Déchets : Fos-sur-Mer ne veut pas devenir la poubelle de la Corse

La Corse, confrontée à une crise des déchets depuis novembre, a débuté mercredi le transfert de 21.000 tonnes d'ordures ménagères vers Nice (Alpes-maritimes), Vedène (Vaucluse) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Une mauvaise surprise pour le maire de Fos qui a appris la nouvelle par la presse. 
Archives. La fosse de déchargement des déchets de l'incinérateur de Marseille à Fos-Sur-Mer.
Archives. La fosse de déchargement des déchets de l'incinérateur de Marseille à Fos-Sur-Mer. © PATRICK VALASSERIS / AFP
Si le maire de Nice Christian Estrosi, semble avoir discuté directement avec le maire d'Ajaccio quant à l'accueil de ses déchets, le maire de Fos-sur-Mer Jean Hetsch assure avoir appris la nouvelle par la presse.

"La moindre des choses, c'est d'être consulté, a indiqué Jean Hetsch. Je ne suis pas là pour tirer sur les ambulances, en cette période difficile s'il faut faire preuve de solidarité pas de souci, mais il n’est pas admissible qu’une fois de plus, le territoire de Fos-sur-Mer soit considéré comme un exutoire".
 Des milliers de tonnes de déchets sont emballés sur le site de stockage de Saint-Antoine, à Ajaccio.
Des milliers de tonnes de déchets sont emballés sur le site de stockage de Saint-Antoine, à Ajaccio. © Jean-Pierre BELZIT / MAX PPP

15.000 tonnes à Fos et Vedène

Construit sur un terrain appartenant au Port Autonome de Marseille, l'usine de traitement de déchets de Fos est déjà sous dérogation pour traiter 463.000 tonnes de déchets par an, par incinération et méthanisation.

15.000 tonnes des déchets corses doivent y être absorbées, ainsi qu'à Vedène, dans le Vaucluse. La capacité de l'incinérateur de Nice doit permettre de lisser le reste "6.790 tonnes supplémentaires sur les 45 prochains jours", selon son maire Christian Estrosi.

"La capacité maximum de l’installation n’est pas l’enjeu du débat qui porte sur la vision des services de l’Etat de notre territoire. Lorsque l’implantation de l’incinérateur avait été imposée, c’était en se disant que cela n’était pas grand chose de plus au milieu de plusieurs sites Seveso", explique Jean Hetsch.

"Or je ne veux pas que les Fosséens aient le sentiment que leur ville est la poubelle de la région."

Jean Hetsch a adressé un courrier au président de la région Paca, pour obtenir les garanties qu'il s'agit bien d'une solution "d'urgence impérieuse", liée au confinement et non dans l'attente d'une solution pérenne au traitement des déchets en Corse.

Le traitement de ces déchets sur le continent s'élève à 2,8 millions d'euros, soit 700.000 euros de plus qu'en Corse, versée à la Région et aux collectivités. 

La Corse sous le poids des déchets 

Depuis le 8 novembre, la Corse connaît une énième crise des déchets du fait du blocage du seul site d'enfouissement de Corse-du-Sud, par des riverains opposés à un projet d'extension.

Depuis cette date, les déchets ne pouvant pas être enfouis sont stockés en balles sur des sites temporaires.

Chaque année, la Corse produit plus de 220.000 tonnes de déchets, dont 163.000 tonnes sont enfouis et le reste triés, selon les chiffres du Syvadec, l'organisme public qui gère les déchets sur l'île de Beauté.
 
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