Aubagne, Nice, l'Isle-sur-la-Sorgue... 18 des 52 villes les plus endettées de France sont en PACA

Aubagne est la deuxième ville la plus endettée de France, d'après le classement du Figaro. / © FTV
Aubagne est la deuxième ville la plus endettée de France, d'après le classement du Figaro. / © FTV

D'Aubagne à Nice, en passant par Arles, Carqueiranne, l'Isle-sur-la-Sorgue, St-Raphaël... Sur 52 villes de plus de 10 000 habitants les plus endettées du pays, 18 sont dans la région Paca. L'une des raisons: les emprunts toxiques des années 2000. Des chiffres contestés par Menton.
 

Par Aline Métais

Les emprunts toxiques continuent à empoisonner les finances locales. En région PACA : Aubagne, Arles, La-Londe-les-Maures, la Seyne-sur-Mer, Menton et le Cannet figurent dans les 20 premières places du classement du Figaro

À situation identique, neuf communes mettront plus de 24 ans (le double de la durée réglementaire) à rembourser leur endettement.

Emprunts toxiques

Le quotidien a identifié 52 villes de plus de 10.000 habitants en grande difficulté financière. L'enquête s'appuie sur des données communales.

Elle permet de constater si les villes ayant contracté des emprunts toxiques dans les années 2000 ont réussi à redresser la barre. Ou pas. Treize de ces villes ont ainsi vu leur dette par habitant bondir de plus de 20 % depuis 2014 et six augmenter de plus de 10 %.

43 ans pour rembourser

En 2ème position de ce classement : Aubagne. La commune des Bouches-du-Rhône a une dette par habitant estimée à 3374 euros. Il faudrait donc plus de 43 ans pour rembourser l'intégralité de la dette !

Pour Arles, 2042 euros par habitant, il faudrait 25 années de remboursement. A la 46 ème place, on trouve Saint-Laurent-du-Var, dont l'endettement s'élève à 1300 euros pour une durée estimée à plus de 12 ans.

Des stations balnéaires

Plus surprenant, des stations balnéaires de la Côte d'Azur figurent aussi dans ce classement : Menton (14ème place), Le Cannet (16ème place) , Saint-Raphaël (26ème place), Grasse (32ème place), Antibes (41ème place), Nice (45ème place) et Saint-Laurent-du-Var (46ème place). La durée de remboursement est comprise entre 12 et 17 ans. 

Le classement des villes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur : 

  • 2 :   Aubagne (Bouches-du-Rhône)
  • 6 :   Arles (Bouches-du-Rhône)
  • 10 : La-Londe-les-Maures (Var)
  • 11:  La Seyne-sur-Mer (Var)
  • 14 : Menton (Alpes-Maritimes)
  • 16:  Le Cannet (Alpes-Maritimes)
  • 21:  Carqueiranne (Var)
  • 26 : Saint-Raphaël (Var)
  • 32 : Grasse (Alpes-Maritimes)
  • 40 : L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse)
  • 41 : Antibes (Alpes-Maritimes)
  • 45 : Nice (Alpes-Maritimes)
  • 46 : Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes)

Sortir du "rouge"

Réduction des investissements, annulation des projets coûteux, augmentation du taux d'imposition... A chaque fois, les villes ont fait des choix différents pour sortir du "rouge".

La baisse des dotations de l'état et la mise en place des temps périscolaires ont aussi amputé les budgets. Des efforts qui concernent de nombreuses communes. Le maire de Cannes, David Lisnard (LR) a réagi à ce classement sur son compte Twitter. Il précise qu'il a réussi à baisser les dépenses de 55 millions d'euros depuis 2014.

Baisse des dotations publiques

Mais d'après le quotidien, la situation financière des communes françaises, s’améliore tout de même. Après trois années (de 2015 à 2017) de baisse de leurs dotations publiques décidée par François Hollande, la plupart d’entre elles respirent de nouveau. Mais à chaque fois, il faut plusieurs mandats pour assainir la situation financière. 

Un classement contesté par la ville de Menton

Un classement contesté par la ville de Menton qui réagit dans un communiqué ce mardi 12 novembre : "Notre présence dans le classement des villes endettées, paru ce jour dans les colonnes du Figaro, est très étonnante. Celle-ci ne correspond en rien à la réalité financière de la Ville de Menton qui, depuis l’arrêté préfectoral du 19 décembre 2008, est surclassée dans la strate des villes allant de 80 000 à 150 000 habitants en raison de ses importantes charges de centralité et de la forte augmentation de sa population en période touristique."

1357 euros par habitant et non 1925 euros

D'après la mairie, la Chambre régionale des comptes n'a pas émis de recommandantion particulière. Elle précise d'ailleurs les montants de la dette de Menton au 31 décembre 2018 : "1357 euros par habitant et non 1925 euros comme mentionné dans l’article du Figaro. Quant au nombre d’années de remboursement de la dette, celui-ci est de 4,32 années et non de 17,98 années." Une baisse significative. 

Réduction de la dette

En ce qui concerne d'éventuels emprunts : "Nous n’avons pas eu recours à l’emprunt ni en 2017 ni en 2018 ni en 2019. Et nous avons toutes les raisons de penser que nous n’aurons pas à le faire en 2020. Depuis 2017, nous avons ainsi réduit la dette de 13,4 millions d’euros. Ce qui est un effort considérable réalisé sans la moindre augmentation des impôts. Et ce, depuis 2009."
 

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