Fake news sur le coronavirus : plainte après la diffusion d'un faux communiqué à Carry-le-Rouet

L'Agence régional de la santé et le préfet des Bouches-du-Rhône ont annoncé leur intention de porter plainte après la diffusion d'un faux communiqué sur le coronavirus indiquant que la sécurité des habitants de Carry-le-Rouet n'était "pas garantie". L'auteur du fake s'est dénoncé.

07/02/2020. Fake news, le faux communiqué de l'Anses sur le coronavirus et les animaux. En photo, la première page du communiqué, à en-tête de l'agence nationale de sécurité sanitaire, récupérée sur une publication de 2018.
07/02/2020. Fake news, le faux communiqué de l'Anses sur le coronavirus et les animaux. En photo, la première page du communiqué, à en-tête de l'agence nationale de sécurité sanitaire, récupérée sur une publication de 2018. © DR
Lors d'une réunion publique vendredi soir à Carry-Le-Rouet, l'ARS et le préfet des Bouches-du-Rhône ont tenu à rassurer la population.

La rencontre était prévue, ce qui l'était moins, devoir fournir des explications sur un soi-disant communiqué de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur le coronavirus.

Dans ce texte de deux pages, il est affirmé que la sécurité des habitants n'est "pas garantie" autour du centre de vacances où sont hébergés depuis une semaine des Français rapatriés de Wuhan.

Non sans créer la surprise, parmi la centaine de personnes présentes, un homme s'est déclaré être l'auteur du communiqué détourné. Il a indiqué représenter une trentaine d'habitants, logés autour du centre d'accueil, justifiant son geste par un "manque d'information", une "incompréhension des résidents".

"Ce ne sont que des copier-collers, tout est vrai", s'est défendu l'auteur. "De mauvais copier-collers hors contexte, qui ne concernent pas le coronavirus", a rétorqué le responsable de l'ARS.

L'Agence régional de la santé et le préfet des Bouches-du-Rhône ont annoncé leur intention de porter plainte.      

A première vue, le communiqué semblait bien émaner de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), dont le logo apparaît en haut du papier. Mais il n'en est rien. Contacté, l'Anses a nié être à l'origine de la publication mettant au doute la sécurité des habitants de Carry-le-Rouet.

Toujours est-il que le document a circulé toute la journée dans la commune des Bouches-du-Rhône.

Le début du communiqué, décrivant le coronavirus, est lui bien issu d'un point d'actualité de l'Anses datant de 2018. Cependant, la suite du texte ne vient pas de l'agence nationale de santé. 

"On n'est pas du tout concerné par les cas humains", rapporte l'Anses.

Risque de contamination des animaux

Dans ce papier, il est écrit que le centre de vacances où sont confinés les quelques 200 ressortissants français revenus de Wuhan ne serait pas "isolé", que la quarantaine ne serait "pas réalisée correctement". 

Selon son auteur, le risque viendrait des nombreux animaux "potentiellement transporteurs du virus", présents dans le quartier du camp de vacances. 
07/02/2020. Fake news, le faux communiqué de l'Anses sur le coronavirus et les animaux.
07/02/2020. Fake news, le faux communiqué de l'Anses sur le coronavirus et les animaux. © DR

"C'est hallucinant"

L'Agence régionale de santé de Provence Alpes-Côte-d'Azur n'était pas non plus au courant de l'émission de ce communiqué mais tient à rassurer la population : "Il n'y a pas de craintes à avoir à ce niveau-là".

"Il s’agit d’infor­mations erronées, ne reposant sur aucun élément scientifique', a précisé l'ARS dans un communiqué, cette fois-ci officiel, ce vendredi 7 février.

Encore un fake pour affoler les populations.

"Le dernier paragraphe a été rajouté", affirme aussi la mairie de Carry-le-Rouet. Pour les autorités, il s'agit "encore d'un fake pour affoler les populations".

636 morts et plus de 31.000 personnes contaminées

Le coronavirus continue de se propager. Selon le dernier bilan des autorités chinoises, le virus a tué 636 personnes et fait plus de 31.000 cas avec un taux de mortalité de 2%.

Hors de la Chine, plus de 240 cas ont été confirmés dans une trentaine de pays, dont six cas en France.
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