Alteo épinglé pour ses rejets dans les calanques, 6 mois après la fin des "boues rouges"

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Écrit par VS AVEC AFP

Six mois après la fin des rejets de boues rouges dans les calanques, une pollution anormalement élevée a été relevée dans les effluents liquides évacués par l'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), à qui l'Etat a donné 2 mois pour corriger le tir.

La préfecture des Bouches-du-Rhône a enjoint l'industriel, basé à Gardanne (13) de se conformer d'ici fin août aux normes fixées fin 2015, lorsqu'il avait obtenu l'autorisation de poursuivre son activité de production d'alumine, malgré les critiques des écologistes. Dans un arrêté de mise en demeure, publié sur son site, la préfecture relève plusieurs manquements, notamment des rejets excessifs d'antimoine ou de mercure.



Selon le code de l'Environnement, Alteo risque diverses sanctions, pouvant aller jusqu'à une suspension de son activité ou une amende, s'il ne réduit pas sa pollution dans le délai imparti. "Notre installation est performante, nous ne rejetons plus de boues rouges et la concentration en métaux (dans les effluents) est en moyenne en deçà des seuils fixés", a déclaré mardi à l'AFP le directeur des opérations d'Alteo, Eric Duchenne.



L'usine de Gardanne a rejeté pendant 50 ans des "boues rouges", toxiques, en plein coeur de l'actuel Parc national des calanques. Elle a aujourd'hui modifié ses procédés et ne rejette plus qu'un liquide filtré, que ses opposants continuent de dénoncer comme très polluant. La mise en demeure d'Alteo (propriété du fonds d'investissement américain HIG) est une décision "heureuse", qui prouve que "l'Etat se préoccupe enfin des rejets", considère de son côté le président du Parc national, Didier Réault, par ailleurs adjoint au maire LR de Marseille. 



De son côté Alain Matesi, de l'association Collect-if. "Il n'y a pas de suivi sérieux, le préfet ouvre le parapluie pour se protéger", juge ce militant, qui redoute que la pollution ne persiste. Le 9 mars, l'usine avait déjà fait parler d'elle après une fuite sur une canalisation du procédé de traitement de la bauxite, qui avait entraîné la formation d'un nuage contenant de la soude.

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