Attentat de la gare Saint-Charles : le dernier mis en cause blanchi, le père d'une victime se dit "écoeuré"

Anis Hanachi, 28 ans, frère cadet de l'assassin de deux cousines âgées de 20 ans le 1er octobre 2017 sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, a bénéficié d'un non-lieu. Pour le père d'une des victimes, c'est l'incompréhension. Il a décidé de faire appel. 

Cérémonie en hommage à Mauranne et Laura, cousines, assassinées le 01 Octobre 2017, à la Gare Saint-Charles à Marseille.
Cérémonie en hommage à Mauranne et Laura, cousines, assassinées le 01 Octobre 2017, à la Gare Saint-Charles à Marseille. © Valérie VREL / MaxPPP

"Je suis écoeuré". C'est par ses mots que le père de Mauranne réagit à l'annonce de la nouvelle. Dominique Harel vient d'apprendre que le dernier mis en cause dans le meurtre de sa fille et de sa nièce ne sera pas poursuivi.

Anis Hanachi, 28 ans, frère de l'assassin de deux jeunes femmes, a bénéficié d'un non-lieu au terme d'une instruction de plus de trois ans et demi. Cet homme d'origine tunisienne était mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes".

"Il y avait un faisceau de présomptions qui montrait bien qu'il y avait un réseau derrière tout ça, je ne comprends pas du tout, il y a quand même un rapport de la DGSE sur cet homme qui est accablant", indique Dominique Harel. "On ne dit pas : il est coupable ou il n'est pas coupable, on veut que tous les éléments du dossier soient jugés."

Six jours après l'attaque à la gare de Marseille, perpétrée par son grand frère Ahmed Hanachi, Anis Hanachi avait été arrêté à Ferrare, dans le nord de l'Italie, où il tentait de se cacher. Le groupe État islamique (EI) avait revendiqué l'attaque. 

Les responsables de l'antiterrorisme italien avaient expliqué avoir été prévenus par les enquêteurs français le 3 octobre 2017 de la présence possible du frère d'Ahmed Hanachi en Italie. Il s'y serait réfugié après être passé à Toulon. 

Ce signalement précisait qu'Anis Hanachi avait "combattu, fait le jihad en territoire syro-irakien, avec une expérience de caractère militaire".

Appel de l'ordonnance de non-lieu 

"Perdre son enfant de 20 ans, c'est déjà horrible, perdre sa nièce de 20 ans également, dans ces circonstances et de savoir que la justice ne passera pas, c'est impossible de faire son deuil".

Avec son avocat Me Cabrera, Dominique Harel a décidé de faire appel. "Nous avons bon espoir que la chambre de l'instruction avec toute objectivité décidera de renvoyer Anis Hanachi devant une cour d'assises spéciale", explique Me Cabrera.

"Il a des faits graves et avérés, comme sa présence sur le territoire français pour la première fois de sa vie, de nombreux échanges téléphoniques avec son frère quelques jours et encore quelques heures avant les faits. Et sa fuite".    

Me Jérémie Boccara, avocat du frère du terroriste, assure comprendre la frustration des familles des victimes, mais à "aucun moment ces échanges n'ont laissé transparaitre une quelconque préparation, ni même évocation du projet de son frère".

Anis Hanachi purge actuellement une peine de 12 ans de prison en Tunisie pour avoir effectué des entraînements, une collecte d'argent et même des cambriolages en lien avec une organisation terroriste.

L'attentat de la gare Saint-Charles

Elles s’appelaient Mauranne et Laura et avaient 20 et 21 ans. Deux cousines à qui, ce dimanche 1er octobre 2017, un terroriste a ôté la vie à coups de couteau.

Mauranne était étudiante en médecine, Laura élève infirmière. Laura rentrait chez elle après un week-end marseillais auprès de sa cousine. Les deux jeunes femmes discutaient sur le parvis de la gare au moment du drame.

L’auteur des coups de couteau a été abattu par des militaires de l’opération Sentinelle. Ahmed Hanachi, clandestin d’origine tunisienne, n’était pas fiché S.

Pourtant au moment de l’attaque l’assaillant a crié à plusieurs reprises "Allah Akbar". Via son organe de propagande, l'État islamique avait très vite revendiqué l'attaque.

Dans les jours qui ont suivi le drame, la polémique enfle puisque l'auteur des coups de couteau était connu des services de police. Pris en flagrant délit de vol à Lyon vendredi 29 septembre, il aurait dû être placé dans un centre de rétention avant son expulsion, mais le centre était complet.

Le terroriste libéré le samedi soir frappait à mort Mauranne et Laura dès le lendemain.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
terrorisme faits divers