Sénatoriales 2020 : les forces en présence dans les Bouches-du-Rhône

Le 27 septembre, les 3716 "grands électeurs" des Bouches-du-Rhône sont appelés à élire leurs huit représentants pour six ans au Palais du Luxembourg. Six listes sont en lice. Parmi les sénateurs sortants, trois ne se représentent pas.

Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans.
Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. © Nicolas Kovarik/MaxPPP
Le Sénat étant renouvelé par moitié tous les trois ans, ce sont les sièges rénouvelés en 2014 qui sont en jeu ce 27 septembre.

Dans les Bouches-du-Rhône, 3716 "grands électeurs" participent au scrutin. Six listes sont en lice pour les huit sièges à pourvoir. 

Une liste inédite à droite

Aucun des sénateurs de droite élus en 2014 n'est présent dans ce scrutin. Entré au Sénat en 1989, Jean-Claude Gaudin a quitté la Chambre haute en 2014 en raison de l’interdiction du cumul des mandats.

En 2020, pour les mêmes raisons, les municipicales ont provoqué un nouveau tour de chaises musicales. Samia Ghali, adjointe à la maire de Marseille Michèle Rubirola a cédé son siège à Michèle Einaudi.

Sophie Joissains, élue à la mairie d'Aix-en-Provence, a elle aussi choisi de se consacrer à son rôle d'adjointe, elle a été remplacée par Patrick Boré.

Quant à Bruno Gilles, maire honoraire du 3e secteur, écarté par la commission LR après la guerre fratricide des municipales à Marseille, il a renoncé à se représenter.

C'est donc une liste LR-UDI totalement renouvelée qui part dans la bataille des sénatoriales, et pour la première fois depuis 1989, sans Jean-Claude Gaudin, son chef historique. Le maire LR de la Ciotat, Patrick Boré, en est le nouveau chef de file. 

Malgré la perte de Marseille, la droite espère remporter au moins trois sièges au Palais du Luxembourg. Si elle est élue, Valérie Boyer, deuxième sur la liste, cèdera son fauteuil de député à son suppléant, Julien Ravier, réélu maire des 11e-12e, à Marseille.

Liste "Cap sur l'avenir de nos villes et nos villages" :

Une liste d'union de la gauche

Portés par l'élection de l'écologiste Michèle Rubirola à Marseille, il y a trois mois, le parti communiste, le parti socialiste et Europe-Écologie-Les Verts font liste commune pour les sénatoriales avec l'objectif de rafler eux aussi au moins trois sièges de sénateurs. Contre un seul en 2014, celui de la socialiste Samia Ghali.

Jérémy Bacchi, secrétaire départemental du PCF conduit cette liste d'union. Les tractations ont duré jusqu'à la veille pour aboutir à un accord sur la tête de liste. Malgré la perte d'Arles et Gardanne, le parti communiste l'a emporté car il conserve un grand nombre de grands électeurs sous ses couleurs à travers le département.

L'ancienne ministre de François Hollande, Marie-Arlette Carlotti (PS) prend la deuxième position.

De gauche à droite, Guy Benarroche (EELV) Marie-Arlette Carlotti (PS) et Jérémy Bacchi (PCF).
De gauche à droite, Guy Benarroche (EELV) Marie-Arlette Carlotti (PS) et Jérémy Bacchi (PCF). © Jean-François Giorgetti/FTV

Un sénateur écologiste pourrait aussi sortir des urnes.  Ce serait une revanche pour le secrétaire régional EELV, Guy Benarroche déjà candidat en 2014. Troisième sur la liste, il peut espérer faire son entrée au Sénat, en surfant sur la "vague verte" des municipales.  

Liste "Pour un territoire solidaire, démocratique et écologique" :

Jean-Noël Guérini de retour en campagne

Jean-Noël Guérini est élu au Sénat depuis 1998. Il brigue un troisième mandat. En 2014, alors qu'il régnait en maître sur le département, il avait réussi à décrocher trois sièges sous la bannière de la Force du 13.

Le prochain scrutin sera l'occasion de voir ce qu'il reste de l'influence du sénateur de 69 ans, candidat sous la menace d'un procès imminent en correctionnelle pour "prise illégale d'intérêts" aux côtés de son frère Alexandre. 

Jean-Noël Guérini tête de liste de "13 au Coeur".
Jean-Noël Guérini tête de liste de "13 au Coeur". © BORIS HORVAT / AFP

Liste 13 au Coeur :

Les Macronistes à la peine

Le parti présidentiel n’existait pas il y a 6 ans et son manque d'ancrage dans les territoires le pénalise dans cette élection, surtout après la déroute encaissée aux municipales. La bataille s'annonce difficile pour la liste LREM menée par Jean-Pierre Serrus (ex-LR).

La République en Marche n'a pas de sénateurs dans les Bouches-du-Rhône depuis la démission de Michel Amiel en août 2020.

Il faut noter que le maire des Pennes-Mirabeau avait été élu au Sénat en 2014 sous l'étiquette Force du 13 et qu'il a rejoint Emmanuel Macron en 2017. Réélu pour un 4e mandat à sa mairie, il a cédé sa place de sénateur à Danièle Garcia (DVG).

Liste Renaissance 13:

Le Rassemblement national en difficulté

Trois mois après avoir perdu sa maire du 7e secteur de Marseille aux dernières municipales, Stéphane Ravier sera-t-il en mesure de conserver son siège? Il avait fait son entrée dans l'hémicyle en 2014 avec David Rachline offrant au parti frontiste ses premiers sénateurs sous la Ve République.

Mais depuis la démission du maire de Fréjus en 2017, il ne reste plus qu'un élu RN au Sénat.

Liste "Libertés communales, identités provençales : 

Une liste régionaliste

La liste URP 13 menée par Ludovic Dupoux se présente comme une liste "apolitique Provencialiste", regroupant des personnalités d'horizons divers, politique, société civile et monde associatif.

Liste l'Unité Républicaine Provençale 13 :

Répartition des sièges en 2014

En 2014, cinq des huits sénateurs sortants avaient été réélus : Jean-Claude Gaudin, Bruno Gilles, Sohie Joissains, Samia Ghali, Jean-Noël Guérini.

Au sortir des élections il y a six ans, dans les Bouches-du-Rhônes, la droite détenait trois sièges, la gauche quatre et le RN un seul :

Démissionnaires pour non-cumul des mandats

Quatre sénateurs élus en 2014 ont du démissionner pour cause de non-cumul des mandats :Retrouvez le détail des résultats des élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône.
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