Pourquoi regarder « Justice en France », une émission d’intérêt public, qui filme la réalité quotidienne de la justice

La justice du quotidien. C’est la mission pédagogique de la collection « Justice en France». France 3 a filmé dans des tribunaux de toute la France, pour livrer une vision réelle de la justice, notamment celle des affaires familiales.

La justice au plus près des Français

Depuis le 22 avril 2022, la loi autorise les caméras à pénétrer dans les prétoires. France Télévisions a saisi cette opportunité pour signer, avec le Ministère de la Justice, une convention permettant la captation d’audiences dans les bureaux des juges aux affaires familiales, les tribunaux correctionnels, ou les cours d’assises.

La justice est publique. Mais encore très méconnue des Français. Jusqu’alors, faire entrer des caméras dans des prétoires était illégal. Dominique Verdeilhan, chroniqueur judiciaire à France Télévisions est du même avis : « Je n’ai jamais été satisfait que les caméras ne puissent pas entrer dans les prétoires. »

 

Une loi ouvre les portes des tribunaux aux caméras

 

Depuis quelques mois, c’est la « révolution » dans les palais. Une loi permet désormais aux caméras à filmer les procès.  https://www.justice.gouv.fr/le-ministere-de-la-justice-10017/enregistrer-les-audiences-devient-possible-dans-linteret-public-34378.html

Une initiative du Garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti : "J’ai souhaité que la justice soit filmée pour la faire mieux connaître. Quand on a mis en forme les Etats généraux de la justice, les citoyens ont exprimé deux idées principales : la lenteur de la justice, et le fait qu’elle ne soit pas suffisamment connue. Parfois les justiciables lisent les décisions de justice et ne les comprennent pas.

 

France Télévisions a saisi cette opportunité, pour s’associer avec  le ministère de la justice, considérant que c’était une mission de service public : « avec l’émission « Justice en France » on donne à voir la justice à laquelle chacun d’entre nous pourrait être confronté explique la présidente Delphine Ernotte. C’est une collection qui dévoile la réalité et l’intimité des procès. « 

 

L’émission vous emmène au sein des prétoires de toute la France, dans les bureaux des juges aux affaires familiales, des cours d’appel, ou des cours d’assises.  

« Montrer comment fonctionne la justice, comment on rend  la justice, c’est notre objectif, expliquent Samuel Luret, producteur du pole justice de Morgane production,  et Corinne Péhau, productrice  éditoriale de l’émission

 

Une mission d’intérêt public

La justice est très méconnue du grand public. Selon un sondage CSA  publié en septembre dernier, 93 % des Français la trouvent trop lente, 69%  l’estiment opaque, 68% laxiste, et 67% trop éloignée d’eux.

Pour renouer le lien entre les citoyens et leur justice, France Télévisions veut accomplir son rôle pédagogique de service public : donner à voir et à comprendre les rouages de la justice.

 Les quatre premières émissions ont été tournées sur le territoirede la Cour d’appel d’Aix en Provence. 

L’objectif de « Justice en France, est de suivre des affaires, notamment familiales, dans leur intégralité. De l’entrée dans la salle d’audience jusqu’au verdict.  Lors des procès toutes les personnes qui souhaitent rester anonymes seront évidemment floutées.:

« nous voulons livrer un compte-rendu du procès le plus fidèle et impartial possible»

explique le journaliste réalisateur Samuel Luret. Lors des procès,toutes les personnes qui souhaitent rester anonymes seront évidemment floutées. Au  montage, la chronologie, l’essentiel des paroles, des interventions du procureur, des avocats, des prévenus sont respectées :

"On restitue l’humanité, l’intensité et la réalité qui se jouent dans ces moments de justice, de ce que les uns et les autres ont dit."

Chaque audience raconte une histoire. Et elle est éclairée par des plateaux au sein d’une salle des pas perdus virtuelle : "on a un mur transparent qui permet de voir en permanence l’audience se dérouler. On est en immersion ", explique David Montagne le réalisateur. Des plateaux menés par le chroniqueur judiciaire Dominique Verdeilhan. Pour le journaliste, c’est très important que les caméras rentrent dans les prétoires, on a une relativement bonne connaissance du fonctionnement de la justice américaine à travers les films et les séries. Mais beaucoup moins de la justice française : "Il n’est pas rare d’entendre un accusé appeler un président d’une cour d’assises "votre honneur". Seuls les citoyens désignés jurés d’assises peuvent entrer dans un prétoire. Et à l’issue des procès, tous disent qu’ils ont compris comment fonctionnait la justice, comment travaillaient magistrats et avocats", conclue Dominique Verdheilhan.

Des audiences décryptées

Ce jour-là, l’audience concerne les affaires familiales. Un domaine qui nous touche toutes et tous. Aux côtés de Dominique Verdeilhan, Marie Lambling, vice-Présidente du tribunal judiciaire de Nanterre, spécialiste des conflits de filiation, des adoptions, et des retraits d’autorité parentale. Des histoires parfois dramatiques : « jusque-là, j’étais triste que ce monde-là ne soit pas connu. Et que les personnes concernées soient très peu informées. »

Face à la magistrate,  une autre spécialise des affaires familiales, Maître Perrine Toupry, avocate au barreau de Lille. Elle estime qu’il est important de donner à voir la justice civile, car en France, on a souvent une représentation très pénaliste de la justice, comme les cours d’assises. Or cela ne représente qu’environ 2% de la justice française : « je pense qu’une société qui connait mieux sa justice est une société qui peut mieux fonctionner. »

Pour l'avocate, " beaucoup d’affaires pourraient être évitées si les citoyens avaient une connaissance plus fine de la justice. Par exemple, des couples qui divorcent ont une vision rigoriste de leur séparation. Alors qu’on peut  aboutir à des accords, améliorer la situation, par d’autres biais, comme la médiation."  Mais la plupart du temps, les procédures de divorce se déroulent dans le bureau d’un juge avec des avocats. » Et souvent dans l’angoisse et la douleur pour les parents, comme pour ce papa en instance de divorce.

Un progrès pour la démocratie

Pour Marie Lambling, vice présidente du tribunal judiciaire de Nanterre : "on vit dans un monde de plus en plus médiatisé et connecté. J'espère que "Justice en France" permettra d'expliquer, notamment dans les affaires délicates, que les décisions des juges ont un véritable sens."

on vit dans un monde de plus en plus médiatisé et connecté. J’espère que « justice en France » permettra d’expliquer, notamment dans des affaires délicates, que les décisions du juge ont un véritable sens.

Voir et revoir

L’émission« Justice en France » sera diffusée Mercredi 19 octobre à 23 h10 sur France 3, et à découvrir également en replay sur la plateforme France.tv