Premier cas de coronavirus dans les Alpes-Maritimes, le point sur la situation

La patiente aurait été prise en charge au CHU de Nice. / © MaxPPP - R. MANTERO
La patiente aurait été prise en charge au CHU de Nice. / © MaxPPP - R. MANTERO

Lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi 28 février à 18h, le préfet des Alpes-Maritimes a confirmé un premier cas de coronavirus dans le département. La patiente, une étudiante de 23 ans, a été prise en charge au CHU de Nice.

Par Camille Nowak

"Son état de santé est bon" a déclaré le préfet Bernard Gonzalez lors de la conférence de presse tenue ce vendredi 28 février à la préfecture des Alpes-Maritimes. La jeune fille revenait d'un séjour à Milan, pour la Fashion Week et aurait eu le "bon réflexe" de se confiner chez elle. Le diagnostic s'est fait par téléphone et le SMUR est intervenu à son domicile avant de la conduire à l'hôpital L'Archet. Pour l'heure, les proches de la patiente n'ont pas déclaré de symptômes. Un test est cependant en cours sur sa mère. 

"Nous avons tout le matériel et les ressources nécessaires" 

Charles Guepratte, le Directeur Général du CHU de Nice a déclaré que les hôpitaux étaient en mesure de gérer la situation, "nous avons tout le matériel et les ressources nécessaires pour cela" a-t-il déclaré lors de cette même conférence de presse. Le préfet a par ailleurs expliqué que la rentrée scolaire se ferait dans le cadre d'un dispositif de vigilance élevée. L'une des principales mesures mises en place sera l'observation d'une période de 14 jours de confinement pour tous les élèves et personnels scolaires de retour de zones à risque. 

Le salon international de l'immobilier (MIPIM) sera-t-il annulé? 

Aux yeux du préfet, la question de l'annulation d'événements culturels, congrès ou conventions se pose. En particulier pour le salon international de l'immobilier de Cannes (le MIPIM), pour lequel Bernard Gonzalez est en disccussion avec le maire de Cannes, David Lisnard concernant l'annulation du congrès. Plus tôt dans la journée, Reed Midem, le groupe qui organise l'événement avait pourtant publié un communiqué de presse confirmant la tenue de cet événement censé se dérouler du 10 au 13 mars prochain. 

Ce cas de coronavirus avait été annoncé dans un premier temps sur le compte Twitter du maire de Nice, Christian Estrosi. Cette information n'avait pas été confirmée par l'Agence Régionale de Santé. 
 
 

Réactions politiques


Plus tôt dans la journée, le député Les Républicains de Nice Éric Ciotti, avait appelé sur son compte Twitter, au "renforcement des moyens du personnel hospitalier, à des contrôles, informations systématiques aux frontières. Je regrette le retard dans la mise en place des tests à Nice annoncés mardi et toujours inopérants".

Le maire de Cannes, David Lisnard avait quant à lui déclaré dans un communiqué : "Une Cannoise serait la première azuréenne à avoir été identifiée comme porteuse du CORONAVIRUS COVID 19. Au moment où j’écris ces lignes, après plusieurs échanges avec le Préfet des Alpes-Maritimes et le Responsable de l’ARS (Agence Régionale de la Santé), j’ignore encore son identité. Son état de santé serait satisfaisant et ne nécessite pas d’inquiétude d’après les autorités sanitaires".
 

Il précise également, "Depuis dimanche dernier 23 février, j’ai constitué une cellule municipale de crise et d’anticipation, réunissant les services municipaux et les professionnels locaux de la santé, en lien permanent avec les services compétents de l’Etat dont l’ARS".
 

Mesures au CHU de Nice


Chambres d'isolements, parcours sécurisé... dans les hôpitaux de Nice, les services ont mis en place un dispositif pour faire face au coronavirus. 

Une unité spéciale a été ouverte à l'Hôpital l'Archet, elle comprend 10 chambres. Le délégué départemental de l’Agence régionale de santé, Romain Alexandre a déclaré, "pour les Alpes-Maritimes, le centre hospitalier universitaire de Nice a été désigné l’établissement de première ligne et nous avons également quatre établissements de seconde ligne, Cannes, Grasse, Antibes et l'institut A. Tzanck".  

Par ailleurs, "dès lors qu’un cas est confirmé, l’ARS mène un contact-tracing, on va remonter tous les cas contacts autour du patient. Dès qu’ils ont été identifiés, les personnes seront testées, ajoute Romain Alexandre. Si les personnes sont suspectées elles seront confinées chez elle avec une surveillance via l’ARS". A l'heure actuelle, il n'y a plus que six cas contacts suivis en France. 

Il précise également qu’en cas d’évolution de la situation, un système de confinement pourra être mis en place (fermeture d’écoles, de lieux publics…). 
 

Des masques volés à l'hôpital Pasteur 

Les masques de protection de bloc opératoire de l'hôpital Pasteur de Nice ont été volés, ce vendredi 28 février. Le personnel de l'hôpital dénonce "une psychose" et un "comportement irrationnel" des gens, inquiets de la propagation du coronavirus.

Le reste du matériel médical de l'hôpital a été mis sous clé.
 

143 élèves "mis à l'écart" à Sciences Po Menton


À Menton, 143 élèves du campus Sciences Po ont été "mis à l'écart" depuis mardi, explique la directrice de l'établissement, Yasmina Touaibia. Il leur est demandé de rester chez eux car ils ont voyagé dans des zones à risque récemment. 

"Des cours à distance sont mis en place, pour ne pas perturber la scolarité de ces étudiants", ajoute la directrice. Visio-conférence, cours enregistrés, skype avec les enseignants... l'objectif est de permettre à ces jeunes de continuer à travailler. Yasmina Touaibia précise également, "on tient à ce que les étudiants et les Mentonnais ne paniquent pas, c'est simplement une mesure préventive". 
 

Plateforme téléphonique

Le ministère des Solidarités et de la Santé a activé depuis le 1er février la plateforme téléphonique d’information "Nouveau coronavirus". Cette plateforme téléphonique, accessible au 0800 130 000 (appel gratuit depuis un poste fixe en France, 7 jours sur 7, de 8 h à 21 h) permet d’obtenir des informations sur le COVID-19 et des conseils.

En cas de doute, pour les personnes qui ont séjourné dans une zone où circule le virus et qui ont des symptômes évocateurs (fièvre, toux, difficultés respiratoires), il est rappelé qu'il ne faut pas se rendre chez son médecin mais qu'il faut appeler le SAMU Centre 15, qui les orientera.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus