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Prison avec sursis pour le conducteur du tramway de Nice accusé d'homicide involontaire

Le conducteur d'une rame du tramway de Nice a été condamné ce jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice dans le cadre d'un accident qui avait coûté la vie à une personne en 2015.
Une rame du tramway de Nice place Masséna.
Une rame du tramway de Nice place Masséna. © France 3 Côte d'Azur
"Cela ressemble fort  à une parodie de Justice. Ce jugement rendu avec une sanction symbolique témoigne de la volonté d'enterrer le dossier et tous les problèmes qu'il pose" a déclare Me Jacques-Philippe Lammens, avocat du conducteur, après avoir pris connaissance du jugement.

Une peine "symbolique"


Le conducteur de tramway a comparu devant le tribunal correctionnel de Nice pour homicide involontaire. Ce jeudi, il a été reconnu coupable et a été condamné à six mois de prison avec sursis.

En 2015, un usager du tramway est mort après l'enclenchement du freinage d'urgence, très brutal, de la rame qu'il conduisait. 

Ce jugement est aussi difficile à supporter pour la famille qui cherche "les responsables". 

"La famille a été hallucinée. Manifestement la justice n’a pas besoin de connaître la vérité pour trancher", s'exclame Me Yannick Le Maux, avocat de la famille du passager décédé.


"Le parquet nous a dit qu’il ne pouvait pas requérir et qu’il n’avait pas assez d’éléments pour condamner le chauffeur. Le tribunal n’a pas tenu compte de cela" explique Me Yannick Le Maux, avocat de la famille du passager décédé.

En 25 ans d'activité, Me Céline Alinot, l'avocate de la CGT Ligne d'Azur n'a jamais vu ça. Le tribunal a refusé un complément d'enquête ou d'instruction demandé par l'ensemble des avocats. "C'est aussi une atteinte aux usagers, ce sont eux qui sont en danger", s'est exclamée Me Céline Alinot.

Ce reportage explique le fonctionnement du freinage du tramway et revient sur l'accident.


La conception du tramway de Nice, et l'éventuelle responsabilité de son fabricant, Alstom, ont aussi été évoquées lors de ce procès.


Retour sur l'accident


Lors de l'accident survenu en avril 2015, Jacques Burgède, 76 ans, avait fait une glissade de plus cinq mètres à l'intérieur de la rame, et sa tête avait heurté un poteau. Il était décédé après cinq jours passés à l'hôpital.

En 2012 à Montpellier, un freinage similaire avait déjà fait chuter un retraité de 72 ans, qui était lui aussi mort après un choc violent reçu à la tête dans l'accident.

De nouveaux systèmes de freinage pour les prochaines lignes


A Nice, depuis l'accident de 2015, le système de freinage est toujours le même. Des changements sont cependant prévus sur les futures lignes 2 et 3 du réseau de tramway, et sur les anciennes rames au fur et à mesure de leur révision.

"Demain il y aura quatre niveaux de freinage possibles (...) au lieu de deux actuellement", a indiqué Philippe Pradal, premier adjoint au maire LR Christian Estrosi.


"Cela n'empêchera pas que déclencher un freinage d'urgence, même atténué, a des conséquences à l'intérieur de la rame", a rappelé Philippe Pradal, premier adjoint au maire LR Christian Estrosi..

L'avocat du conducteur a expliqué pour l'instant que son client n'a pas décidé s'il comptait faire appel.

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