Une semaine après le séisme au Maroc, un secouriste des Alpes-Maritimes raconte : "Sur 50 km, c'est détruit à 100%"

Un imbroglio diplomatique entre la France et le Maroc empêche la présence d'équipes de secours venues de l'Hexagone. L'Unité légère d'intervention et de secours, une ONG de secouristes basée à Saint-Laurent-du-Var, est donc allée sur place à ses frais, sans attendre de feu vert des autorités.

Le séisme qui a touché le sud-ouest marocain le 8 septembre a fait au moins 2 900 morts, selon un dernier bilan. En France, de nombreuses associations et collectivités se sont mobilisées pour collecter des fonds et des denrées en urgence.

Mais, en raison d'un imbroglio diplomatique, la France n'a pas pu envoyer officiellement d'équipe de secours sur les lieux du sinistre.

Dimanche, les autorités marocaines ont annoncé admettre sur leur territoire les secouristes de seulement quatre pays : l'Espagne, le Royaume-Uni, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Faute d'autorisation officielle, l'armée tricolore et la plupart des ONG françaises ne se sont pas rendues sur place.

L'Unité légère d'intervention et de secours (Ulis), une ONG de secouristes basée à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), fait peu de cas des troubles diplomatiques. "On veut sauver des gens. On est ici pour travailler", lance Patrick Villardry, son président, rendu sur place, au Maroc.

Cet ancien pompier est arrivé dans la zone sinistrée du Haut-Atlas le samedi 9 septembre, moins de 24 heures après la fin des secousses du séisme de magnitude 7. Il s'y est rendu avec quatre autres secouristes de l'Ulis, bénévoles comme lui, et leurs quatre chiens secouristes. L'Ulis, spécialisée en secourisme cynophile, est habituée des opérations de ce genre, étant notamment intervenue après le séisme qui a touché la Turquie en février dernier et sur des zones de guerre en Ukraine.

"On a pris nos billets d'avion, des billets pour les chiens aussi, et on est partis directement", confie le président de l'association, qui ne s'est pas embarrassé d'attendre un feu vert des autorités marocaines. "On est complètement libres, complètement autonomes", indique-t-il. Patrick Villardry affirme que l'Ulis ne reçoit aucune subvention publique et vit uniquement des dons des "amis" de l'association.

"On se met à disposition" 

Dès leur arrivée, les bénévoles de l'Ulis ont recherché des survivants dans les décombres grâce au flair de leurs chiens. "On s'intègre avec les locaux, ils acceptent notre aide", explique Patrick Villardry. Après une semaine de présence, ils ont retrouvé 18 corps et aucune personne en vie. "Sur un rayon de 50 km, c'est détruit à 100%", décrit le secouriste. 

Il assure que son équipe de chiens sauveteurs est "très bien accueillie" par les secouristes marocains, auprès de qui elle se déplace de village sinistré en village sinistré. Tantôt pour fouiller les décombres, tantôt pour acheminer des vivres. "On se présente et on se met à disposition", explique-t-il.

La situation diplomatique force tout de même à certains ajustements. En l'absence d'autorisation formelle pour la présence de secours français, pour ne pas froisser les autorités locales, les drapeaux tricolores arborés habituellement par l'Ulis ont été rangés. "Un jour, on est belges, un autre jour, on est suisses ou américains", confie le secouriste.

Les jours passants, les chances de retrouver des sinistrés vivants s'amenuisent. "Je ne vous cache pas que je doute qu'on puisse encore retrouver des vivants sous les décombres", craint-il. L'équipe a prévu de prendre son vol de retour en Côte d'Azur ce samedi.

À son départ vers le Maroc depuis l'aéroport de Nice le 9 septembre, l'équipe a été saluée par Charles Ange Ginésy, le président (LR) du Conseil département des Alpes-Maritimes, et le député maralpin (LR) Eric Ciotti. M. Villardry confie que le Conseil départemental aurait pour projet de "financer le prix des billets d'avion" pour amortir le coup de l'opération.

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