Ce que l'on sait sur la mort d'une femme de 85 ans dans la benne à ordures d'un hôpital

Une femme de 85 ans a été retrouvée morte dans un conteneur à ordures de l'hôpital d'Aix-en-Provence, dimanche 25 février. Dans un communiqué, le Centre Hospitalier du Pays d’Aix exprime sa tristesse et se défend d'avoir mal géré la situation.

Un "événement dramatique". Dans un communiqué publié jeudi 29 février, le Centre Hospitalier du Pays d’Aix réagit à la mort de Joëlle, patiente de 85 ans. Cette femme souffrant d'une maladie neurodégénérative a été retrouvée morte dans un conteneur à ordures de l'hôpital d'Aix-en-Provence dimanche 25 février. Elle a échappé à la surveillance du personnel médical. La direction de l'établissement assure avoir mis tout en œuvre pour la retrouver.

France 3 Provence-Alpes vous résume ce que l'on sait de cet événement.

Retrouvée morte dans une benne à ordure

Vendredi 23 février 2024, à 15h30, Joëlle arrive à l'hôpital d'Aix-en-Provence accompagnée de sa fille, Claudine.  La femme de 85 ans souffre de démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative. Une fois sa mère prise en charge, Claudine rentre chez elle, sur demande du personnel, dit-elle. Seule dans le box de soins, Joëlle s'enfuit.

La vieille dame est recherchée, des appels à témoins sont lancés par la famille. Un proche la retrouvera deux jours plus tard, dimanche, dans un conteneur à ordures de l'hôpital, décédée.

"Un contexte de forte tension dans le service"

Dans un communiqué publié le jeudi 29 février, le Centre Hospitalier du Pays d’Aix donne sa version du déroulement de la soirée et des jours de recherche qui ont suivi.

Alors que Joëlle a été installée dans un box de soins, "le service des urgences fait face à un afflux de patients dont trois en urgence vitale admis quasi simultanément, dit le communiqué, et nécessitant une très forte mobilisation du personnel médico-soignant présent. C’est dans ce contexte de forte tension dans le service que la patiente, en pleine possession de ses capacités physiques, se soustrait à la surveillance des personnels."

Le Centre Hospitalier du Pays d’Aix assure que le personnel a, dès la découverte de la disparition de la patiente, engagé des recherches. Des "rondes" ont selon la direction été organisées le vendredi soir, le samedi et le dimanche. "Au total, 5 équipes de plusieurs personnes se déploient pour effectuer des recherches méthodiques bâtiment par bâtiment et à tous les étages", écrit l'hôpital. 

La famille veut porter plainte

La version de l'hôpital est contredite par les déclarations de Claudine, la fille de Joëlle, dans La Provence. "L'hôpital n'a pas bougé, personne n'a rien fait", a-t-elle déclaré au quotidien régional, racontant avoir seule, avec des membres de sa famille, mobilisé les secours. 

Claudine dénonce un enchaînement de négligence."S'ils avaient surveillé ma mère, s'ils m'avaient laissée rentrer avec elle, c'est une personne fragile, qui était démente, qui voulait s'échapper tout le temps, je leur ai dit trois fois, explique-t-elle à France Bleu Provence, s'ils avaient regardé les caméras quand ils se sont rendu compte qu'ils l'avaient perdue, s'ils avaient prévenu le PC sécurité, ils l'auraient trouvée tout de suite et elle serait sauvée, elle serait encore vivante."

Claudine envisage de porter plainte contre l'hôpital.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte aux fins de recherche des causes de la mort, a indiqué à France 3 Provence-Alpes le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon. La vieille dame hospitalisée en situation de confusion mentale extrême a échappé à la surveillance des urgences, confirme le parquet.

Aucune trace de coups, de violences ou de choc quelconque n'a été notée. L'enquête démontre que la victime est entrée seule dans la benne à ordures. Les caméras de surveillance finalement exploitées montrent en effet la dame au sous-sol de l'hôpital, escaladant elle-même le conteneur.

Enfin, l'autopsie révèle qu'elle serait probablement décédée d'une pneumopathie. Des investigations sont encore en cours pour le confirmer.