"On se sent écoutés à Nice, mais il reste toujours du travail à faire" : trois questions à Erwann Le Hô, coordinateur du centre LGBTQIA+ de Côte d'Azur

Ce 17 mai, c'est la journée internationale contre les violences homophobes et transphobes. À cette occasion, mais aussi dans le cadre du Rainbow festival qui se tient à Nice du 16 au 19 mai, France 3 Côte d'Azur s'est demandé si la ville est aujourd'hui "ouverte sur tous les amours". Erwann Le Hô, coordinateur du centre LGBT local, nous a répondu.

Nice et la Côte d'Azur sont-ils un territoire d'inclusion pour les personnes lesbiennes, gays, bies, trans et intersexes (LGBTQIA+) en France ? L'association SOS Homophobie déplore, dans son rapport annuel pour 2024, une dégradation des conditions de vie des minorités sexuelles en France et explique qui'il n'existe pas, "aujourd’hui, d’espace ou de territoire préservé des LGBTIphobies".

À l'occasion de la journée internationale contre les violences homophobes et transphobes ce 17 mai, mais aussi du Rainbow festival de Nice du 16 au 19 mai, nous avons questionné Erwann Le Hô, coordinateur du centre LGBTQIA+ de Côte d'Azur sur la situation azuréenne.

Dans son rapport annuel, SOS homophobie observe "une dégradation de l'environnement pour l'ensemble des personnes LGBT". Le ressent-on à Nice ?

Notre local a été dégradé en février : deux personnes ont tagué une insulte sans savoir que j'étais à l'intérieur, je les ai poursuivies et me suis fait gazer par l'un d'eux. Le majeur a été condamné à huit mois de prison avec sursis, le mineur sera jugé au début de l'été.

Il y a un climat national qui se dégrade, oui. On le voit dans cette période des élections européennes, où certains ciblent les personnes LGBT et trans et les présentent comme des bouc-émissaires dangereux pour la société.

On retrouve un peu le même climat qu'en 2013 lors de la Manif pour tous : lorsque les politiques libèrent la parole homophobe et transphobe, ça entraîne une hausse des agressions. Les agressions physiques à l'encontre des personnes trans ont doublé en 2023... et ça risque d'être pire en 2024. Globalement, on observe davantage d'agressions contre les homosexuels hommes, notamment par le biais des guet-apens. C'est une tendance nationale que l'on ressent localement.

Nice est-elle "une ville ouverte sur tous les amours", comme le souhaite l'organisation du Rainbow festival ?

Ici, on a les moyens de bien travailler. On est soutenus par les différentes collectivités, certains élus s'engagent et n'hésitent pas à dénoncer les actes homophobes et transphobes. Ça permet aux habitants de se sentir inclus et représentés. Donc oui, nous sommes soutenus dans notre travail et on peut vivre et s'épanouir à Nice en tant que personne LGBT.

Aujourd'hui, notre centre LGBTQIA+ est parmi les plus actifs de France. On a une démarche de salarier des personnes, on mène des projets innovants comme le centre de santé communautaire (le 8 Baquis). Tout cela est possible aussi parce qu'on est écoutés par les collectivités. Mais on peut toujours avancer, il y a toujours un travail à mener.

Quelles solutions pour pallier ces violences, ce mal-vivre ?

Si on parle des répressions des actes homophobes, il ne faut pas laisser tranquille les agresseurs et inciter les victimes à porter plainte. Et contrairement à certaines idées reçues, les personnes LGBTQIA+ sont plutôt des personnes isolées, et il nous incombe de créer des lieux où elles peuvent être à l'abri, se rencontrer.

Bien sûr, il faut aussi continuer de mener un travail d'éducation et de prévention. Et ça passe par des événements comme le Nice Rainbow festival : il contribue à visibiliser notre combat, le tout dans une ambiance joviale.

► À noter : le Nice Rainbow festival se tient à Nice du 16 au 19 mai et propose au public (LGBT ou non !) des spectacles, ateliers et conférences sur les questions liées aux minorités sexuelles. Une manifestion est notamment prévue dimanche 19 mai à 15 heures, au départ de la place Masséna.

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