Avec 31 morts par balles, 2022 l'année la plus meurtrière depuis 2010 dans la région marseillaise

Marseille a été endeuillée par deux homicides commis en 48 heures à Noël. Le collectif des familles de victimes dénonce des crimes qui restent trop souvent impunis. Avec 31 morts par balles comptabilisés, 2022 s'achève comme l'année la plus meurtrière depuis 2010 dans la région marseillaise.

Ils avaient 20 ans ou à peine plus. Ce seront peut-être les dernières victimes comptabilisées pour cette année 2022 déjà la plus meurtrière depuis 12 ans.

L'enquête en cours devra éclaircir la mort du jeune footballeur d'Aubagne Adel Santana Mendy, mortellement blessé par balles vendredi soir dans le quartier des Arnavaux (14e). Dans le décès du jeune homme tué d'un tir à la tête dans la nuit de samedi à dimanche, à proximité de la cité La Marine Bleue, le mode opératoire privilégie la piste d'un homicide sur fond de trafic de drogue.

Il y a de plus en plus de victimes collatérales, qui ne sont pas forcément impliquées dans du trafic de stupéfiants, qui sont juste là parce qu'elles habitent dans ces quartiers.

Me Karima Meziene, représentante des familles de victimes

La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a recensé 64 faits d'homicides ou tentatives liés aux trafics de stupéfiants en 2022. Le collectif des familles de victimes par la voix de l'avocate marseillaise Karima Meziene, pointe du doigt les dysfonctionnements au sein de l'institution judiciaire et policière.

De plus en plus de victimes collatérales

"Ils manquent de moyens, c'est une réalité, nous les familles de victimes nous sommes confrontées à ce silence de la justice. Quand des assassinats restent impunis, il y a peut-être un sentiment de surpuissance qui fait que ça continue de plus belle, malheureusement." 

"Quand on rencontre ces familles, on voit bien le désarroi et le désespoir qui les accompagnent face à l'annonce du décès".

"Il y a de plus en plus de victimes collatérales, qui ne sont pas forcément impliquées dans du trafic de stupéfiants, qui sont juste là parce qu'elles habitent dans ces quartiers, on rafale à tout va, ce sont des vies brisées  et c'est dramatique", note Karima Meziene, qui dénonce la "désertion des pouvoirs publics qui laissent ces quartiers à l'abandon". 

Des crimes trop souvent impunis

Stop aux crimes impunis, scande le collectif. "Nous avons des familles qui sont confrontées à la clôture de leur dossier, des classements sans suite, et ça c'est très douloureux", explique Me Meziene.

"Dernièrement, on a eu une famille qui vient d'apprendre que leur dossier est classé sans suite et que l'assassinat de leur fils resterait impuni et ça ce n'est pas acceptable pour une famille et tant qu'on aura ce type de situation il ne faut pas s'étonner qu'il y ait d'autres victimes à Marseille, et pas que Marseille malheureusement". 

Pour l'avocate, les lenteurs de la justice ne sont pas imputables à un manque de volonté mais bien de personnel au sein des tribunaux : "Il y a quand même eu de manière inédite une tribune des magistrats qui a été lancée pour dénoncer justement ce problème de sous-effectifs, et on a beau nous dire qu'on fait des plans Marshall pour la justice, ça reste très insuffisant, surtout vu le volume des affaires criminelles". 

Pour Marseille et sa région, le macabre décompte s'établit à ce jour à 31 morts pour 2022  :

A quelques jours de la Saint Sylvestre, l'année 2022 a déjà dépassé le précédent triste record de l'année 2016.