"Nous avons gagné", Arkema abandonne son projet de chaufferie alimentée par l'incinération de déchets non recyclables à Marseille

Le collectif de riverains se battait depuis des mois contre ce projet d'incinérateur présenté comme "vertueux" et prévu sur un site industriel classé Seveso à Saint-Menet, à l'est de Marseille. L'industriel Arkema a annoncé ce jeudi qu'il renonçait à son projet.

"Quelles que soient les raisons, c'est une victoire". Soulagée après une lutte de près de huit mois, Myriam Janin ne cache pas sa joie. La porte-parole des riverains réunis au sein de l'association "Marseille sans CSR" respire à nouveau. Arkema jette l'éponge. Depuis l'annonce du projet en septembre 2023, les habitants de la Millière et de Saint-Menet se battaient avec acharnement contre l'installation d'une chaudière alimentée par des combustibles non-solides (CSR), au cœur du site de l'usine d'Arkema, classée Seveso, dans la Vallée de l'Huveaune à l'est de Marseille. L'industriel Arkema a annoncé jeudi 16 mai qu'il renonçait à déposer son projet.

Stoppé par l'inflation

Il avance des raisons "purement technico-économiques", précisant que "le montant des investissements dédié au projet a fortement augmenté", notamment en raison de l'inflation, et que cette "augmentation significative modifie l'équilibre économique".

La chaufferie CSR prévue à l'horizon 2028, sous-traitée auprès de Dalkia, filiale d'EDF, devait produire 140 000 MWh de vapeur par an, évitant la consommation d'environ 170 000 MWh de gaz naturel par an et permettant de réduire l'empreinte carbone d'Arkema, selon l'entreprise.

Coup de théatre 

Créé en novembre 2023, le collectif des riverains, "Marseille sans CSR", dénonçait les risques sanitaires liés aux rejets dans l'air des fumées par ce troisième incinérateur dans l'usine Arkema. La pétition lancée en ligne a réuni près de 2000 signatures. 

Myriam Janin n'en revient pas vraiment. Mercredi encore, les riverains avaient une réunion prévue avec le préfet et son annulation au dernier moment leur laisser craindre le pire. "Je pensais qu'il avait annulé parce qu'il avait pris sa décision", confie la porte-parole des riverains, qui ne croit qu'à moitié aux raisons financières invoquées par Arkema. "C'est surprenant quand même après deux ans de réflexion".

"Nous avons gagné", annonce fièrement la porte-parole de "Marseille sans CSR".  Myriam Janin salue surtout la forte mobilisation des habitants et la "capacité des citoyens à aller chercher l'information" pour constituer un dossier argumenté à opposer au projet. "Tous nos arguments ont été pesés, et ça a vraiment permis de faire basculer les élus les uns après les autres, c'était important que les élus nous soutiennent parce que sans eux, on ne pouvait y arriver". 

"Nous voulons respirer à Marseille"

Plusieurs élus de la majorité de gauche, comme Sébastien Barles, se sont positionnés contre le projet. Pour l'adjoint au maire chargé de la Transition écologique, cette victoire "est le fruit d'une mobilisation collective d'abord des collectifs et des élus dans une démarche transpartisane".

Le maire de secteur, Sylvain Souvestre, a salué cette décision d'Arkema, tout en regrettant "de ne pas voir le projet déposé afin de confronter la véracité des chiffres et arguments mis en avant par le porteur du projet Daklia"

Les craintes exprimées par les riverains ne sont pas "un élément qui a été pris en compte, puisque ce qui comptait, c'était vraiment de permettre de réduire les émissions de CO2 du site", a expliqué à l'AFP Arkema. Dans son communiqué, Sylvain Souvestre espère que "la fin de ce projet permettra l'ouverture à d'autres projets bénéfiques et vertueux sur l'amélioration de la santé et de l'environnement".

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