Racisme et carton rouge : une commission de discipline très Balotelli

Balotelli, le 18 février 2017, après son carton rouge lors du match Lorient-Nice / © LOIC VENANCE / AFP
Balotelli, le 18 février 2017, après son carton rouge lors du match Lorient-Nice / © LOIC VENANCE / AFP

Victime de cris de singe fin janvier à Bastia, expulsé samedi 19 février à Lorient pour des mots envers l'arbitre : la star italienne de Nice Mario Balotelli sera au coeur de la commission de discipline de la Ligue (LFP) jeudi 23 février.

Par AFP


"Au vu de la gravité des faits", la commission avait ouvert sa propre instruction le 26 janvier, au lendemain de l'ouverture d'une enquête de la justice civile pour "incitation à la haine raciale". Au lendemain du match Bastia-Nice (1-1) disputé le 20 janvier et comptant pour la 21e journée de Ligue 1, Balotelli, attaquant italien d'origine ghanéenne, avait accusé une partie du public corse d'avoir "fait des bruits de singe (...) pendant tout le match".
"Est-ce que le racisme est légal en France? Ou seulement à Bastia?", s'était-il demandé sur son compte Instagram.

La LFP avait le même jour condamné "avec la plus grande fermeté les auteurs de ces agissements, qui n'ont rien à faire dans un stade de football". Le club de Bastia avait par la suite fait savoir qu'un quadragénaire s'était dénoncé auprès de lui, et qu'il lui avait désactivé son abonnement au stade. "Plusieurs individus ont effectué des cris de singe", avait précisé le club corse, dénonçant des "comportements stupides et inacceptables".

Nice ménage Bastia

L'éventail pour des sanctions pour "comportement antisportif", applicable également aux actes de supporters, est large, du rappel à l'ordre au retrait de point(s) en passant par le huis clos partiel ou total, notamment. Le président de Nice, Jean-Pierre Rivère, avait ménagé le club de Bastia et réclamé des "sanctions très lourdes, et ciblées" sur les individus.

"Ce n'est pas en sanctionnant toute une tribune, tout un stade, ou tout un club, que nous réglerons le problème", avait estimé le dirigeant niçois trois jours après le match en question. Lequel match avait connu une affaire dans l'affaire impliquant le même Balotelli: l'entraîneur du SCB, François Ciccolini, avait été filmé en marge du match en train d'insulter l'Italien: "Tu crois que j'ai peur de toi ? Casse-toi! Va te faire enculer!" Il avait ensuite expliqué avoir agi ainsi car le joueur avait "insulté" sa mère.

Le club bastiais est un habitué de la commission de discipline. Le 26 janvier, jour de l'ouverture de l'instruction sur les cris de singe, il avait écopé d'un huis clos partiel sur deux rencontres (dont une par révocation de sursis) à la suite du match contre Marseille du 21 décembre 2016 (1-3), lors duquel avaient été allumés de nombreux fumigènes.

Nouveau coup d'arrêt

Comme pour tous les cartons rouges, la commission de discipline doit aussi se prononcer sur celui reçu par l'Italien à Lorient samedi (victoire de Nice 1-0) pour avoir prononcé des paroles jugées répréhensibles par l'arbitre Tony Chapron, après un duel musclé entre l'attaquant et le stoppeur breton Zargo Touré.

Il s'agit du deuxième carton rouge de la saison pour Balotelli. Celui qu'il avait reçu contre Bordeaux (0-0) fin décembre, pour un coup de pied contre un adversaire, lui avait valu deux matches ferme de suspension. Même si l'enfant terrible du foot italien (26 ans) n'écopait jeudi 23 février que du match de suspension automatique, le privant de la réception de Montpellier vendredi24 févrer, ce nouvel épisode disciplinaire fait figure de nouveau coup d'arrêt pour un joueur à la saison déjà tronquée par des blessures et qui devait profiter de l'absence d'Alassane Plea, meilleur buteur du club (11 buts en L1) indisponible jusqu'à la fin de la saison sur blessure.

"Super Mario" (9 buts en 14 matches de L1) avait retrouvé une place de titulaire à Lorient après avoir été écarté du groupe à Rennes (2-2) le week-end précédent, officiellement parce qu'il était "fiévreux", au bout d'une semaine où son manque d'investissement à l'entraînement et sur le terrain avait été pointé au sein du Gym.
Il s'était ensuite remis dans le bon sens, selon son entraîneur: "Je trouvais que cette semaine, il avait fait des progrès à l'entraînement, il était beaucoup plus impliqué", a souligné Lucien Favre à l'issue du match à Lorient, en se montrant fataliste sur le carton rouge: "Qu'est ce que vous voulez que je vous dise? C'est fait, c'est fait".

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