New York.

Installation sonore

L'exposition connaît un prolongement inattendu dans une des salles de la collection permanente du musée : l'installation sonore "Song for Debbie" de l'artiste contemporaine Violaine Lochu plonge le visiteur dans un étourdissant tête à tête avec les flamboyants tableaux inspirés du poème biblique du Cantique des Cantiques.

Le fond rouge semble littéralement vibrer et les figures s'animer comme pour se détacher de leurs cadres, à mesure que résonne dans la pièce cette voix féminine faite de murmures et d'envolées lyriques, diffusée à rebours de la tradition juive orthodoxe qui interdit les voix de femmes dans l'espace public.
 
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