Coronavirus en Chine : des Dignois confinés à Wuhan, épicentre de l'épidémie

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L'épidémie de pneumonie virale affiche une bilan dépassant désormais 100 morts en Chine, avec plus de 4.500 personnes contaminées au total. A Wahun, un groupe de jeunes Dignois est confiné dans son hôtel, dans l'attente d'un rapatriement. 

Par Annie Vergnenegre

Ils sont venus à huit pour participer à la construction d'un parc accrobranche. Mais le voyage professionnel entrepris le 20 janvier a viré au cauchemar.

Le groupe de jeunes Dignois s'est retrouvé confiné dans leur hôtel, en banlieue de la ville de Wuhan, épicentre de l'épidémie provoquée par un nouveau coronavirus.

Depuis, ils n'ont qu'une hâte, être rapatriés en France. Munis de masques, ils témoignent du manque d'information dans une courte vidéo. 

Un rapatriement qui prend du temps

"D'après nos échanges avec le consulat français ici à Wuhan, nos proches et l'interprétation des médias, nous devrions être rapatriés en milieu de semaine, mais les conditions et la date restent incertaines", explique l'un d'eux.

Les premiers rapatriés de Wuhan arriveront en France en fin de semaine, vendredi ou samedi, selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn.Mais une fois sur le sol français, ils ne pourront pas tout de suite rentrer chez eux.

"Nous savons que le gouvernement va mettre en place une quarantaine pendant environ 14 jours pour être sûr que personne soit contaminée", détaillent-ils.

"Nous ne connaissons pas encore les conditions. Mais c'est quelque chose que nous aurions fait par nous-même pour ne pas répandre le virus en France".


Un lieu d'accueil en région parisienne a été "identifié" a indiqué Agnès Buzyn, "pas être trop éloigné d'hôpitaux".

Inquiétude dans la communauté chinoise

l'inquiétude gagne aussi la communauté chinoise à Marseille, inquiète pour leurs familles sur place. "On téléphone tous les jours pour savoir comment ça va", reconnaît un jeune commerçant chinois, qui a suspendu son départ prévu pour la Chine le 27 janvier. "On attend un peu des nouvelles".

Wuhan, métropole du centre de la Chine où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, et la quasi-totalité de la province du Hubei, sont coupés du monde depuis le 23  janvier par les autorités dans l'espoir de maîtriser l'épidémie de pneumonie virale.

"Je comprends que tout le monde soit affolé, mais 80 personnes à la dimension du nombre de morts qu'il y a par jour en Chine, c'est négligeable", rassure de son côté Didier Raoult, directeur du pôle des maladies infectieuses à Marseille.

2% de mortalité

"Je ne crois pas que, actuellement, il y ait des raisons d'être inquiets en France. Ce n'est pas un virus très contagieux, ce n'est pas un virus très mortel, pour ce que nous savons maintenant c'est 2 % de mortalité pour des virus dont on a fait le diagnostic", souligne le professeur Raoult.

"Quant à la contagiosité interhumaine qu'on a notée, elle est relativement faible".

Des preuves de contamination de personne à personne existent, mais elles ne permettent pas encore de savoir si l'agent pathogène est en suspension dans l'air ou se propage par contact. Pour l'instant, la France compte sur son sol trois patients contaminés au nouveau coronavirus, qui avaient tous séjourné à Wuhan auparavant.

"Mais il peut y avoir des surprises, relativise le professeur, c'est ce qu'il s'est passé avec le MERS Coronavirus en Corée ou le SARS à Hong Kong ou à Toronto. D'un coup, quelqu'un est devenu très contagieux, c'est ce qu'on appelle les super-spreaders. Il a contaminé à lui tout seul plusieurs dizaines de personnes".

Pourquoi ces virus viennent-ils de Chine ?

"Il y a des phénomènes imprévisibles, prévient le Pr. Raoult, mais globalement pour nous, ça n'est jamais qu'un virus respiratoire de plus."

"Ce qu'il se passe en Chine et qui devrait nous alerter, c'est que les moyens que la Chine a mis pour découvrir les nouveaux virus sont bien supérieurs à tout ce qui existe en Europe. Donc, les virus à venir vont tous être en Chine".

Pour le professeur Raoult, l'intérêt du Coronavirus chinois vient de sa nouveauté non de sa dangerosité. Un autre virus, le virus respiratoire syncytial (VRS) sévit en silence et dans l'indifférence en France, il est plus ancien et surtout beaucoup plus mortel. 

"On a eu l'année dernière 19 morts, rappelle-t-il, donc on estime qu'il y a eu 1500 à 2000 morts en France, ça n'a rien à voir avec le Corona chinois". "C'est beaucoup mais comme c'est plus ancien, c'est négligé, ça ne fait pas la Une de l'actualité", conclut le spécialiste marseillais.
 

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