Sophia-Antipolis : des chercheurs de Géoazur analysent le tremblement de terre de la Drôme

Au lendemain du séisme qui a touché le Teil dans la Drôme, des sismologues de Géoazur (Alpes-Maritimes) sont partis à proximité de l'épicentre pour capter d'éventuelles nouvelles secousses. La région PACA est la plus soumise au risque sismique en France, tant en termes d'étendue que d'intensité.
 

Au laboratoire Géoazur de Sophia-Antipolis, des chercheurs analysent les données recuellies après le séisme qui s'est produit dans la Drôme le 11 novembre 2019.
Au laboratoire Géoazur de Sophia-Antipolis, des chercheurs analysent les données recuellies après le séisme qui s'est produit dans la Drôme le 11 novembre 2019. © Séverine Neuquelman - FTV
Vous n'avez probablement pas ressenti le tremblement de terre de la Drôme jusque sur la Côte d'Azur. Pourtant, l'épicentre n'est situé qu'à 300 kilomètres des Alpes-Maritimes. Il a été évalué à 5,4 sur l'échelle ouverte de Richter (9 est la limite supérieure maximale jamais observée). Les géologues ont repéré la première onde sismique à Isola 2000. 

Eventuelles vibrations

Normalement, après un tremblement de terre, se produisent des répliques. L'occasion d'étudier d'un peu plus près ce phénomène géologique.
Ce mardi matin, les sismologues acheminent depuis Grenoble et Nice une trentaine de capteurs sur place pour mesurer plus finement les éventuelles vibrations.

Les séismes sont enregistrés par le laboratoire Géoazur, basé à Sophia-Antipolis. Françoise Courboulex, directrice de recherche au CNRS précise que ce tremblement de terre est l'occasion de sonder les sols : 

C'est pour ça on qu'on a envoyé des équipes assez rapidement sur le terrain pour pouvoir préciser sur quelle faille et à quelle profondeur.

 24 heures après, nouvelle alerte... en Alsace ! Des secousses ont eu lieu en début d'après-midi à proximité de Strasbourg, ce mardi 12 novembre 2019. Le site du Réseau national de surveillance sismique indique un enregistrement de magnitude 3,3.

Zone de sismicité moyenne

Principale conséquence du tremblement de terre du Teil : l'arrêt des réacteurs de la centrale de Cruas. Comme le montre cette carte qui répertorie ce "double-risque" : les centrales nucléaires en activité et les zones sismiques :  En région PACA, un quart de la région est classée en zone de sismicité moyenne (zone 2). Le reste est classé en zone de sismicité faible, très faible ou négligeable. La région est la plus soumise au risque sismique en France, tant en termes d'étendue que d'intensité. Sur ce tweet de Géoazur, se trouvent les différentes failles potentiellement actives :  Selon la rédactrice de Science et Vie, Carole Chatelain, il s'agirait d'une "faille associée à celle (mieux connue) des Cévennes qui s'est rompue" :  Dernier tremblement de terre en date dans la région : le séisme de magnitude 5 au nord de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence).  Il a eu lieu le lundi 7 avril 2014 à 21h27, au niveau de la commune de Saint-Paul-sur-Ubaye, à une quinzaine de kilomètres au nord de Barcelonnette. C'était le séisme le plus important en France depuis 10 ans. Un séisme largement ressenti, mais sans dégâts sérieux
 
Les différents tremblements de terre
  • Lambesc (Bouches-du-Rhône) le 11juin 1909 a été le plus meurtrier en métropole : 46 morts et plus de 1500 constructions endommagées.
  • La zone de Manosque a subi aux 18ème et 19ème siècles des séismes d'intensité forte. La faille de la moyenne Durance encore très active, fait l'objet de nombreuses études et surveillances.
  • Au large de la Ligurie, au 19ème siècle, en 1887 : l'épicentre était situé en mer. Le séisme avait touché au total près de 80.000 habitants et causé la mort de plus de 600 personnes.
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