Plusieurs enfants atteints du syndrome inflammatoire "PIMS" suite au Covid hospitalisés en pédiatrie à Nice

Forte fièvre, troubles digestifs, cutanés... Ce syndrome inflammatoire multi-systémique (PIMS) touche les enfants âgés de 4 à 11 ans. Leur état général est très altéré. 88 cas ont été enregistrés en PACA, selon l'ARS, une dizaine à l'hôpital Lenval de Nice.

"Pims", c'est un drôle de nom pour une maladie issue du Covid. Qui n'a rien à voir avec les gâteaux orange-chocolat. 

Depuis 15 jours le "PIMS", un syndrome inflammatoire aigu qui touche l'ensemble des organes, affecte les enfants âgés de 4 à 11 ans.

Ce lundi matin, le docteur Philippe Babe, chef des urgences pédiatriques de l'hôpital pour enfants Lenval de Nice, est plutôt optimiste. Cette épidémie chez les jeunes patients serait en phase descendante. 

Le docteur affirme que le nombre de malades a baissé :  "Le pic, c’était surtout début septembre. On a eu en même temps pas mal d’enfants, une dizaine qui présentaient ce syndrome."

Un syndrome à retardement

Depuis deux semaines, le nombre de jeunes patients admis à Lenval pour ce type de syndrome a chuté. En partie parce que les équipes sont très sensibilisées, "dès qu’un enfant ou un adolescent présente un tableau avec un syndrome inflammatoire, il est vite diagnostiqué."

Un syndrome à retardement. Généralement, les enfants n’ont pas eu de symptôme au moment du Covid mais ils se déclarent six à huit semaines après avoir été en contact avec une personne positive. Lors de la dernière et 4ème vague, le pic d’incidence et de contamination était de 800 pour 100.000 personnes, les enfants ont donc été hospitalisés après ce pic, à la fin de l'été. 

Des immunoglobulines et des corticoïdes

Pour les thérapies, selon le docteur Philippe Babe : "aujourd’hui, c’est au point. Depuis que les tableaux cliniques sont apparus grâce à la société française de pédiatrie et au groupe de réanimation, un protocole a été mis en place."

Dès que le diagnostic est posé, les médecins administrent des immunoglobulines et des corticoïdes "sur des cures relativement courtes." Une thérapie qui présente de bons résultats.

« La plupart des enfants est en rémission avec un suivi à moyen terme pour voir quelle va être l’évolution ». Car, avec ce type de pathologie, le Covid-19, « on est le nez au ras du sol ».

Les deux-tiers sont en soins intensifs 

Voici les symptômes principaux qui peuvent alerter les parents : une forte fièvre, des atteintes cutanées, une grande fatigues et des douleurs diffuses. Depuis la 4ème vague, la fièvre et les problèmes gastriques s’ajoutent à une grande fatigue.

Comme ces symptômes sont aussi les mêmes que ceux d’autres maladies moins graves et très répandues, le docteur précise : si l’asthénie et la fièvre durent au-delà de 5 jours, cela doit entraîner une consultation médicale.

Pour les parents, l’hospitalisation n’est jamais facile à vivre mais « comme le pronostic est bon, les parents sont rassurés », affirme Philippe Babe.

Les jeunes patients ne sont d’ailleurs pas en réanimation mais les deux-tiers sont en soins intensifs afin de surveiller leur rythme cardiaque et suivre le protocole thérapeutique.

Même si chaque cas est différent, l’hospitalisation dure en moyenne entre 8 et 10 jours.

Actuellement, le pic pour le "PIMS"semble sous contrôle, mais le médecin remarque la réapparition des infections classiques de l’automne : gastro-antérites, bronchiolites. 

Comment détecter un cas de "PIMS" ?

Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les enfants et adolescents âgés de 0 à 19 ans présentant une fièvre continue pendant 3 jours ou plus de 3 jours et qui ont au moins deux des signes suivants, doivent alerter les pédiatres : 

L'OMS a établi un questionnaire à usage des praticiens. 

88 "PIMS" sont répertoriés dans la région PACA

Suite à l'alerte lancée par les pédiatres des hôpitaux de l’AP-HP fin avril 2020, Santé Publique France et les sociétés de pédiatrie ont mis en place, une surveillance des cas de myocardite chez des enfants présentant une infection Covid-19.

Sur les 727 cas recensés en France en un an et demi : 88 "PIMS" sont répertoriés dans la région PACA, selon  l'Agence Régionale de Santé. Un jeune patient est décédé.

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