Tenue républicaine : à La Ciotat, Julie défend la liberté des filles de s'habiller comme elles veulent au lycée

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nathalie Deumier .

Julie entre au lycée de la Méditerranée à La Ciotat à 8 heures du matin le mardi 6 octobre. L'adjointe du proviseur lui fait remarquer que sa tenue n'est pas correcte et qu’elle doit se changer à midi. Selon l’adolescente, la tenue est convenable. Elle se sent humiliée puis en colère.

"Votre tenue est inappropriée, ça n'est pas une tenue pour venir au lycée, vous êtes à moitié dénudée". Julie, 16 ans, répète la remarque faite par l’adjointe du proviseur. Il y a beaucoup de monde autour d’elle, elle se fige et se sent humiliée. Et puis le sentiment d’injustice prend le dessus. Car elle considère que sa tenue est tout à fait décente.



Le vêtement qui pose problème est son tee-shirt. Trop court pour le règlement du lycée ? Elle n’est pas d’accord. "On ne voit rien, même pas mon nombril, à peine un bout de peau."



Julie envoie un message avec une photo à sa mère, qui réagit vivement et s’exprime sur sa page Facebook. Le journal La Provence tombe sur ce post et l’affaire est médiatisée.



" Je ne pensais pas avoir un problème ce jour-là ", explique Julie, " Il m’arrive de mettre des jupes courtes ou un petit décolleté ", sans aucune réaction.

Entretien avec le proviseur

Le lendemain, mercredi soir, Julie et ses parents sont reçus par le proviseur, Jean-Luc Viala. A leur grande surprise, ils entendent le chef d’établissement dire : "Nous allons déterminer la sanction de Julie". L'échange dure une heure et demi et se termine sur une idée bien plus constructive.



L’élève de première pourra participer au comité d’élèves pour ouvrir le débat sur le sujet de la tenue vestimentaire dans l’établissement.

Un incident qui fait réfléchir

Depuis quelques jours, Julie cogite sérieusement sur ces histoires de tenue.



"Les élèves ont des codes entre eux. Si une lycéenne porte des jupes trop courtes ou des grands décolletés, elle s’exclura elle-même du groupe. Ça n’est pas aux adultes de réfléchir."



Selon Julie, beaucoup de vêtements sont jugés indécents. "Pas de débardeur, de jean troué, de jogging, c’est trop large, ou trop serré, sans parler du maquillage… Alors que c’est justement au lycée, dans un lieu sûr, qu’on aimerait s’habiller comme on veut".



"Dans la rue, c’est impossible. A la fac, on fera ce qu’on veut, mais pendant cette période d'adolescence, on se cherche." 

Le proviseur défend son règlement

"La tenue vestimentaire est toujours un sujet sensible", explique Jean-Luc Viala, proviseur du lycée de la Méditerranée à La Ciotat. Le chef d’établissement, pas vraiment ravi de cette soudaine médiatisation, accepte tout de même de nous parler.



"Au regard du règlement intérieur, Julie n’avait pas une tenue adaptée au lycée", c’est bien toute la question. Voici l’extrait du règlement intérieur. 
Des parents d’élèves participent à l’élaboration de ce règlement. Et des élèves de la Vie lycéenne ont travaillé sur le thème il y a quatre ans, sur des questions comme "Comment afficher son identité ? Quelle est la place de la mode ? Comment réagir devant le regard des hommes ?..."



"Au lycée, on apprend aussi les codes sociaux", explique le proviseur. 

Allauch, un short fait débat

A Allauch, au mois de septembre dernier, une collégienne est réprimandée parce qu'elle porte un short. Là encore, son père se met en colère et s'exprime sur Facebook. Selon lui, les garçons sont plus libres que les filles.  

Interrogé à ce sujet, Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Education nationale, répond qu'il "suffit de s'habiller normalement". Plus tard, le ministre lancera un nouveau concept : la tenue républicaine.
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