Prestation de La Zarra, nouvel album et future tournée : entretien avec le duo Madame Monsieur au lendemain de l'Eurovision

Madame Monsieur a porté les couleurs de la France - et de la Côte d'Azur - sur la scène du concours de l'Eurovision en 2018. Au lendemain de la prestation de la Québécoise La Zarra, c'est l'occasion de convoquer ce souvenir, mais aussi de parler de leur actualité composée d'un nouvel album et d'une tournée.

Emilie Satt et Jean-Karl Lucas ont veillé tard cette nuit pour découvrir le palmarès de l'Eurovision. Un rendez-vous annuel qu'ils connaissent bien pour y avoir participé en 2018, grâce à la chanson Mercy.

"On a regardé l’annonce des résultats", nous assure le duo musical ce dimanche 14 mai, qui ont été donnés bien après minuit, ponctuant une soirée de prestations orchestrée depuis Liverpool ce samedi soir.

Emilie Satt, la chanteuse dont la maison familiale se situe entre "Carros et Vence", dans les Alpes-Maritimes, n'a pas manqué d'apprécier la présence de la chanteuse québécoise qui représentait la France cette année. "Sa prestation, on l’a regardé, on était plutôt motivés par la chanson et personnage de La Zarra". 

Jean-Karl Lucas estime qu'"elle a fait une performance très eurovisionnesque, que ce soit sa capacité vocale, la mise en scène". Une prestation à la hauteur de l'évènement : "L’Eurovision, c’est un concours de chansons, mais c’est aussi un show. Il faut jouer le jeu et franchement, elle a assuré et mis toutes les chances de son côté."

Arrivée 16e, La Zarra et sa chanson Evidemment n'ont pas eu les faveurs des votes.

C'est la Suédoise Loreen - qui chante en anglais-, et sa chanson Tatoo, qui remporte cette édition. Une candidate qui a su séduire la chanteuse de Madame Monsieur.

J’étais très motivée par la Suède et la Finlande. C’était des personnes hyper sincères, avec des chansons complètement possédées. Je pense que c’est cela que les gens attendent quand ils regardent l’Eurovision, c’est de voir des gens qui y croient eux-mêmes et qui sont à fond dans ce qu’ils font et qui prennent au sérieux le concours.

Emilie Satt

Son âme soeur - le duo est un couple à la ville et un duo sur scène - reconnait les qualités des groupes d'Europe du Nord quand il s'agit de concourir pour cette Grand-messe annuelle de la chanson.

C’est sûr que les Suédois, ce n’est pas une surprise. Ils sont toujours très très fort. Pour eux, l’Eurovision c’est très sérieux. Ils y vont toujours pour gagner.

Jean-Karl Lucas

Pour Emilie, impossible de prendre les paris avant ce type soirée : "C’est ça qui est génial avec l’Eurovision, on ne peut vraiment rien anticiper. Cela peut être Netta ou Maneskin qui gagne, ou Salvador Sobral. Là dessus, il n’y a pas de formatage".

Exception culturelle

Cette année, la France a été représentée par une chanteuse francophone. Bien que le français soit l'une des deux langues officielle du concours, avec l'anglais. Cette expression dans la langue de Molière serait-elle un frein pour les interprètes qui représentent les chances tricolores ? Pas pour Jean-Karl : "C’est sûr que de chanter en français c’est forcément se priver de faire comprendre la chanson à une grosse part qui regarde l’émission. Barbara Pravi a montré que c’était possible, avec une chanson en français elle finit deuxième, derrière Maneskin qui est un phénomène mondial absolu qui l’a battue. Donc c’est possible".

L’Eurovision c’est très difficile de faire des pronostics, cela dépend de ce que les gens ont envie d’entendre à ce moment-là. Le principal c’est d’être fier de ce que l’on fait, de son message.

Jean-Karl Lucas

Chanter en français lorsqu'on représente l'Hexagone reste tout de même incontournable pour la voix de Madame Monsieur : "J’aurais du mal à imaginer la France se présenter avec une chanson en anglais. J’ai un peu de mal à le concevoir.

L'aventure de Mercy

Au Portugal, en 2018, Madame Monsieur interprète Mercy lors de la 63e édition du concours de l'Eurovision. Cette année-là, ils terminent treizièmes et cumulent 173 points. La chanson Toy, de l'Israélienne Netta remporte la première place.

Un souvenir rare pour ces artistes qui se sont produits à l'Altice Arena de Lisbonne, une salle qui peut accueillir 20.000 personnes. "C’est une scène qui est hors normes, la difficulté est de l’utiliser au mieux pour que, lorsque les gens voient votre chanson pour la première fois, ils en prennent plein les yeux" se souvient Jean-Karl Lucas.

"Pour nous, c’était compliqué à appréhender, car on a rarement l’habitude de jouer sur ce type de scène, mais le soir de l’Eurovision, ce n’était pas la première fois qu’on y jouait la chanson. Pendant dix jours, on a répété sur cette scène dans les conditions du direct, donc on est vraiment  dans son salon le soir de l’émission, quasiment (rires)" poursuit Monsieur.

Le couple aborde ce concours avec une chanson lourde de sens qui évoque Mercy, une jeune fille née "Au milieu de la mer, Entre deux pays". Une chanson qui aborde le sort des migrants en Méditerranée et qui détonne alors.

"Pour nous, c’était particulier. Avec le thème de la chanson, on voulait quelque chose de très sobre, qui n’est pas forcément compatible avec ce que demande l’Eurovision si on veut truster les premières places. On est très fiers d’avoir pu chanter cette chanson là, de cette manière là, et de porter ce beau message devant toute l’Europe, même s’il n’a pas été compris manifestement par tout le monde ce soir là." détaille Jean-Karl.

Une seconde participation à l'Eurovision

Madame Monsieur, ce n'est pas une, mais deux participations au concours européen. L'année suivante, c'est Bilal Hassani qui est choisi pour représenter la France. Avec le titre Roi, Emilie Satt et Jean-Karl Lucas oeuvrent une nouvelle fois en faveur de la candidature tricolore. 

"La chanson, on l’a écrite avec lui. Je me souviens, c’était dans notre studio de Saint-Denis à ce moment-là. C’est vraiment la magie d’une chanson qui fait que l’on se dit qu’elle peut allait à l’Eurovision." se remémore Emilie Satt qui a suivi Bilal Hassani, "jusqu’à Tel Aviv", où l'émission s'est tenue.

Elle a pour ainsi dire donner de la voix deux ans d'affilée pour l'Eurovision, une rareté : "Je faisais les choeurs derrière avec lui en live. J’étais sur scène avec lui, même si on ne me voyait pas. J’ai vraiment essayé d’être avec lui, jusqu’au bout."

Un épisode difficile pour le jeune chanteur, victime de cyber-harcèlement. "Nous on a connu un déferlement d’opinions à travers tous les réseaux sociaux avec notre chanson Mercy, mais alors Bilal, c’était puissance 10. Avec ce qu’il représente, et ce que la chanson dit, le fait d’être soi et d’essayer de vivre sa vie le plus tranquillement possible alors que l’on veut juste être soi-même." 

Une décennie de carrière

Madame Monsieur fête cette année les 10 ans de sa formation. Il y a quelques semaines, nouvel album est sorti : Emmêler nos solitudes. Un opus dont ils ont livré les coulisses, en vidéo.

"C’est note troisième album, il est un peu plus personnel, il va un peu plus au fond des choses parce qu’on la vraiment fait, Jean-Karl et moi, tous les deux. On l’a écrit, composé, réalisé chez nous. On a essayé d’aller le plus précisément possible dans la retranscription de nos émotions, de parler un peu plus de nous en tant qu’individus. On s’est souvent exprimés en tant qu’entité, Madame Monsieur, et là, on a parlé un peu plus de nos états d’âmes personnels, d’Emilie, de Jean-Karl. C’est pour cela que l’on s’est permis aussi d’accompagner l’album collector de lettres, de 80 pages de photos et d’archives que l’on a voulu partager avec le public". 

L'occasion de revenir sur leur parcours privé et professionnel pour Jean-Karl Lucas : "Dans les textes du coffret, on raconte notre première rencontre, comment la musique a toujours été au centre de notre histoire d’amour, et cela nous semblait intéressant de raconter cela, y compris d’avoir vécu des choses aussi dingues que l’Eurovision, mais tout le temps ensemble en fait." 

Après un premier single, Tour Eiffel, qu'ils ont eu "la chance de tourner" sur l'édifice parisien, un deuxième extrait ne devrait pas tarder.

"C’est une histoire d’amour qui parle de l’amour toxique qui nous a été inspirée par une jeune fille dans un train. C’est inspiré de quelque chose que l’on a saisi au vol. Le prochain single qui va paraître, c’est un duo avec les Frangines, c’est une chanson qui s’appelle Pupille, qui parle des enfants nés sous X, très largement inspirée par le film de Jeanne Herry" explique Emilie Satt.

Le retour sur scène pour Madame Monsieur pour présenter au public les 11 titres d'Emmêler nos solitudes est déjà d'actualité. "On a fait quelques dates parisiennes, et on attend des dates pour la rentrée que l’on communiquera prochainement." se réjouit la chanteuse du duo, ravie de donner déjà rendez-vous aux Azuréens. Madame Monsieur, se produira à Roquefort-les-Pins le 4 août prochain.

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