Aide aux migrants : 800 euros d'amende avec sursis requis contre quatre retraités

Collectifs et associations sont venus soutenir quatre retraités devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Ils sont accusés d'avoir aidés des migrants / © France 3 Provence-Alpes
Collectifs et associations sont venus soutenir quatre retraités devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Ils sont accusés d'avoir aidés des migrants / © France 3 Provence-Alpes

Ce matin, devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, l'avocat général a requis 800 euros d'amende avec sursis à l'encontre de quatre retraités. Ils sont accusés d'avoir transporté des migrants en situation irrégulière

Par Ludovic Moreau

Devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, l'avocat général a requis le même jugement qu'en première instance, 800 euros d'amende avec sursis.

Je les considère comme des braves gens, on ne peut remettre en cause la sincérité de leur engagement, mais ils ont commis un délit d'aide à la circulation

a déclaré Pascal Guinot, l'avocat général.
Il s'adressait à quatre retraités, quatre militants de l'association de soutien aux migrants, Roya citoyenne. Ils sont accusés d'avoir transporté des migrants en situation irrégulière près de la frontière italienne.
Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.

"C'était un devoir humanitaire"

En janvier 2016, Gérard Bonnet, René Dahon, Daniel Oudin et François Gogois, tous retraités, ont transporté dans leurs voitures, six migrants, qui étaient logés chez le militant Cédric Herrou, connu pour son aide aux migrants à la frontière italienne.

Il faisait froid, il fallait les amener dans un endroit plus chaud, on a juste fait notre devoir humanitaire

a déclaré à l'AFP Gérard Bonnet. Les quatre retraités avaient retrouvé les migrants sur une route "très dangereuse", à 1.000 mètres d'altitude et leur ont proposé de les transporter en voiture. Ils les ont ensuite accompagné à pied quand la route devenait trop dangereuse, ce qui a permis d'éviter un poste de gendarmerie. Ils ont quand même été interpellés par les gendarmes, qui avaient reçu un appel d'une randonneuse pour signaler les voitures et les migrants.

Relaxe au nom de l'immunité pénale

Dans cette affaire, maître Maeva Binimelis, l'avocate des retraités, a plaidé la relaxe, au nom de l'immunité pénale prévue lorsque l'aide aux migrants ne donne lieu à aucune contrepartie financière.

Ils ont obéi à un objectif supérieur, la mise en sécurité de personnes en danger

a-t-elle affirmé. Dans sa plaidoirie, l'avocate a également dénoncé les "carences de l'Etat" dans la vallée de la Roya, où des mineurs sont reconduits à la frontière italienne, sans avoir au préalable enregistré leur demande d'asile.
A la sortie du tribunal, les retraités se sont montrés optimiste, avec le sentiment "d'avoir eu un tribunal plus attentif" que lors des précédents procès de militants de Roya citoyenne.

Les retraités ont reçu un soutien inattendu

En marge du procès devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, une dizaine de membres de la Fédération de la Maison des Potes sont venus soutenir les quatres retraités dans leur procès. Ils sont jeunes, étudiants ou salariés, tous issus de l'immigration. Ils participent à un tour de France de l'égalité. Ils sont en campagne contre le racisme et la discrimination. Porteurs d'un message, ils vont à la rencontre du public.

On explique ce qu'est la discrimination et les critères retenus par la loi pour la définir

explique Ousman Baldé, membre du collectif des marcheurs pour l'égalité. Ce soir, le collectif sera à Frejus et demain à Beaucaire, avant de remonter à Paris.

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