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A Nice, la mosquée En-Nour n'appartient plus à l'Arabie Saoudite

Le ministre saoudien des affaires islamiques, le Cheikh Saleh Al Shaikh, a légué la totalité de la mosquée En-Nour, située à Nice Ouest, à l'association "Institut musulman En-Nour" qui gère ce lieu de culte.
la mosquée En-Nour à Nice (Archives)
la mosquée En-Nour à Nice (Archives) © VALERY HACHE / AFP
Christian Estrosi, maire de Nice, s'oppose depuis 2012 à ce lieu de culte de 950m2 qui peut accueillir jusqu'à 800 fidèles. Le préfet des Alpes-Maritimes donnait son feu vert à l'ouverture d'une mosquée en juillet 2016 mais demandait à son gestionnaire de couper les ponts avec le propriétaire saoudien par le biais d'une donation. C'est désormais chose faite.


"Le bâtiment abritant la mosquée sera désormais la propriété de l'association niçoise (qui gère le lieu de culte) excluant définitivement toute crainte de dépendance et d'ingérence de l'étranger", selon un communiqué de l'avocat Ouassini Mebarek reçu vendredi 09 juin.
La mosquée avait été ouverte en juin 2016 après une décision du Conseil d'État. La préfecture avait dû se substituer au maire LR, qui refusait d'appliquer cette autorisation d'ouverture.

La préfecture des Alpes-Maritimes avait cependant demandé aux responsables de la mosquée que "cet équipement ne dépende en aucune façon d'une
influence étrangère, que ce soit sur le plan de la propriété des locaux, du financement, ou de la doctrine religieuse".
L'État avait mis une seconde condition, concernant cette fois la gouvernance de la mosquée, qu'En Nour assure avoir remplie en ouvrant son conseil d'administration à d'autres représentants locaux du culte musulman. Des sièges ont été prévus pour ceux-ci, même si, dans les faits, aucun membre extérieur n'a accepté d'y siéger.

"La donation (faite par le ministre saoudien des Cultes) ne remet pas en cause les soupçons qui pèsent sur la gestion de ce lieu de culte (...) et ne répond pas non plus aux soupçons de financement opaque, aux soupçons d'abus de biens sociaux et de recel d'abus de biens sociaux", a réagi vendredi la municipalité de Nice, dans une mise au point du maire Christian Estrosi.

Le maire indique que "la ville de Nice va poursuivre son combat, et nous allons prendre une nouvelle déclaration d'utilité publique (DUP)
sur ce lieu au prochain conseil municipal". L'objectif de cette démarche est d'exproprier la mosquée afin d'y construire en lieu et place "un équipement petite enfance".

Une précédente DUP, prise dans le même sens par la ville avant l'ouverture d'En Nour, n'avait pas été avalisée par le préfet.
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