La centrale biomasse de Gardanne "occupée" selon la direction, "sécurisée" selon la CGT

Une centaine de salariés de la centrale biomasse de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône est entrée dans l'usine mardi et l'occupe depuis. La direction dénonce une intrusion et a porté plainte. Pour le syndicat CGT, il s'agit d'une mise sous protection de ce site classé Seveso.

Ils ont campé dans leur usine toute la nuit. Ce mercredi matin, 80 salariés de la centrale biomasse de Gardanne était toujours sur place dans des conditions dénoncées par la direction. 

"80 individus sont entrés cagoulés par effraction munis d'armes (...) telles que des matraques télescopiques, des lacrymogènes, des battes de baseball et des armes blanches", détaille GazelEnergie dans un communiqué.

Le groupe se serait introduit dans les locaux et se serait barricadé à l'intérieur, selon la direction. La CGT confirme bien l'entrée d'une centaine de personnes sur le site, affirmant qu'il s'agit "d'une mise en protection de l'outil de travail et du site industriel".

Le site est classé Seveso. "Cela fait trois semaines que l'on alerte, la Dréal, le sous-préfet, le maire de Gardanne, et l'Inspection du travail, personne ne nous répond alors que la sécurité du site n'est plus assurée depuis août", affirme Nadir Hadjali, représentant CGT.

Devant ce qu'ils estiment, être un risque pour les salariés sur site et les riverains alentours, les salariés sont revenus "assurer la protection du site".

Selon le syndicat, "depuis les premières lettres de licenciement, la direction ne met pas les effectifs suffisants pour faire tourner l'usine de biomasse et assurer sa sécurité".

"Les salariés qui étaient en poste ont reçu un message de la direction leur demandant de quitter leur poste et de rentrer chez eux", indique la CGT. "Nous on est ouvert à toute discussion, pour que la biomasse tourne, pour que le site reste industrialisé et que les salariés qui ont perdu leur travail soient réembauchés", précise le syndicat.

98 postes supprimés sur 154

Propriété du groupe GazelEnergie, l'usine installée près d'Aix-en-Provence fait partie des quatre dernières centrales électriques à charbon en France, dont la fermeture est programmée pour 2022 en raison de leur impact négatif pour le climat. 

Fin juillet, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait validé le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant la suppression de 98 postes sur 154, en raison de l'arrêt du charbon.

L'unité de biomasse qui la remplace et dans laquelle ont été investis quelque 300 millions d'euros représente environ 80 emplois directs, selon GazelEnergie.

La direction a annoncé avoir porté plainte auprès de la gendarmerie et demandé aux forces de l'ordre l'évacuation du site.

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