On vous explique pourquoi à Monaco être SDF est un délit

C'est une chose qui se sait peu. Mais à l'image de villes comme Nice qui établissent des arrêtés municipaux anti-mendicité, des pays comme Monaco vont beaucoup plus loin. En principauté, le fait d'être SDF est un délit puni par la loi. Ce qui n'empêche pas des associations de venir en aide aux plus démunis.

L'image carte postale de Monaco ne sera pas écornée. Et la loi est là pour y veiller ! Selon l'article 212 du code pénal "sera punie de 1 à 6 mois d'emprisonnement toute personne valide qui se sera livrée à la mendicité".

Une loi qui en refroidira plus d'un. Mais il ne s'agit pas pour autant de cacher la misère. Si officiellement, il n'y a donc pas de personne dans le besoin à Monaco, des structures accueillent pourtant des familles, le plus souvent il est vrai, domiciliées davantage à Beausoleil ou Roquebrune-Cap-Martin ou encore Cap d'Ail.

Mais aussi quelques Monégasques.

Ainsi, depuis 2011, une épicerie solidaire vient en aide aux personnes dans le besoin. Elle est animée par des bénévoles de la société Saint-Vincent de Paul, un réseau de charité qui existe dans 150 pays.

Et c'est dans un immeuble à la fois cossu et discret que ces petites mains s'activent pour préparer des paniers repas pour la maraude du soir entre Roquebrune-Cap Martin et Menton. Mais le mardi, c'est aussi le jour de l'épicerie solidaire. Toute la matinée, une quinzaine de bénéficiaires dans le besoin vient récupérer des pâtes, du lait, des conserves et même quelques fruits.

Nous rencontrons Fatima pour qui cette structure est essentielle. La Monégasque au visage radieux explique :

Je viens pour manger, je ne travaille pas, je n'ai pas de mari, je n'ai rien.

Fatima.

Un réconfort que vient aussi chercher Alima, elle réside en France. Elle sait qu'elle pourra trouver là de quoi se nourrir, elle et sa famille pour la semaine : "quand j'ai du travail, je peux acheter ma nourriture, mais là, je n'ai pas d'activité, alors je viens ici."

Pour Marie-Pierre Bergougne, présidente de la conférence Saint-Nicolas, cette présence est essentielle. L'association vit essentiellement de dons. À Monaco, trois structures ont été mises en place avec l'appui de 90 bénévoles. L'aide déborde Monaco, à travers des maraudes dans les communes autour de la Principauté, mais pas en Principauté. Un paradoxe !

Interrogée sur l'interdiction faite aux SDF Marie-Pierre Bergougne confie : "c'est vrai qu'à Monaco, il est interdit de rester dans la rue pour faire la manche. C'est l'image de Monaco."

Quelques rues plus loin, c'est une vente de vêtements à petits prix qui attire chaque semaine une quarantaine de personnes venues de France.

Pour ces bénévoles, il ne manque qu'une seule chose : des bonnes volontés pour les aider à faire perdurer ce service.