Trois hommes accusés de trois braquages de casinos jugés par la cour d’assises d’Aix en Provence

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jean-François Giorgetti
Le Pasino d'Aix-en-Provence , braqué en février 2011
Le Pasino d'Aix-en-Provence , braqué en février 2011 © F3 Pascal Faiseaux

Les casinos de Cassis et d’Aix en Provence ont été braqués entre février et juin 2011. Montant total du butin plus de 370 000 € Au cours du dernier braquage, à Aix en Provence, ils n’ont pas hésité à tirer sur les policiers pour protéger leur fuite.

Une régularité métronomique. Un mode opératoire identique. Une attaque tous les deux mois,  de février à juin 2011
A chaque fois, les membres du commando cagoulés, gantés, armés de kalachnikov et équipés de gilets pare-balles, l’un d’eux porte un masque de plongée. Leurs poignets et chevilles enroulés dans du ruban adhésif.
Un des malfaiteurs est muni d’un chronomètre pour contrôler le « timing » de l’opération.
A chaque fois, l’utilisation de voitures de marque BMW
Les mêmes expressions utilisées pendant les braquages

 A terre ! A terre ! Le premier qui bouge, je le tue!

Dès les premiers éléments recueillis, notamment sur les vidéosurveillances, les policiers acquièrent la conviction qu’il s’agit de la même équipe chevronnée qui a mené les opérations. Les enquêteurs constatent « de manière évidente » que ces braquages sont parfaitement préparés et chronométrés. Avec des effectifs variables « en fonction de l’importance de la cible »

Les attaques


- 27 février 2011, casino de Cassis.
Vers une heure du matin, trois hommes cagoulés, gantés, porteur de gilets pare-balles et armés de kalachnikov et d’un fusil à canons sciés font irruption dans l’établissement. Ils crient : « A terre ! A terre ! » Les poignets et les chevilles entourés de ruban adhésif. L’un d’eux reste à l’entrée, les deux autres se séparent pour vider les coffres et les caisses de la salle de jeux traditionnels et des machines à sous. Durée de l’opération un peu moins de quatre minutes. Les policiers qualifient cette opération de « parfaitement organisée et chronométrée… » Butin 102 050 €uros.
Seule ombre au tableau, le responsable chargé de filtrer les entrées du casino reçoit un coup de crosse au visage.
- 18 avril 2011, casino d’Aix en Provence
A 2heures du matin, quatre individus Cagoulés, gantés, porteurs de gilet pare-balles et armés de kalachnikov et d’un fusil à canons sciés, entrent en courant dans le casino d’Aix en Provence.
Trois autres hommes restent à l’extérieur, l’un fait le guet, un fusil de chasse à la main, vêtu d’un gilet pare-balles. Les deux autres restent au volant des deux BMW.
A l’intérieur le groupe se sépare, deux se dirigent vers les caisses et les coffres de la salle de jeux traditionnels en criant « A terre ! A terre ! ». Les autres s’occupent de l’espace des machines à sous.
Les deux voitures repartent en direction de l’autoroute de Marseille
Butin : 129 275 €uros

- 26 juin 2011 Casino d’Aix en Provence
1h35, quatre hommes armés, entrent dans l’établissement qui se trouve à quelques centaines de mètres du commissariat de police d’Aix en Provence. Ils sont habillés et armés de la même manière que lors des deux précédentes attaques. Cinq minutes plus tard l’alerte est donnée par un policier, présent sur les lieux et qui n’est pas en service. Un équipage de la Brigade Anti Criminalité, se positionne, dans le rond-point situé juste au-dessus du casino. L’homme chargé de faire le guet, repère la présence des policiers, ouvre le feu et tire plusieurs rafales dans leur direction. Un fonctionnaire est blessé au bras. Pendant la fusillade, les braqueurs parviennent à s’échapper. Dans leur fuite, les malfaiteurs, interceptent un 4x4 dans lequel se trouve un couple, qui sous la menace, est obligé d’abandonner le véhicule. La BMW est incendiée sur place et le 4x4 est retrouvé carbonisé un peu plus tard dans la nuit.
Le butin s’élève à 139 744 €uros.
Les policiers de la BAC, qui ont essuyé les rafales, expliquent, avoir vu passer des balles traçantes au-dessus de leur tête. L’un d’eux dit avoir vu passer « une pluie d’étoiles filantes ». Un autre, indique «  que c’est un vrai miracle, car les malfaiteurs savaient sur qui ils tiraient et voulaient couvrir leur fuite à n’importe quel prix. » Un troisième, décrit l’attitude des malfaiteurs

 …il ne s’agit pas de gamins, ils semblaient speed et faisaient preuve de sang-froid… 

Au cours des auditions des salariés, certains, ont observé que les braqueurs étaient très sereins, qu’ils semblaient bien préparés… ». Un caissier dira, avoir « tout de suite reconnu » la voix d’un des malfaiteurs : « je suis sûr à 100 % que cet individu était présent lors du vol à main armé dans la nuit du 17 au 18 avril 2011 » car l’homme utilisait les mêmes phrases. Notamment « le premier qui bouge, je le tue ! »



Une enquête longue et difficile


Dès le premier braquage, les enquêteurs de la PJ de Marseille, constatent que l’usage des « techniques classiques d’enquête n’avaient que peu de chances d’aboutir à l’identification des auteurs en raison du très faible nombre d’indices ou d’éléments recueillis… »
Début avril 2011, un renseignement anonyme, oriente les enquêteurs vers deux noms Alexandre Distanti et Ghalem Zoughani «deux individus très défavorablement connus du service, pour des faits de vols avec arme (d’envergure), jamais mis en cause ensemble, leur profil de délinquant aguerris… ». Les policiers de la brigade criminelle, concentrent leurs investigations sur ces deux hommes. Au cours des surveillances, Alexandre Distanti, est vu plusieurs reprises en compagnie d’Adrien Anigo*.
Alexandre Distanti, sera tué, le 1er octobre 2011, par la police espagnole, lors du braquage d’une bijouterie à Alicante.
Septembre 2011, un deuxième nom apparait : Sylvain Palmisano. Qualifié par les policiers de délinquant notoire. Celui-ci aurait été blessé au cours du braquage du 26 juin 2011. Les enquêteurs procèdent à de nombreuses filatures et écoutes téléphoniques d’autres noms apparaissent dont Paul Giorgi. Les deux hommes communiquaient en utilisant des numéros de téléphones capverdiens.
Les fonctionnaires chargés des surveillances, constatent, que les mis en cause sont très méfiants
Janvier 2012, Paul Giorgi, Ghalem Zoughani et un troisième homme, sont interpellés devant la direction régionale de la Brink’s. Les policiers de la Brigade de Recherche et d’Intervention, découvrent dans leurs voitures, des armes dont une kalachnikov. Les trois individus étaient trouvés porteurs de gants entourés de ruban adhésif, aussi sur les chevilles, à la jointure entre leurs chaussettes et le bas de pantalons, et de cagoules. Dans la foulée, les policiers, procèdent aux perquisitions de trois boxes, dans lesquels sont retrouvés notamment, une moto volée, des armes, des munitions, des gilets pare-balles, deux kilos d’explosif, des détonateurs et un stylo pouvant tirer une balle de 22 long rifle…Pour ces faits, les 3 hommesont été condamnéspar le tribunal correctionnel de Marseille.
Septembre 2013, Ghalem Zoughani, Sylvain Palmisano et Paul Giorgi sont mis en examen, notamment pour vol avec armes en bande organisée. Les trois hommes contestent l’ensemble des faits reprochés
Leur procès s'ouvre à la cour d'assises d'Aix en Provence, ce jeudi matin. Le verdict devrait être rendu le 30 juin.
Ils encourent au maximum vingt ans de réclusion criminelle.
*Adrien Anigo fils de Jose Anigo ancien dirigeant de l’Olympique de Marseille a été victime d’un règlement de comptes, à Marseille, le 5 septembre 2013.

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