A Valensole, on replante des amandiers pour répondre à la demande croissante des consommateurs

les amandiers à Valensole / © FTV
les amandiers à Valensole / © FTV

Dans les années 1950, on a arraché beaucoup d’amandiers en Provence. Les agriculteurs se sont mis à lui préférer d’autres cultures, comme celle de la lavande, à Valensole. Aujourd’hui les consommateurs sont très demandeurs de ce fruit sec. Certains se lancent donc dans la culture d'amandiers.
 

Par Magali Gazzano

L’amandier, culture traditionnelle en Provence

La culture de l’amande est profondément liée à l’histoire agricole de la Provence. Avant la guerre de 14/18, la Provence était l’un des plus gros producteurs d’amandes au monde. On en exportait beaucoup.

Quand èri pichonet, me sovèni que mi gens parlavan di problèmas de l’ametlier.
 

Jean-Pierre Jaubert, producteur à Valensole. / © FTV
Jean-Pierre Jaubert, producteur à Valensole. / © FTV
A Valensole, Jean-Pierre Jaubert, de l’entreprise Terraroma se souvient des inquiétudes récurrentes dans sa famille concernant les risques de pertes car les variétés traditionnelles étaient très sensibles aux gelées et au déficit hydrique. Dans les années 1950 on a commencé à arracher les amandiers pour des raisons de rentabilité.

La culture de l’amandier aujourd’hui

L’image de produit diététique de l’amande fait qu’elle a le vent en poupe.
A l’heure actuelle, nous consommons en France 30.000 tonnes d’amandes par an. En 2014, nous en produisions 300 tonnes. En 2017, la France est classée 24ème producteur mondial, loin derrière les USA.

Un aubre que demanda ben de trabalh.
 

Amandes prêtes à être récoltées / © FTV
Amandes prêtes à être récoltées / © FTV
Devant ce constat, certains se sont lancés dans la culture de l’amandier. C’est le cas de Jean-Pierre Jaubert, à Valensole. Il a planté 16.000 arbres. Les nouvelles variétés sont plus adaptées aux problèmes classiques. Elles fleurissent plus tardivement et ont donc davantage de chances d’échapper aux gelées nocturnes. Les arbres sont à l’arrosage, ils reçoivent des engrais organiques : fumier de poules et algues marines de Bretagne.  Il reste le fait que les amandiers demandent beaucoup de main d’œuvre pour la taille et pour la récolte.
Le prix de vente dépasse de 2 ou 3 euros celui de l’Espagne ou de la Californie.

Les projets pour l’amandier

André Pinatel, le Président du Syndicat des Producteurs d’Amandes de Provence, nous explique que puisqu’on ne peut pas rivaliser en quantité avec d’autres pays dans le monde, on essaie de rivaliser sur la qualité.
Lorsque le plan de plantation de 200 hectares par an pendant 5 ans sera atteint, on pourra mettre en place une Appellation d’Origine Provence. Pour les amandiers plantés ailleurs qu’en Provence, on va mettre en place une IGP (Indication géographique protégée). L’idée est que les amandes françaises en général soient sous le signe de la qualité.

Valorisation de l’amande

Quand siam au pessaire, siam ben.
 

Le cassoir d'amandes / © FTV
Le cassoir d'amandes / © FTV
L’entreprise familiale Jaubert possède un cassoir d’amandes. A cette étape-là de la production, tout le monde est soulagé car libéré des risques liés à la météo. En une heure, la machine casse une tonne de coques et libère 250 à 270 kilos d’amandes. Elles sont triées par la machine, puis passent à un dernier tri manuel. La production de 2019 a été d’environ 35.000 kilos.
          
Boutique Terraroma / © FTV
Boutique Terraroma / © FTV

Ces amandes sont vendues sur place dans la boutique Terraroma de Valensole ainsi qu’à des distributeurs locaux. Une partie de ces amandes sert à fabriquer les produits cosmétiques de l’Occitane car elles contiennent une molécule très intéressante pour les produits de beauté.

Parrainer un amandier
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