Un ascenseur "sans contact" mis au point par une entreprise des Alpes-Maritimes pour éviter la transmission du Covid 19

Publié le Mis à jour le
Écrit par L. Beliaeff, V. Varin, E. Jacquet
L'entreprise Ciel Ascenseurs proposent 4 solutions pour ne plus toucher les boutons.
L'entreprise Ciel Ascenseurs proposent 4 solutions pour ne plus toucher les boutons. © Eric Jacquet FTV

L'entreprise azuréenne Ciel Ascenseurs a trouvé plusieurs solutions pour que ses ascenseurs fonctionnent "sans contact", et ainsi éviter la transmission du Covid-19 sur les surfaces. Une innovation dans l'air du temps qui pourrait devenir la norme.

L'idée a germée pendant le premier confinement. Projets en stand-by, arrêts de chantiers, clientèle étrangère absente... L'entreprise Ciel Ascenseurs basée à Saint-André-de-la-Roche dans les Alpes-Maritimes s'est retrouvée, comme de nombreuses autres sociétés, au point mort.

Face à la flambée des contaminations, l'idée de rendre les ascenseurs accessibles "sans les mains", déjà dans les tuyaux depuis un moment pour une question de praticité, s'est imposée naturellement.

A force de mettre du gel alcoolique ou d'appuyer avec des clés, nous avions beaucoup de demande de boutons d'ascenseurs à changer,

explique Siegrid Chané, fondatrice et directrice commerciale de Ciel Ascenseurs.

Au lieu de devoir changer des boutons abîmés, autant s'en passer. L'entreprise a donc travaillé en ce sens et mis au point quatre solutions pour ne plus avoir à toucher l'ascenseur.

Pédale, bouton infrarouge, application

> La première solution est l'appel de l'ascenseur par le pied, avec une pédale placée en dessous du bouton. Une fois dans l'ascenseur, d'autres pédales sont installées pour chaque étage.

Une solution qui peut certes devenir complexe sur des immeubles de 30 étages et qui se destine donc davantage à des établissements d'environ 5 niveaux. Par exemple les Ephad, ou même les établissements de santé où le personnel doit manipuler des lits et des charriots.

> La seconde solution, le système infrarouge, consiste à approcher son doigt à quelques centimètres (entre 2 et 4) du bouton de l'ascenseur. Celui-ci le détecte et s'allume.

> La troisième solution fonctionne grâce à une application sur smartphone. Il suffit de flasher un QR code place à côté de l'ascenseur, de télécharger l'application, pour ensuite pouvoir gérer l'ascenseur directement avec son téléphone.

La commande vocale à l'étude

Enfin, la quatrième solution est la commande vocale. L'ascenseur répond à l'indication que l'on dit à voix haute à la manière des enceintes connectées, par exemple : "4e étage".

Si les trois premières solutions sont déjà totalement abouties et prêtes à être commercialisées, la commande vocale demande un plus de temps. "C'est la plus difficile à mettre en œuvre, notamment à cause de la gestion des bruits ambiants, des accents, des langues", développe Siegrid Chané. L'entreprise espère pouvoir la rendre disponible d'ici un mois. 

Une solution opportune qui pourrait devenir la norme

L'entreprise d'élévateurs 100% français enregistre actuellement ses premières commandes, notamment de la part des Ephad de la région, mais également des copropriétés. "Nous espérons amener une solution en plus pour faire respecter les gestes barrière et faire avancer, pourquoi pas, la réouverture d'établissements recevant du public qui pourrait être totalement sécurisée", projette la directrice commerciale de l'entreprise. 

Si ces solutions tombent à pic en ces temps troublés et notamment face à une progression inquiétante de l'épidémie dans les Alpes-Maritimes, Ciels Ascenseurs souhaite que ces différentes options "sans contact" soient installées de manière standard sur tous leurs ascenseurs. 

"Il va falloir vivre avec ça, et peut-être avec d'autres virus, c'est donc l'avenir", estime Siegrid Chané. Avec son époux Frédéric, directeur technique de l'entreprise, ils souhaitent ne pas trop changer leurs prix, étant donné que cela risque de devenir la norme.

Un accompagnement de la région Sud

Cette entreprise familiale de "créateurs d'élévation", comme elle se définit, est accompagnée par la région Provence Alpes-Côte d'Azur via le Parcours Sud industrie 4.0 dont l'objectif est d'accompagner la transformation des entreprises "vers l'industrie du futur". 

La commission de demande de subvention va avoir lieu au mois d'avril prochain. L'entreprise azuréenne espère pouvoir utiliser ces fonds pour communiquer à plus grande échelle et commercialiser leurs nouveautés au niveau local, voire national.

Durée de vie du Covid-19 sur les surfaces

La durée du virus sur différentes surfaces, notamment celle des ascenseurs, a été au cœur de nombreuses recherches depuis le début de la pandémie. Selon une étude de l'agence scientifique nationale australienne (Csiro) publiée le 12 octobre, le Covid-19 pourrait survivre jusqu'à 28 jours des téléphones, du verre, de l'acier, ou des billets de banque, en milieu frais et sombre. 

La même étude conclut que le plus les températures sont élevées, plus le taux de survie du virus diminue. A 30 degrés par exemple, le taux de survie tombe à 7 jours, puis à 24 heures à 40 degrés. Une autre étude, publiée dans The Journal of hospital infection démontre que le virus reste jusqu'à 9 jours sur certaines surfaces. 

Citons également cette étude menée par des chercheurs japonais parue le 3 octobre 2020 dans la revue Clinical Infectious Disease, selon laquelle le SARS-CoV-2 survit trois jours et demi sur l'inox.

Différentes études viennent nuancer ces résultats. Un article scientifique publié dans la revue The Lancet en juillet dernier explique que ces études "ressemblent peu à des scénarios réels", puisque menées "en plaçant un très grand échantillon de titre viral initial sur la surface testée". Un scénario qui ne correspond pas la réalité de tous les jours. 

Des chercheurs américains de l'Académie américaine des sciences (PNAS) estiment que la propagation du Covid-19 par voie aérienne est bien plus courante. Les scientifiques se sont basés sur le cas du Diamond Princess, paquebot sur lequel 712 personnes avaient été contaminées l'année dernière. Les contaminations se sont faites principalement par voie aérienne. 

Si la question de la transmission du virus par les surfaces reste sujette à débat, toutes les études et tous les scientifiques s'accordent à dire que le lavage des mains reste un geste barrière crucial. 

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