Témoignages. Menaces d’attentats : "un message aussi violent ne laisse personne de marbre parce que ça touche nos enfants"

Publié le Écrit par Laure Bolmont

Lundi 25 mars, peu avant minuit, des messages à caractère terroriste ont inondé les collèges et lycées de Provence, menaçant de les faire exploser. Ce piratage informatique de l'espace numérique de travail (ENT) de certains élèves fait réagir les parents.

"Mon fils m'a appelée, maman, j'ai peur, il y a des policiers partout, je lui ai dit, rentre tout de suite". Mathilde* a réagi sans réfléchir quand son fils, Victor*, élève au lycée Jean Lurçat à Martigues (Bouches-du-Rhône) l'a prévenue, à son arrivée devant les grilles de l'établissement ce mardi 26 mars à 8 heures. Très vite, l'information circule sur les réseaux sociaux des élèves et des parents : des messages à caractère terroriste ont inondé les établissements scolaires de Provence, menaçant de les faire exploser. À l'origine de cette cyberattaque, des comptes d'élèves piratés, comme cela s'est produit dans les établissements franciliens ces derniers jours.

Menace d'explosion et de décapitations

Victor, 16 ans, raconte : "Le proviseur nous a dit que la situation était sous contrôle, mais beaucoup d'élèves ont échangé sur les groupes de classe et ne sont pas venus parce que cela les angoissait". D'autant, précise-t-il, que ce mail reçu sur l'ENT (Espace numérique de travail) de certains élèves, comportait "un appel à se rallier". L'auteur de cette menace d'explosion et de décapitations, indiquait en effet "vouloir trouver des acolytes" pour "mener à bien ce projet".

Mathilde a pris très au sérieux ce qu'elle envisage comme un "risque de contagion". Pour cette maman de deux enfants, habitante d'un petit village de pêcheurs voisin, " la tension actuelle est telle, que l’on n'est pas à l'abri d'un coup de folie individuel et isolé."

"Ne paniquons pas"

À Martigues, Éléonore* et sa fille Lilou*, élève de terminale, ont découvert le message la veille au soir vers 23h30, tandis que la jeune fille, sur son ordinateur, révisait encore son bac blanc prévu ce mardi matin. Face à sa fille "terrorisée", Éléonore a immédiatement appelé la police qui lui a appris que de nombreux appels arrivaient de tout le département. "Milles idées et questions me sont venues à l'esprit", raconte cette mère de famille, "un tel message ne laisse personne de marbre, parce que c'est violent et que cela touche nos enfants". 

Dans la foulée, plusieurs messages du chef d'établissement ont été adressés aux familles pour les tenir informées et les rassurer, indiquant en substance : "Nous sommes confrontés à la même tentative de déstabilisation que nos collègues des académies parisiennes et des Hauts-de-France en fin de semaine" assortis d'un appel au calme, "ne paniquons pas, car c'est l'effet recherché, désolé pour ce climat anxiogène". 

"Il faudrait avoir le courage d'annuler les JO"

Ce matin, Éléonore est plus mesurée : "ce texte était trop préparé, il y avait trop d'anticipation pour que ce soit crédible, mais sur le coup, on ne pense qu'à la décision que l’on doit prendre pour protéger son enfant". Bac blanc finalement reporté pour Lilou ce matin et voyage scolaire prévu la semaine prochaine menacé d'annulation, mais la peur est retombée. 

Mathilde, elle, se dit attentive à ce qui se passe, parce qu'elle sent que "ça repart". Cette maman, se dit plus vigilante et assure qu'elle aurait "une appréhension à aller à un concert et même aux Jeux Olympiques. Je n'ai pas envie d'être angoissée à la moindre sonorité que je vais trouver inquiétante ou à la moindre bousculade". Pour Mathilde, bien que l'enjeu financier soit colossal, il faudrait "avoir le courage d'annuler les JO". Avant de conclure : "j'ai peur pour mes enfants, on sent dans ce climat qu'il ne faut pas être au mauvais moment, au mauvais endroit".

*Mathilde, Victor, Lilou et Éléonore sont des prénoms d'emprunt

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