Coronavirus : le Carnaval de Nice et la Fête du Citron de Menton annulés par précaution

La dernière sortie du carnaval de Nice est suspendue a annoncé Christian Estrosi. / © MaxPPP - Dylan Meiffret
La dernière sortie du carnaval de Nice est suspendue a annoncé Christian Estrosi. / © MaxPPP - Dylan Meiffret

Face à la menace du coronavirus, les autorités et les personnels de santé se préparent à faire face au virus dans le département. Christian Estrosi, le maire de Nice, vient d'annoncer l'annulation du carnaval par mesure de précaution. Une décision suivie par le maire de Menton, Jean-Claude Guibal.

Par Camille Nowak

A titre préventif, Christian Estrosi, maire de Nice, vient tout juste d'annoncer l'annulation du carnaval. Ainsi, la bataille de fleurs et le corso nocturne prévus ce samedi, sont annulés. Le roi sera en revanche malgré tout, brûlé ce dimanche mais le feu d'artifice annulé également. 
 

Avec le rapprochement géographique de ce que nous ont annoncé les autorités italiennes voisines, je préfère annuler la dernière sortie de samedi prochain, déclare Christian Estrosi.


Le maire précise cependant, "qu'aucun cas de coronavirus n'a été détecté" jusqu'à présent à Nice. Par ailleurs, la ville de Menton, sur son compte Twitter, annonce également l'annulation de la Fête du citron. Des manifestations étaient prévues jusqu'au dimanche 1er mars.  
 


En revanche, six cas suspects ont été pris en charge à l'hôpital l'Archet a annoncé le CHU de Nice, ce mercredi 26 février. Ils ont été testés au coronavirus COVID-19, les résultats sont attendus en fin de journée. Les tests ont été envoyés à Marseille, le CHU de Nice pourra en effet, pratiquer ces tests uniquement à partir de vendredi.

Les mesures au CHU de Nice 


Lundi 24 février dernier, suite à l'annonce de nombreux cas en Italie, un important dispositif a été mis en place dans le département des Alpes-Maritimes, afin de se préparer à une potentielle épidémie. Les services de santé en relation avec les autorités ont pris différentes mesures pour pouvoir enrayer cette menace. 

Au CHU de Nice, le dispositif a été détaillé hier, mardi 25 février, lors d’une conférence de presse organisée. Chambres d'isolements, parcours sécurisé... les hôpitaux sont prêts à faire face à une éventuelle menace. 
 
Les recommandations affichées sur les portes de l'hôpital l'Archet. / © FTV - Emma Arnau
Les recommandations affichées sur les portes de l'hôpital l'Archet. / © FTV - Emma Arnau
 

"Je n’ai pas de raison d’être inquiet"


Le docteur, Eric Cua, également présent à cette conférence a souhaité lui rassurer sur la propagation de ce virus : "Je ne m’inquiète pas, je n’ai pas de raison d’être inquiet. Bien sûr que l’on aura probablement des cas en France et que la pandémie sera probable mais il n’y a pas à être inquiet plus que cela".

Selon lui, cette inquiétude grandissante serait en partie liée à un effet de nouveauté, il précise : "il y a  ce mystère qui vient de l’étranger mais c’est un virus que l’on connaît bien, les coronavirus ça a toujours été des virus respiratoires, ce n’est pas une nouveauté".
 

Mesures de confinement


Selon ce docteur, une personne infectée peut en moyenne transmettre le virus à 6-8 personnes de son entourage, soit un peu plus que la transmission de la grippe. Pour éviter une propagation du virus, il faut mettre en oeuvre, "des mesures de protection élémentaires. Cela signifie qu'à partir du moment où on a des signes de problèmes respiratoires on est potentiellement porteur d’une maladie virale, que ce soit le coronavirus, la grippe ou un autre virus. Le bon sens, le civisme c’est de se mettre un petit masque chirurgical qui protège votre entourage de vos sécrétions respiratoires", recommande l'infectiologue Eric Cua. 

Pour l'heure des mesures de confinement ont été prises en France. Par prévention, il est demandé aux personnes ayant voyagé récemment dans un pays concerné par une épidémie de coronavirus - Chine, Singapour, Corée du Sud, ou également les régions concernées en Italie - de rester chez eux pendant 14 jours. 
 

Ainsi, les Ministères de la Santé et de l'Education Nationale recommandent de placer à l'isolement les élèves ayant voyagé dans des zones fortement touchées par le coronavirus. À Mougins, l'école de danse Rosella-Hightower a appliqué ces consignes de prévention. Au total, cinq élèves italiennes de retour en France ont été placées en confinement hier, mardi 25 février. 
 

Des cours par vidéo 

Dans cette école, ils sont 200 élèves dont la moitié en internat, pour les jeunes filles placées en confinement de l'internat, le quotidien est bouleversé. Malgré tout, il faut suivre les cours, et surtout préparer le spectacle de fin d'année.  Pour les cours, c'est par vidéo grâce au téléphone que cela se fait. Pour la danse, en revanche, une salle leur est réservée le soir, pour répéter. 

Elles doivent au total patienter 14 jours, jusqu'à la fin de la période d'incubation avant de pouvoir retrouver les studios de l'école. 
 
A l'école de danse de Mougins, les élèves ont repris les cours sans les jeunes filles placées en confinement. / © FTV - Laurent Verdi
A l'école de danse de Mougins, les élèves ont repris les cours sans les jeunes filles placées en confinement. / © FTV - Laurent Verdi

Pris par le gouverment cette semaine, ce décret concerne les personnes ayant séjourné dans une zone à risque, ou qui ont été en contact avec une personne infectée par le coronavirus. Les adultes sont par conséquent aussi concernés, ils doivent "éviter toute sortie non indispensable".
 

Quid des salariés ? 


Il est ainsi demandé aux salariés de privilégier le "télétravail" dans la mesure du possible. Mais pour les personnes qui ne peuvent pas, un décret paru au Journal Officiel le 1er février dernier prévoit que les personnes contraintes d’être placées à l’isolement pour ne pas transmettre le coronavirus ont la possibilité d’être indemnisées grâce à un arrêt de travail.

"Les assurés qui font l'objet d'une mesure d'isolement, d'éviction ou de maintien à domicile et se trouvent dans l'impossibilité de travailler peuvent bénéficier, au titre de cet arrêt de travail, des indemnités journalières", prévues par le Code de la sécurité sociale, précise le décret.

Par ailleurs, il prévoit également que ces personnes ne sont pas soumises au délai de carence. Elles seront par conséquent indemnisées dès le premier jour de leur arrêt maladie. En revanche, l'arrêt maladie doit être délivré par un médecin agréé par l'Agence régionale de santé. Dans les Alpes-Maritimes, il y a plus de 100 médecins généralistes agréés. La liste complète à retrouver ici.

Le maire de Nice, Christian Estrosi a de son côté recommandé ce mercredi 26 février, lors d'une réunion organisée au CHU, "il est important que tous ceux qui sont à la tête d’une entreprise, assument leur responsabilité à ce niveau. Je les invite à prendre les précautions nécessaires vis-à-vis des salariés qui se seraient déplacés".
 

Quels sont les symptômes du coronavirus ?

Les symptômes décrits évoquent principalement une infection respiratoire fébrile. Certains cas présentent également des difficultés respiratoires et des anomalies pulmonaires.

D’une manière générale pour les infections à coronavirus, dans les cas plus sévères, le patient peut être victime d’un syndrome de détresse respiratoire aigu, d’une insuffisance rénale aiguë, voire d’une défaillance multi-viscérale pouvant entraîner un décès.
 

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