Sénatoriales : enjeux et forces en présence dans les Alpes-Maritimes

6 listes, 5 sièges à pourvoir dans un département où Les Républicains règnent en maître. Dans les Alpes-maritimes, les élections sénatoriales devraient ressembler à une formalité pour la droite, et un tour de chauffe pour tous les autres.

Le sénat est installé au Palais du Luxembourg à Paris
Le sénat est installé au Palais du Luxembourg à Paris © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Ils sont partis en campagne comme on part en tournée. Une date chaque soir, dans une commune des Alpes-maritimes, à la rencontre des quelque 2000 grands électeurs du département. Ici le maire d’un petit village de l’arrière-pays, là le conseiller départemental du canton. Surtout n’oublier personne, pour s’assurer de faire le plein des voix.

Les 5 candidats de la liste Les Républicains et leurs deux suppléants continueront d’ailleurs de ratisser le terrain jusqu’à vendredi 25 septembre, avant-veille du scrutin des élections sénatoriales. Emmenés par la sénatrice sortante, Dominique Estrosi-Sassone, ils se sont assuré le soutien des principaux maires et présidents d’intercommunalité des Alpes-Maritimes, bastion LR par excellence.
Un soutien affiché comme pour Françoise Monier, adjointe au maire de Nice et conseillère départementale : Une campagne qui aurait pu ressembler à une promenade de santé si l’actualité et quelques candidatures surprises ne s’y étaient pas invitées, parfois sans prévenir.

D’abord en plein cœur de l’été, Dominique Estrosi-Sassonne manque de s’engluer dans une polémique lancée par un de ses tweets. Elle s’insurge contre l’interdiction de la chasse à la glu. Est-elle partie à la pêche aux voix chez les grands électeurs adeptes de la chasse ? Lors de la conférence de presse du lancement de sa campagne, elle persiste et signe, au nom du respect des traditions.
Conférence de presse de la liste LR aux sénatoriales dans les Alpes-maritimes ce 3 septembre.
Conférence de presse de la liste LR aux sénatoriales dans les Alpes-maritimes ce 3 septembre. © Nathalie Layani FTV

Ce jour-là, elle aimerait aussi qu’on lui parle d’autre chose que de l’appel de Christian Estrosi à soutenir Emmanuel Macron lors des prochaines élections présidentielles. Une annonce qui tombe mal, en pleine campagne des sénatoriales, pour l’actuelle vice-présidente du groupe LR au Palais du Luxembourg, très loin des positions macron-compatibles du maire de Nice.

Je ne confonds pas tout. Je ne confonds pas ce que Christian Estrosi fait localement (…) et ce que je fais moi-même au niveau national. Et en plus, Christian Estrosi est toujours membre de la famille politique des Républicains.

Dominique Estrosi-Sassone

Chez les LR pourtant, tous les pas de côté ne se valent pas


Anne Sattonnet en a fait l’amère expérience. Quelques jours après avoir annoncé qu’elle menait une liste dissidente, elle a été exclue de la majorité départementale. Elle qui dit avoir fait l’impasse sur les élections municipales pour s’investir pleinement au Sénat, n’a sans doute pas apprécié de ne pas figurer sur la liste de son parti. Jusqu’à la date officielle de déclaration en préfecture, elle gardera la sienne secrète, pour protéger ses partenaires d’éventuelles pressions.
On retiendra la candidature symbolique, en tant que suppléant, de l’ancien sénateur Pierre Laffitte, âgé de 95 ans.
Cette liste surprise est-elle rivale ou complémentaire de la liste officielle des LR, de la part de celle qui a dores et déjà annoncé que, si elle était élue, elle siègerait au sein du groupe LR au Sénat ? Lors des dernières élections sénatoriales, Jean-Pierre Leleux était lui aussi parti sans investiture. Sa victoire avait finalement permis à sa famille politique de compter un sénateur de plus, grâce à des voix qui auraient peut-être été perdues, s’il ne s’était pas présenté.

Face-à-face le temps d’une élection, Dominique Estrosi-Sassone et Anne Sattonnet ont pourtant beaucoup en commun, au moins dans leur programme : la décentralisation, la lutte contre les carcans administratifs et l’excès de norme, le soutien aux maires et à la ruralité.
 

Mon engagement pour ce département comme au sein de ma famille politique a toujours été clair. Le jeu républicain doit rester ouvert et tous les territoires doivent être représentés.

Anne Sattonnet

A leur droite, se dresse la liste du Rassemblement national, conduite par le premier opposant au maire de Nice, Philippe Vardon.

Ceux qui composent la liste Estrosi-Sassone, ce sont déjà ceux qui, dans les intercommunalités, à la Métropole, au département, à la Région écrasent les communes de notre département. Nous nous voulons nous battre pour le localisme et pour la proximité.

Philippe Vardon


Ne ratant pas une occasion de marquer son territoire à la droite de la droite, il ne s’est pas gêné pour rebaptiser la liste LR « la liste Estrosi-Macron », espérant attirer à lui les grands électeurs opposés à un rapprochement entre Les Républicains et La République en marche à la prochaine élection présidentielle.
La République en marche, c’est d’ailleurs la grande absente de cette élection. De rumeur en démenti, le parti n’aura finalement pas présenté de liste, sans doute conscient de son trop fragile ancrage électoral dans les collectivités locales.

A gauche en revanche, les discussions internes ont abouti là où elles avaient échoué aux municipales : à une liste d’union. EELV, PCF et PS sur une même liste, emmenée par l’adjoint au maire de Contes, le communiste Alain Michellis. Arriveront-ils à conserver dans leur giron le seul siège arraché par la gauche en 2014, celui du sénateur sortant Marc Daunis, qui ne se représente pas?

La bataille sera rude, car juste après cette victoire aux sénatoriales, il y eu la déroute des régionales. 2015, le front républicain face au Rassemblement national, le PS qui retire sa liste, renonçant de fait à siéger au sein de l’assemblée régionale.

Autant de grands électeurs en moins pour glisser un bulletin dans l’urne ce dimanche 27 septembre.

On peut penser que notre union préfigure une dynamique qui se poursuivra lors de prochaines échéances électorales.

Alain Michellis

Les élus s’adressent aux élus

Enfin, c’est assez rare pour le souligner, dans une élection où traditionnellement les élus s’adressent aux élus, deux têtes de liste ont fait le pari d’un vote citoyen, en dehors des partis. Imen Cherif et Henri Trompier n’ont aucun mandat.

Mais comme la loi le leur permet, ils ont décidé de se présenter et sont parvenus à constituer leur liste en temps et en heure.

Avoir envie, c'est se battre avec la plus grande détermination, à 100% dans son mandat électoral. Nous serons engagés et non à temps partiel.

Imen Cherif


La première est une jeune chef d’entreprise, ancienne conseillère municipale de Grasse. Elle conduit une liste entièrement issue de la société civile. Le second est membre du mouvement Agir (créé par des anciens LR alliés aux Marcheurs), et ancien assistant parlementaire de Charles-Ange Ginésy.

Plusieurs de ses colistiers sont élus locaux. Il assure n’être en service commandé pour personne et avoir pris sa décision en toute indépendance.

6 listes, 5 sièges 

6 listes, 5 sièges à pourvoir dans un département où Les Républicains règnent en maître. Dans les Alpes-maritimes, les élections sénatoriales devraient ressembler à une formalité pour la droite, et un tour de chauffe pour tous les autres.

Histoire de se compter, avant les élections départementales et régionales, prévues en mars prochain. Mme Dominique ESTROSI-SASSONE
M. Henri LEROY
Mme Alexandra BORCHIO FONTIMP
M. Philippe TABAROT
Mme Patricia DEMAS
M. Jean-Marc DELIA
Mme Sandra PAIREM. Frank TUROSZ
Mme Catherine DURAND-PERSONNAZ
M. Bernard BAVEREY
Mme Rachida HADDAD
M. Patrick YEMBE
Mme Stéphanie PRESENTM. Philippe VARDON
Mme Marie-France CORVEST
M. Lionel TIVOLI
Mme Virginie ESCALIER
M. Patrick ISNARD
Mme Nathalie PAVARD
M. Jean-Paul PEREZM. Alain MICHELLIS
Mme Mathilde TESSIER
M. Frédéric PELLEGRINETTI
Mme Chantal CHASSERIAUD
M. Didier CHEREL
Mme Patricia ALUN NO
M. Stéphane POULETMme Anne SATTONNET
M. Dominique ROMEO
Mme Patricia MALQUARTI
M. Lionel LAPRAS
Mme Karine BONHOMME
M. Pierre LAFFITTE
Mme Rose-Marie RAINAM. Henri TROMPIER
Mme Anny DOUBLE-BATTISTELLA
M. Jérôme BASTI
Mme Viviane MALEFANT
M. Grégory BONNUCCI
Mme Barbara ROCHEREAU
M. Georges COMPARETTO.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections sénatoriales politique élections les républicains europe écologie les verts la république en marche