REPLAY. Beyrouth : un an après l'explosion, les libanais peinent à se reconstruire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yannick Aroussi et Christian Mathieu
Le visage des 214 morts est affiché dans les rues de la ville
Le visage des 214 morts est affiché dans les rues de la ville © FTV

Le 4 août dernier, une commémoration œcuménique s’est tenue sur les lieux même de l’explosion du port de Beyrouth. Meditrerraneo fait le point sur la situation de ses habitants.

Le 4 août 2020, plusieurs centaines de tonnes de nitrate d’ammonium produisaient une énorme déflagration. Le souffle atteignait la moitié de la ville, Beyrouth se couvrait alors de débris de verre et de gravats. 214 morts, 6 500 blessés. Un an plus tard, c’est une ville toujours défigurée, balafrée. Les stigmates sont omniprésents.

Voir le reportage "La ville de verre"

L'enquête se poursuit un an après l'explosion. Elle a été confiée au juge Bitar qui peine à interroger les responsables politiques, qui pourraient expliquer comment des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium ont pu être stockées en pleine ville. Après avoir essuyé un refus du premier ministre sortant, le juge a décidé de le convoquer.

Depuis cette explosion, Beyrouth est devenue une ville sans fenêtre dans un rayon de plusieurs kilomètres.

Pour se rendre dans leur logement les habitants doivent parcourir un chemin bien périlleux tant les immeubles ont souffert. La ville reste défigurée un an plus tard, les stigmates restent omniprésents. Certaines fenêtres ont été remplacées par du plastique ou du carton.

Les quartiers sinistrés ont retrouvé après quelques mois de déblaiement une partie de leur activité commerciale.

Les familles peinent à faire leur deuil tant les questions restent sans réponse un an après l'explosion. A l'image de Karlen devenue veuve à 25 ans et qui a du mal à envisager l’avenir avec ses deux fillettes. "Brisée. Et en même temps, tu es obligée de rester forte, tu es obligée de tenir le coup, tu es obligée de continuer à avancer, même si tu n’as pas envie. C’est comme si c’était toi qui étais morte. Ils nous manquent beaucoup, on souffre beaucoup, mais rien n’égale notre colère. La colère qui est en nous est un feu qui ne pourra s’éteindre que si on obtient la vérité, et si c’est une vérité convaincante. Une vérité qui révèle qui sont vraiment les personnes haut placées qui ont commis un crime contre mon frère, nos frères"

Commémorations sous le signe du recueillement et de la colère

Tous les 4 du mois les familles des victimes se recueillent devant la porte numéro 3 du port de Beyrouth, l'endroit où les dépouilles ont été évacuées. L'objectif de ces familles : "Que personne n’essaye de nous diviser en jouant sur le plan politique ou sur le plan confessionnel ! Leur sang nous unit ! Nous voulons principalement la vérité et la justice !"

 

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