Témoignage. Il a perdu sa fille dans l'attentat de Nice et dénonce la raillerie d'un policier

Publié le Écrit par Coralie Becq

Alors qu'il a perdu sa première fille dans l'attentat de la Promenade des Anglais en 2016, Thierry Vimal se dit victime d'une raillerie de mauvais goût par un policier qui lui affirme à tort que le collège de sa deuxième fille a explosé.

Une "raillerie" à l'impact dévastateur, c'est ce que dit avoir vécu ce père de famille. Déjà endeuillé par la perte d'une de ses filles (âgée de 12 ans) lors de l'attentat du 14 juillet 2016, Thierry Vimal croit être en train de perdre la deuxième à cause d'une blague de mauvais goût d'un policier. 

Le père de famille circulait à moto ce vendredi 5 avril à Nice, lorsqu'il tombe sur un barrage en direction du lycée de sa fille (lycée Masséna en centre-ville).

Des véhicules de police et de pompiers sont sur place. Très inquiet, il s'arrête et s'adresse au policier municipal.

En quelques minutes, tout bascule, l'état de stress de ce père de famille est à son maximum lorsqu'il demande ce qui se passe en expliquant le contexte, qu'il est très angoissé depuis qu'il a perdu sa fille dans l'attentat du 14 juillet. Le policier municipal lui aurait dit "Une bombe a explosé dans le lycée, puis un hélicoptère s’est crashé dessus".

Thierry Vimal est alors effondré, il demande confirmation, il n'y croit pas, mais le souvenir de l'attentat le plonge dans le désarroi : "je me dis, non ! Ça recommence..."

Il m'a finalement dit moqueur "Ce n’est qu’un début d’incendie. Circulez."

Thierry Vimal

à France 3 Côte d'Azur

Dans une lettre ouverte qu'il adresse au maire de la ville de Nice, Christian Estrosi, il explique avoir arrêté sa moto pour descendre et c'est seulement à ce moment-là que le policier aurait tempéré : "Ce n’est qu’un début d’incendie. Circulez."

Thierry Vimal a eu beaucoup de mal à reprendre ses esprits :" Mon immense soulagement n’a pas suffi à me faire récupérer mes esprits. J’ai expliqué que je n’étais plus en état de conduire, mais plutôt à la limite de m’effondrer sur le sol. Moqueur, il m’a conseillé de m’effondrer du bon côté de la moto."

Pour Thierry Vimal précise qu'il ne critique pas la police municipale, mais bien le comportement d'un individu qui visiblement n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation : "Espérons, tous, que cet agent soit un effectif isolé, plutôt qu’un échantillon représentatif d’un corps de police supposé nous protéger en ces temps d’alerte maximale.

J’ai une pensée à l’égard de policiers municipaux et nationaux entendus témoigner à la barre, lors du procès de 2022, à leur douleur et à leur dignité, au récit de leurs actes de bravoure, à leur sens du devoir, à l’impact de cette nuit d’horreur sur leurs vies : bouleversements familiaux, psychiques, professionnels.

Franck Vimal.

La mairie a réagi, une enquête administrative est en cours pour auditionner les policiers présents sur le dispositif. Des sanctions seront prises s'il s'avère que ces propos ont été tenus.

Thierry Vimal avait publié en 2019 un livre intitulé  "19 tonnes", le poids du camion qui a tué sa fille lors de l’attentat du 14 juillet sur la Promenade des Anglais.

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